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Plus technique, le tourbillon refait parler de lui
Regards de connaisseurs

Plus technique, le tourbillon refait parler de lui

lundi, 21 mai 2018
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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4 min de lecture

Cela faisait deux ans que la reine des complications se faisait discrète. Elle revient de manière remarquée cette année grâce à Andreas Strehler, Blancpain et Carl F. Bucherer.

Le tourbillon, roi déchu des complications ? Après 10 années de surchauffe horlogère entre 2005 et 2014, qui a vu ce mécanisme élégant et prestigieux envahir les vitrines de tous les détaillants, la production de montres à tourbillon a connu un certain coup d’arrêt. En cause : la banalisation de ce chef-d’œuvre mécanique, mais aussi son maintien à des prix prohibitifs – entre CHF 100’000 et 500’000. Ce désamour de la clientèle fortunée tournera même au clash lorsque, en 2016, TAG Heuer a l’outrecuidance de présenter sa Carrera Manufacture Tourbillon à… CHF 15’000. Certes, l’objet est industriel, fabriqué de manière largement automatisée, sans offrir les finitions d’un produit haut de gamme. Mais le mal était fait : le tourbillon ne faisait plus tourner les têtes. Dès lors, cette complication qui incarnait jadis le sommet de l’art horloger s’est quelque peu fait oublier, victime de son succès passé. Jusqu’à aujourd’hui. Lors du récent Baselworld, trois Maisons se sont particulièrement distinguées sur ce terrain : Blancpain, Carl F. Bucherer et Andreas Strehler. Point commun de ces trois modèles : des interprétations novatrices, propres à redonner ses lettres de noblesse au roi ragaillardi.

Le tourbillon de ce modèle n’est tenu que par sa cage, prise entre trois roulements à billes en céramique positionnés latéralement. La transparence est totale.
Carl F. Bucherer Manero Tourbillon Double Peripheral: le tourbillon de ce modèle n’est tenu que par sa cage, prise entre trois roulements à billes en céramique positionnés latéralement. La transparence est totale.

Il a fallu 20 ans à Andreas Strehler pour concevoir son propre tourbillon. Non pas qu’il en était incapable, vu que cet horloger indépendant en a réalisé plus d’un pour des marques tierces via sa société Uhrteil, à Sirnach, Thurgovie. « Mais j’ai attendu d’avoir la bonne idée », souffle-t-il avec humour. En 2013, après François-Paul Journe, le maître horloger présentait son désormais célèbre remontoir d’égalité en proposant dans une montre-bracelet un dispositif à force constante prévu pour délivrer une énergie régulière à la roue des secondes, de manière à ne pas perturber la marche de l’échappement. Aujourd’hui, dans sa Sauterelle Tourbillon, il associe ce mécanisme à un tourbillon grâce à une construction trans-axiale. « J’ai placé le remontoir d’égalité sous la cage du tourbillon, dans un même axe vertical, explique-t-il. Le ressort du remontoir, qui se charge et se décharge chaque seconde, vient ainsi entraîner le tourbillon, libérant celui-ci de toute irrégularité. » Le premier tourbillon sautant, en somme.

L’horloger indépendant a attendu 20 ans pour trouver la bonne idée : un tourbillon sautant
Andreas Strehler Sauterelle Tourbillon : l’horloger indépendant a attendu 20 ans pour trouver la bonne idée : un tourbillon sautant
Subtile transparence

Chez Blancpain, on a voulu jouer la transparence. Conçu pour un boîtier Villeret à double pomme typique de la Vallée de Joux, le nouveau calibre 260MR affiche une heure digitale sautante et une minute rétrograde. Une première pour la manufacture. Mais l’œil ne tarde pas à être attiré par le tourbillon, placé dans une ouverture du cadran en émail Grand Feu à 12 h. Il faut cependant quelques secondes à l’observateur pour percevoir la particularité de l’architecture : le cœur de cette Villeret Tourbillon Volant Heure Sautante Minute Rétrograde semble en effet flotter dans le vide. En réalité, le pont inférieur a été remplacé par un disque en saphir. De plus, l’engrènement s’effectue de manière latérale, libérant ainsi la base du tourbillon de tout rouage. Associées à l’absence de pont supérieur, ces options rendent l’ensemble assez magique.

217 ans après l’invention du tourbillon, 98 ans après celle du tourbillon volant, Carl F. Bucherer dévoile le tourbillon flottant.

Déjà impressionné par Blancpain, on sera littéralement subjugué par Carl F. Bucherer. Car si le premier a rendu le bas invisible, le second l’a carrément enlevé ! Inventeur en 2008 d’un système de masse oscillante périphérique particulièrement fiable et solide, la Maison lucernoise a utilisé le même principe pour suspendre l’organe oscillant de sa Manero Tourbillon Double Peripheral. Celui-ci ne repose plus sur aucun pont, ni supérieur, ni inférieur. À la place, la cage est guidée en périphérie par trois roulements à billes en céramique. 217 ans après l’invention du tourbillon par Abraham-Louis Breguet, 98 ans après celle du tourbillon volant par l’Allemand Alfred Helwig, Carl F. Bucherer invente le tourbillon flottant. Assurément digne de figurer dans les annales.

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