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Perrelet à l’heure de la relance
Economie

Perrelet à l’heure de la relance

lundi, 02 mars 2015
Par Thierry Brandt
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Thierry Brandt

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4 min de lecture

Dans le giron de Miguel Rodriguez et du groupe Festina depuis 2004, la marque a vécu ces dernières années au rythme d’une stratégie un peu vague. Mais apparemment, les choses sont en train de changer. C’est en tout cas l’objectif du nouveau directeur, Tristan Boyer de Bouillane, arrivé à la tête de l’entreprise en décembre dernier. Sa tâche ne s’annonce pas simple, car il a prévu de faire le ménage à tous les étages: organisation interne, produits et marchés.

On ne sait pas si c’était inscrit dans les astres. Toujours est-il que parmi les pères fondateurs de l’horlogerie moderne, il y a deux Abraham-Louis: Breguet et Perrelet. Deux siècles après la mort de ces illustres horlogers, leurs noms continuent de figurer sur des cadrans de montres. On ne reviendra pas ici sur le destin bien connu de Breguet au sein du Swatch Group. Aujourd’hui, c’est celui de Perrelet qui nous intéresse, puisqu’il prend apparemment une nouvelle orientation. Arrivé à la tête de la marque en décembre dernier, Tristan Boyer de Bouillane dit en tout cas posséder les moyens de déployer une stratégie claire, qui plus est à long terme. L’homme n’est pas un inconnu dans la branche, puisqu’il y travaille depuis une vingtaine d’années. Il est passé successivement par Charriol, Roth et Genta et Breitling. Il est s’est vu confier cette tâche par Gérald Roden, directeur général de Swiss Festina Group.

Avant de partir au combat, il faut mettre au point un plan d’attaque, en évaluant non seulement les forces et les faiblesses de ses adversaires, mais encore les siennes. Quelles sont celles d’une marque comme Perrelet? Parmi les atouts de la maison, Tristan Boyer de Bouillane évoque son outil industriel, et bien entendu sa capacité à fabriquer ses propres mouvements. «De ce côté-là, nous sommes d’ores et déjà autonomes. En 2015, toutes les montres qui seront vendues sur le marché seront équipées de calibres in-house. Pour cela, nous nous appuyons sur Soprod pour les mouvements de base et sur MHVJ  (Manufacture horlogère Vallée de Joux, ndlr) pour les pièces exceptionnelles. Nous avons absolument tout pour bien fonctionner», explique-t-il.

Perrelet Turbine
Réanimer le double rotor

Comme Perrelet entend développer son cœur de gamme dans le segment compris entre 2’500 et 8’000 francs suisses, c’est donc avant tout avec Soprod qu’elle va travailler. Dans cette perspective, la marque prévoit-elle d’introduire des mouvements à quartz dans ses collections? «Pour l’instant, non. Mais pourquoi pas à l’avenir, argumente le CEO. Le cas échéant, ce qui pourrait vraiment nous intéresser, ce sont les mouvements dits intelligents.» Autrement dit connectés? «Oui, si vous voulez. Dans le domaine, le groupe est assez avancé. De mon côté, j’y crois. Je crois en tout cas aux montres connectées originales, celles qui ne seront pas dépendantes des smartphones», explique celui-ci.

Pour le nouveau directeur de Perrelet, l’autre atout de la marque, ce sont ses produits. Une gamme qu’il s’agit pourtant de rendre plus lisible, de diversifier et de mettre en valeur différemment. Il est vrai qu’aujourd’hui, on s’y perd un peu parmi les modèles. On ne parvient pas toujours, par exemple, à faire la part des choses entre ceux qui sont équipés du mouvement à double rotor et les fameuses Turbines. Rappelons que sur ces dernières, l’hélice tournante, quand bien même elle est spectaculaire, n’est pas fonctionnelle. «Cette année, les évolutions dont je vous parle ne seront pas encore visibles. Et pour cause. Je ne pilote cette maison que depuis trois mois, poursuit Tristan Boyer de Bouillane. Ce sera déjà beaucoup plus clair en 2016. Les collections seront mieux segmentées. Nous allons vraiment redonner ses lettres de noblesse au double rotor. D’autre part, nous avons dans nos cartons toute une série de petites complications, très intéressantes, mais qui ont été progressivement laissées de côté. Je ne sais pas pour quelles raisons, d’ailleurs. Nous allons les ranimer.»

Nous sommes de retour avec une doctrine claire.
Tristan Boyer de Bouillane

Reste un gros chantier, le plus important peut-être, qui va demander du temps et des moyens à la marque: la réorganisation et le développement de la distribution. «C’est vrai, sur ce plan-là, il y a pas mal à faire. Le flou a régné pendant plusieurs années. Sur les marchés, chacun agissait un peu comme il le voulait. Bref, nous n’avons pas assez soutenu nos partenaires, pas coaché suffisamment nos détaillants et pas formé avec assez d’attention les responsables du SAV. Je vais d’ailleurs profiter du salon de Bâle pour rassurer tous les partenaires en question. Nous sommes de retour avec une doctrine claire», assure Tristan Boyer de Bouillane.

Au final, le patron de Perrelet – marque qui vend à l’heure actuelle quelque 10’000 montres par année – se dit confiant. Et ce malgré la conjoncture économique et le renforcement du franc suisse: «Nous faisons partie de ces maisons qui ont un certain charme. Nous sommes capables de proposer des produits originaux, différents, parfaitement en mesure d’intéresser une clientèle «mainstream», celle qui possède déjà une Omega ou une Rolex. Dans l’horlogerie, il y a de la place pour tout le monde», conclut-il.

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