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Omega crée le buzz avec un mouvement totalement amagnétique
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Omega crée le buzz avec un mouvement totalement amagnétique

vendredi, 15 février 2013
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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6 min de lecture

La marque du Swatch Group présente la nouvelle Seamaster Aqua Terra 15 000 Gauss. Son mouvement a été entièrement repensé en termes de matériaux, design et industrialisation pour le rendre insensible aux champs magnétiques. Il devrait équiper toutes les montres « Co-Axial » à l’horizon 2016. Les détails de fabrication, encore tenus secrets, ne seront révélés qu’au Salon de Bâle, fin avril.

Omega n’a pas voulu attendre le Salon de l’horlogerie de Bâle. En début d’année, c’est à Genève que la marque du Swatch Group avait convié la presse internationale pour présenter le fruit de ses dernières recherches : la Seamaster Aqua Terra 15 000 Gauss. S’attaquant au réel problème des champs magnétiques qui dérèglent durablement les mouvements des montres mécaniques, les ingénieurs d’Asulab (plate-forme R&D du groupe Swatch), d’ETA et d’Omega sont parvenus à une solution « réputée introuvable », selon la formule choisie de Jean-Claude Monachon, vice-président d’Omega responsable du développement produits : rendre le calibre lui-même insensible, plutôt que de l’enfermer dans un caisson de protection. Seul Cartier, en 2009, avait abordé le problème sous le même angle pour son prototype non destiné à la commercialisation ID One. L’Aqua Terra 15 000 Gauss, pour sa part, sera en vitrine dès octobre 2013, éditée en une série non limitée. Mieux encore : à l’horizon 2015-2016, Omega compte équiper l’ensemble de ses montres « Co-Axial » de ce nouveau mouvement.

Un environnement hostile

La société moderne fourmille de champs magnétiques et ce, de façon croissante du point de vue tant du nombre de sources que de la puissance des aimants. Ces derniers sont aujourd’hui partout, des fermoirs de sac à main aux jouets d’enfants, en passant par les portes de réfrigérateur et les porte-trombones de bureau. Mais ce n’est pas tout. Un grand nombre de secteurs d’activités de la vie courante sont également soumis à des champs électromagnétiques : les transports (locomotives de train), les loisirs (portiques électroniques de remontées mécaniques), l’industrie (fours à induction dans la métallurgie) ou encore les télécommunications (antennes de relais pour mobiles) sont concernés, la source domestique la plus puissante provenant, avec l’IRM et ses 15 000 gauss, du domaine médical.

Quelque 15 % des retours en service après-vente d’Omega concernent des problèmes de magnétisation.

Tous ces agents perturbateurs, et bien d’autres encore, sont susceptibles d’influer sur la bonne marche d’une montre mécanique. Avec seulement 80 gauss, les désagréments vont du dérèglement passager à l’arrêt complet. En comparaison, les aimants domestiques les plus modernes, composés de néodyme, de fer et de bore, peuvent atteindre une puissance de 1,4 tesla, soit 14 000 gauss ! L’incident le plus courant reste cependant un emballement durable. « Un champ magnétique peut produire un effet rémanent, explique Michel Willemin, CEO d’Asulab. Lorsqu’on soumet un tournevis à un aimant, par exemple, celui-ci devient à son tour capable d’attirer de petites vis. Si cela se produit sur un mouvement mécanique, l’organe oscillant est à jamais perturbé. » Et le phénomène est loin d’être purement théorique. Quelque 15 % des retours en service après-vente d’Omega concernent des problèmes de magnétisation. En 2009, Cartier révélait même que sur son marché asiatique, où certaines populations font grand usage de gadgets magnétiques, 80 % des pannes relevaient de la même problématique.

Une solution innovante

La question n’est pas récente. En 1954 déjà, Rolex, avec son Oyster Perpetual Milgauss, avait été la première à lancer une montre protégée des rayons magnétiques, jusqu’à 1 000 gauss, comme son nom l’indique. IWC avait emboîté le pas l’année suivante en sortant le modèle Ingénieur, supportant 1 000 gauss également dans sa version 2005. Omega enfin, en 1957, présentait l’Aqua Terra Railmaster, capable d’encaisser 900 gauss sans broncher. La technique de l’époque était cependant toujours la même : enfermer le mouvement dans un caisson de protection capable de repousser les rayonnements. Une solution qui souffre de trois défauts, énumère Thierry Conus, directeur de la R&D chez ETA : « Premièrement, ces caissons ne sont plus efficaces au-dessus de 1 000 gauss ; deuxièmement, ces cages interagissent avec les champs et pourraient être finalement attirées par un aimant, dans une IRM par exemple ; enfin, elles doivent être hermétiques, ce qui ne laisse aucune place à un fond transparent ou à une date par guichet. »

Omega a donc entrepris un travail de fond : repenser le mouvement mécanique de manière à le rendre insensible aux champs magnétiques et ce, dans une optique de production de masse. « Omega est une marque haut de gamme dont les montres sont équipées de mouvements industriels, a rappelé Raynald Aeschlimann, vice-président responsable des ventes. Nous étions tenus de développer un calibre à moins de CHF 6 000. » Les recherches sont donc passées par un choix des matériaux judicieux, mais également par le design des composants, les deux démarches devant aboutir à des process d’industrialisation standard. Le nouveau mouvement bénéficie ainsi du spiral en silicium implémenté depuis 2008, ainsi que de l’échappement Co-Axial en nickel-phosphore, tous deux amagnétiques. Pour le reste, le secret reste encore total ! Tout juste lâche-t-on que l’axe du balancier est en titane. « Nous avons choisi de communiquer aujourd’hui parce que les demandes de brevet sont déposées, justifie Raynald Aeschlimann. Mais la montre en est encore au stade de prototype et les choix finaux seront présentés à Bâle. »

Pour peu, on en viendrait à penser que ce lancement est un peu précipité. Omega craint-elle l’annonce similaire et imminente d’une concurrente ? Cartier est en effet la seule manufacture à avoir opté pour la même philosophie. Son prototype ID One, présenté en 2009, est doté d’un spiral en Zerodur® – un verre de céramique utilisé dans l’industrie spatiale –, d’un train de rouage, d’un balancier et d’un échappement en cristal de carbone, d’axes en titane et d’un boîtier en nobium-titane. Résultat : une montre totalement amagnétique. À qui les premiers lauriers sur une base commerciale ?

Article paru dans le WtheJournal.com

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