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Points de vue

Perrelet, une conception contemporaine de l’horlogerie de tradition

vendredi, 19 décembre 2008
Par Quentin Simonet
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Quentin Simonet

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6 min de lecture

Perrelet, une Maison rachetée en 2004 par Miguel Rodriguez, propriétaire de Festina notamment, vient de rejoindre les partenaires de la Fondation de la Haute Horlogerie (FHH). Son patron Marc Bernhardt en explique les raisons et revient sur l’évolution de la marque.

La marque Perrelet vient d’entrer dans la Fondation de Haute Horlogerie. Pourquoi ?

Marc Bernhardt, CEO de Perrelet : Pour nous, c’est un immense honneur que d’avoir été invité à rejoindre les rangs de cette prestigieuse institution. Dans le grand public, notre marque n’est pas aussi connue que la plupart de ses membres et nous ne disposons pas de la même taille que certains d’entre eux. Cela nous donne donc davantage de visibilité. Mais il s’agit surtout d’une belle reconnaissance pour tout le travail accompli. Nous sommes acceptés par les plus grands horlogers. Signe que nous avançons sur le bon chemin.

Tablez-vous sur un impact positif en ce qui concerne vos clients ?

Cela paraît évident. Pour eux, il est important de savoir ce qu’ils achètent. Avec cette affiliation, ils reçoivent une nouvelle preuve de la solidité de notre marque et de son sérieux. La FHH n’accepte pas n’importe qui en son sein.

Perrelet, un nom en effet plutôt méconnu par le grand public. Pouvez-vous nous décrire la société en quelques mots ?

Perrelet est une marque établie dans le segment du «luxe accessible» qui se caractérise par une conception contemporaine de l’horlogerie de tradition. L’histoire de la société est très importante à nos yeux. Non seulement en termes de savoir-faire mais parce que nous portons le nom d’un des plus célèbres horloger. On dit d’ailleurs d’Abraham-Louis Perrelet qu’il est l’un des cinq grands maîtres horlogers que l’on peut considérer comme pères de l’horlogerie. On lui attribue d’ailleurs la paternité de la montre automatique. C’est cet héritage que nous faisons revivre aujourd’hui, notamment avec le double-rotor, notre marque de fabrique.

Il semble que la marque a retrouvé des couleurs en 2004…

Tout à fait. C’est à ce moment-là qu’elle a été rachetée par Miguel Rodriguez, propriétaire notamment de Festina, Calypso et Lotus. Depuis, tout a été repensé, refait, mais en conservant notre héritage historique. Nous ne produisons d’ailleurs que des garde-temps mécaniques. Il n’y a jamais eu de quartz dans nos collections.

Quelques chiffres pour se rendre compte de la taille de l’entreprise ?

D’une part, la marque occupe une douzaine de personnes à Bienne, siège de la société, dans le design, R&D, ventes et marketing. Et d’autre part, une vingtaine d’horlogers sont répartis sur deux sites, au Sentier pour la production des mouvements et à Herbetswil (SO) pour l’assemblage des montres. Nous sommes une petite équipe, mais il convient de voir au-delà. Car nous puisons largement dans le savoir-faire des autres entreprises du groupe, notamment chez Soprod et DTH.

Quels sont vos marchés principaux ?

Depuis 2004, la situation a bien changé. Auparavant, la marque saisissait les opportunités là où elle le pouvait. Dorénavant, tout est plus réfléchi, même si pendant longtemps toutes nos forces se focalisaient sur les produits. De manière générale, nous devons admettre que la marque est davantage connue à l’étranger qu’en Suisse. Le Moyen-Orient et les pays d’Europe de l’Est constituent les marchés les plus importants. La France, l’Espagne, la Belgique et les Etats-Unis, où nous avons nos propres filiales, n’ont toutefois pas à pâtir de la comparaison. En Europe de l’Ouest, il nous reste des efforts à faire. La Suisse, avec neuf points de ventes seulement, sera aussi un de nos prochains chantiers. Nous devons y renforcer notre présence.

Quelle est votre production ?

La société fabrique entre 4000 et 5000 pièces par année. En 2004, ces chiffres oscillaient entre 1500 et 2000 unités. C’est dire le travail qui a été accomplit depuis. Mais nous ne voulons pas d’une croissance tous azimuts. Il faut maîtriser le tout. Le prix moyen de nos montres se situe aux environs de 6000 à 7000 francs.

Quelles sont les forces et les faiblesses de votre société ?

Commençons par le positif. Je citerais avant tout nos produits. Sur un chemin parsemé de difficultés, nous sommes parvenus à proposer de solides produits, tangibles et reconnus. De surcroît, entièrement construits et dessinés à l’interne. Notre identité parle également pour le nom de Perrelet. Nos montres se reconnaissent de loin. De part leurs caractéristiques communes, on sait tout de suite que l’on à affaire à une Perrelet.

Et les faiblesses ?

Notre manque de notoriété. Nous y travaillons toutefois, malgré la maigreur relative de nos budgets. Mais cela ressemble aussi à notre philosophie : avancer pas-à-pas. Souvent le plus difficile n’est pas de grandir mais de gérer cette croissance justement.

Avant l’aventure Perrelet, où étiez-vous Monsieur Bernhardt ?

Parmi d’autres mandats, j’ai travaillé pendant dix ans chez IWC. Je me suis notamment occupé de l’intégration de la marque au sein du groupe Richemont. Sans copier, j’aimerais réaliser un peu le même travail pour Perrelet. Auparavant, IWC était une marque de niche, uniquement connue et reconnue par les spécialistes. Aujourd’hui, on ne peut que se féliciter de son succès à travers le monde. Alors, pour résumer, mon rêve serait d’amener Perrelet au même niveau où se situe désormais la marque de Schaffhouse.

A quoi ressemblera Perrelet dans dix ans ?

Nous serons aux firmaments… je plaisante. Perrelet espère atteindre d’ici là 20’000 à 30’000 montres, soit le quadruple voire le sextuple de la production actuelle. Mais nous ne transigerons pas sur la qualité : nos standards élevés seront maintenus et encore renforcés. Cela paraît très ambitieux mais la marque pourra et peut déjà s’adosser sur tout l’appareil industriel du groupe. Les synergies s’avèrent impressionnantes. Il faudra encore un peu de temps pour assembler toutes les pièces du puzzle mais je suis confiant sur les chances de succès. Et, cerise sur le gâteau, Perrelet ambitionne de produire son propre mouvement maison d’ici quelques années.

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