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Où il est question d’hydrographie et de salons horlogers
Points de vue

Où il est question d’hydrographie et de salons horlogers

jeudi, 09 mai 2019
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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3 min de lecture

Chaque fois que j’ai le plaisir de déambuler dans la belle ville de Rome, je ne manque pas de faire un détour par la Piazza Navona afin de contempler la magnifique fontaine des Quatre-Fleuves réalisée par le Bernin au milieu du XVIIe siècle. Or cette allégorie du monde connu de l’époque avec ses sculptures « fluviales » m’a souvent fait penser à une autre particularité hydrographique, plus septentrionale celle-là.

On notera en effet que Baselworld a pris racine au bord du Rhin, cours d’eau qui se déverse dans la mer du Nord après avoir traversé l’un des poumons économiques du Vieux Continent. Le SIHH, quant à lui, se tient sur les rives du Rhône, un fleuve qui termine sa course en Méditerranée, évoquant le thym et les pinèdes du Sud. Deux salons, deux fleuves, deux destinations, deux cultures. Une dichotomie dont l’histoire se fait l’écho. Sans vouloir m’appesantir sur ces aspects, il n’est pas inutile de rappeler qu’à la suite des préceptes de Calvin Genève est devenue un centre horloger des plus florissants et ce, dès la fin du XVIIe siècle, notamment avec l’arrivée des Huguenots. Une place que la cité n’a jamais perdue depuis. Bâle, de son côté, a affirmé son rôle de plaque tournante commerciale dont on retrouve l’affirmation à travers la fameuse Mustermesse, née en 1917, dont émanera le Baselworld que l’on connaît aujourd’hui. De centre horloger bâlois, point de trace !

C’est précisément pour marquer cette différence qu’en 1991 nous avons jeté les bases du SIHH. L’idée était que ce salon, centré sur les valeurs de la grande tradition genevoise, devienne le reflet d’une horlogerie d’excellence pour professionnels dans un premier temps, mais aussi pour les clients finaux. Je pense que le SIHH, au fil de ses éditions, a parfaitement rempli ses objectifs, sachant évoluer avec son temps, s’ouvrir au monde et intégrer les nouvelles technologies numériques. Tout en restant parfaitement cohérent quant à l’unicité « identitaire » des Maisons exposantes, au nombre de 35 lors de son édition 2019. Qu’en est-il de Baselworld, où l’on ne recense guère plus que huit marques de Haute Horlogerie – mais peut-être que Nick Hayek en décidera autrement en revenant sauver Baselworld – et qui s’ingénie pourtant à calquer sa nouvelle stratégie sur ce qui se fait depuis déjà longtemps sur les bords du Rhône ? Soyons sérieux, ce n’est pas en copiant la formule du SIHH que Baselworld mettra un terme à l’hémorragie qui la caractérise. Et si l’on salue les efforts pour sauver le rendez-vous bâlois – que nous appelons de nos vœux ! –, c’est en cherchant des solutions qui lui sont propres.

Dès ses origines, Baselworld s’est en effet profilé comme le reflet de toute une industrie, intégrant progressivement la joaillerie, les métiers annexes, l’outillage et jusqu’aux pavillons étrangers. À la clé, un succès précisément issu de cette diversité, de cette complémentarité et de ce foisonnement unique au monde. S’il est vrai que cette formidable ascension a transformé les dirigeants d’alors en gestionnaires de mètres carrés, il incombe aujourd’hui à la nouvelle équipe de recréer la magie autour d’une industrie qui n’en manque pas. Et non en allant « piquer » son inspiration auprès d’une manifestation dont la vocation et la culture sont tout autres. C’est uniquement dans cette optique que l’harmonisation du calendrier des deux salons fait sens.

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