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Origyn, la révolution numérique pour ébranler l’industrie...
Economie

Origyn, la révolution numérique pour ébranler l’industrie du faux

lundi, 19 octobre 2020
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Marie de Pimodan-Bugnon
Journaliste indépendante

“Il faut absolument être moderne.”

Arthur Rimbaud

De la passion, beaucoup de curiosité et une bonne dose d’émerveillement ! La recette essentielle pour raconter les mille et une facettes de l’horlogerie…

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5 min de lecture

Dans la lutte anti-contrefaçon, un nouveau chevalier blanc vient de sortir du bois en présentant une technologie inédite de certification numérique. Son nom ? Origyn. Son arme fatale ? Une appli pour smartphone permettant d’authentifier une montre de luxe à partir d’une simple photographie.

Le principe est simple : prendre son smartphone, ouvrir une appli, enclencher la fonction appareil photo, photographier une montre et – oh magie ! – obtenir toutes les informations liées à son identité, sa provenance, son historique et son propriétaire. Quelques clics permettraient donc désormais à tout un chacun de vérifier de manière absolue l’authenticité d’une montre ? Ce n’est qu’un prélude, mais la révolution numérique pourrait bien être en passe de faire trembler l’industrie du faux, qui pèse lourd sur l’image des marques, tout autant que sur leurs finances. On estime aujourd’hui que 40 millions de montres contrefaites sont produites chaque année, contre 20,6 millions de vraies montres suisses, engendrant un manque à gagner estimé à 224 millions de dollars sur le marché primaire.

En près de 30 ans, la révolution numérique a permis de passer de l’Internet 1.0 à l’Internet Computer, une nouvelle pile technologique rapide, impossible à hacker, et supportant un nouveau type de logiciel autonome, réponse à la monopolisation d’Internet par les géants de la tech.
En près de 30 ans, la révolution numérique a permis de passer de l’Internet 1.0 à l’Internet Computer, une nouvelle pile technologique rapide, impossible à hacker, et supportant un nouveau type de logiciel autonome, réponse à la monopolisation d’Internet par les géants de la tech.

Dans cette bataille, Origyn se présente comme le nouveau chevalier blanc. Cette fondation suisse à but non lucratif a mis au point un outil de certification numérique qui associe des technologies décentralisées à l’intelligence artificielle et à l’apprentissage automatique (machine learning). « Ces dernières années, j’ai été très surpris d’entendre les grands groupes présenter la blockchain comme l’arme fatale contre la contrefaçon, explique Vincent Perriard, l’un des trois cofondateurs d’Origyn. Oui, la blockchain fait partie de la réponse, mais il manque un maillon essentiel de la chaîne qui connecte le produit avec une preuve d’identification absolue. Les solutions blockchain présentent aujourd’hui toutes le même problème : la montre doit être accompagnée d’un document ou d’un certificat au format carte de crédit qui l’authentifie, mais tout est physiquement séparé. Avec Origyn, l’objet lui-même représente sa propre identité, il sert de certificat d’authenticité par sa biométrie. »

À l’image d’un ADN humain, la montre porte en elle tous les éléments de son unicité.
Vincent Perriard
Le Shazam des montres, musique d’avenir ?

À l’image d’un Shazam des montres, la technologie développée par Origyn permet à partir d’une simple photo d’identifier et authentifier rapidement une montre grâce à l’analyse de nombreux points de référence saisis par des signatures visuelles et/ou sonores de son mouvement. « Si vous prenez un microscope et que vous examinez un produit solide au millionième, vous découvrirez l’infiniment petit, rappelle Vincent Perriard. Avec notre système, c’est la même chose. On est capable de photographier séparément et de manière extrêmement précise tous les composants d’une montre, des aiguilles aux vis en passant par la masse oscillante ou le barillet. C’est absolument vertigineux. Si bien qu’au final, à l’image d’un ADN humain, la montre porte en elle tous les éléments de son unicité. »

Spécialiste en stratégie de marque dans le secteur du luxe, Vincent Perriard s’est notamment illustré en tant que P-DG de HYT, depuis la création de la marque jusqu’en 2017. Il est l’un des trois cofondateurs d’Origyn, aux côtés de Mike Schwartz et Gian Bochsler.
Spécialiste en stratégie de marque dans le secteur du luxe, Vincent Perriard s’est notamment illustré en tant que P-DG de HYT, depuis la création de la marque jusqu’en 2017. Il est l’un des trois cofondateurs d’Origyn, aux côtés de Mike Schwartz et Gian Bochsler.

Pour passer du concept à un usage généralisé de la solution proposée par Origyn, la collaboration des marques est nécessaire. « Pour que cela fonctionne, il est évident que les marques doivent embrasser le projet en amont, précise Vincent Perriard. Elles devront s’impliquer dès la production de leurs produits de luxe en générant leurs “clones numériques”, inviolables et impossibles à contrefaire. » L’avantage ? « La technologie sous-jacente d’Origyn est construite sur l’Internet Computer, un protocole ouvert et décentralisé, précise Vincent Perriard. Il nous permet de soutenir un système de gouvernance véritablement révolutionnaire et accommodant. Au sein de ce système, les marques restent indépendantes et disposent de leurs propres identités fortes, tout en participant à la gouvernance de ce futur standard universel. Le vrai challenge aujourd’hui, c’est de convaincre les horlogers que nous avons enfin trouvé une solution fiable et dont le modèle économique fonctionne. »

Les propriétaires de montres de luxe sont aujourd’hui de plus en plus friands de pouvoir les revendre sur le marché secondaire.
Vincent Perriard
Quid des montres vintage ?

Pour les clients finaux, la solution proposée par la fondation suisse offrirait l’assurance de pouvoir distinguer le vrai du faux sans se tromper. « Le fait d’avoir un certificat d’authenticité absolu et inviolable est devenu déterminant, analyse Vincent Perriard. Surtout depuis l’accélération phénoménale, ces cinq dernières années, du marché des montres d’occasion certifiées qui pèse aujourd’hui entre 25 et 30 milliards de francs. Les propriétaires de montres de luxe sont aujourd’hui de plus en plus friands de pouvoir les revendre sur le marché secondaire. Non seulement notre protocole permettra de relier chaque nouvelle montre à son propriétaire, d’enregistrer leur perte ou leur vol éventuel. Il facilitera aussi le transfert de propriété et les liens avec les assurances. Et pour les clients possédant un produit de luxe d’une génération précédente qui n’aurait pas été enregistré, il sera possible de se rendre en boutique, chez un revendeur ou au sein d’une manufacture pour générer le “clone numérique” de leur montre. » Une panoplie de services qui, si les marques acceptent de jouer le jeu, devrait être disponible sous forme d’appli pour smartphone dès l’été 2021.

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