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Premier semestre mi-figue mi-raisin pour l’horlogerie
Economie

Premier semestre mi-figue mi-raisin pour l’horlogerie

mardi, 26 août 2014
Par Quentin Simonet
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Quentin Simonet

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6 min de lecture
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Les raisons de la colère sont connues : les devises ont affecté les bilans des grands groupes. La situation devrait légèrement s’améliorer durant la seconde partie de l’année, mais la croissance restera menue.

De l’avis des spécialistes, à l’exception de Swatch Group, les horlogers ont délivré des résultats semestriels plutôt mitigés. Si, dans leur ensemble, les performances s’inscrivent toujours en croissance, elles sont restées inférieures aux attentes du marché. Au-delà du court terme quelque peu contre-productif souligné par la Bourse, la branche continue néanmoins son expansion. Ce qui est plutôt de bon augure au vu du contexte conjoncturel. C’est que l’Europe n’a pas encore affiché le rebond attendu ; la croissance dans les pays émergents ralentit ; et, invitées-surprises, les devises affectent lourdement les chiffres publiés. Au point de transformer parfois des résultats positifs à taux de change constants en recul des activités à taux de change actualisés, non sans incidences sur le bénéfice opérationnel.

Swatch Group, numéro 1 mondial du secteur, a réalisé un chiffre d’affaires brut en progression de 8,5 % à CHF 4,535 milliards. En tenant compte des changes, la croissance se retrouve divisée par deux à 4 %. Mais le Groupe continue de gagner des parts de marché. Pour preuve, la progression de ses ventes a atteint plus de 10 % dans le segment Montres & Bijoux à taux de change constants. Un chiffre à comparer avec une progression de 3 % des exportations horlogères helvétiques totales sur la même période. Nonobstant ces aléas sur les devises et l’incendie de son usine ETA en décembre dernier qui a quelque peu affecté la production, le Groupe n’en mise pas moins résolument sur l’avenir avec la création de plus de 800 nouveaux emplois au cours du premier semestre, dont plus de 460 en Suisse. En fin de compte, le résultat opérationnel n’a pas pu se soustraire à ces vents contraires, affichant un recul de 8,8 % à CHF 880 millions par rapport à l’année dernière. La marge opérationnelle se fixe à 20,2 %, néanmoins l’une des meilleures valeurs du secteur.
 

LVMH déçoit

De son côté, LVMH, leader mondial du luxe, a carrément déçu. Son pôle Horlogerie-joaillerie, comprenant notamment TAG Heuer, Hublot et Zenith, a nettement sous-performé. Le groupe français explique pudiquement cette contre-performance par « des investissements soutenus en communication » et un effet de change négatif. Ce qui n’explique pas entièrement le recul des ventes de 1 % à EUR 1,226 milliard. Le Groupe confesse que les incertitudes liées à l’environnement économique continuent d’inciter les détaillants multimarques à la prudence dans leurs achats. À taux de change constants, le chiffre d’affaires de la division fait état d’une progression de 3 %, trois fois inférieure à celle de Swatch Group. Les analystes se sont en outre inquiétés de la dégringolade de 31 % de la profitabilité de ce secteur d’activité. Pour LVMH, le recul du résultat opérationnel courant à EUR 107 millions est essentiellement à mettre sur le compte des conséquences monétaires.

Chez Hermès, l’horlogerie, en recul de 7 % au niveau du chiffre d’affaires, a été pénalisée par les ventes en gros sur un marché toujours difficile, notamment en Chine, où la campagne de moralisation de la vie publique continue d’affecter les ventes de montres. À noter que la maison de luxe est la seule à brandir cet argument. Les analystes de leur côté ont regretté une détérioration de la situation sur le deuxième trimestre. Alors que les ventes étaient restées quasi stables durant les trois premiers mois de l’année (− 0,1 %), la baisse s’est nettement accélérée sur la période d’avril à juin (− 12 %).

Kering constitue une nouvelle division

De son côté, Kering (ex-PPR), qui vient de racheter la manufacture locloise Ulysse Nardin, ne publie pas les chiffres détaillés et consolidés de son pôle horlogères fort des marques Girard Perregaux, JeanRichard ou Gucci. Tout au plus sait-on qu’au premier semestre 2014 les activités luxe de Kering ont enregistré une croissance de 5,7 % en données comparables et, notamment, de solides performances dans les magasins en propre sur l’ensemble des zones géographiques. Durant la période, le sous-segment Montres et joaillerie a connu une tendance positive, assure la multinationale. Impossible toutefois d’en savoir plus. À noter qu’une division « Luxe, Montres & Joaillerie », rattachée directement au PDG François-Henri Pinault, vient de voir le jour. Dirigée par Albert Bensoussan, peut-être publiera-t-elle à l’avenir davantage d’informations… À ce stade, rien n’est moins sûr.

Quant à Richemont, le Groupe publiera le 17 septembre ses chiffres après cinq mois à fin août. Sur son exercice décalé 2013-2014 clos au 31 mars, Richemont a généré un bénéfice net en hausse de 3 % à EUR 2,067 milliards. Sur l’année, son chiffre d’affaires a augmenté de 5 % à taux de change réels pour atteindre 10,6 milliards. Épurées des variations de change, les ventes ont grimpé de 10 %. Le résultat d’exploitation de 2,42 milliards s’est montré comparable à celui de l’exercice précédent, alors que la marge opérationnelle a reculé à 22,7 %, contre 23,9 % un an auparavant. Un glissement entièrement imputable à l’impact monétaire selon le Groupe qui compte parmi ses marques des Maisons comme Cartier, IWC, Panerai, Jaeger-LeCoultre ou encore Vacheron Constantin.

Croissance revue à la baisse

De l’autre côté de l’Atlantique, Movado Group annoncera ses résultats semestriels le 26 août. Dans une interview accordée au quotidien Le Temps ce printemps, le patron déclarait s’attendre à une hausse de ses ventes de plus de 10 % cette année, à quelque USD 640 millions. Des perspectives tout à fait réalistes qui devraient déboucher sur un chiffre d’affaires de l’ordre de 750 millions à l’horizon 2017.

Les autres groupes horlogers n’ont pas donné de prévisions aussi précises, apanage des entités américaines cotées en Bourse. Swatch Group a évoqué des perspectives positives pour le second semestre avec une base de comparaison plus favorable en termes de taux de change et, depuis juillet déjà, une amélioration de la situation chez ETA. LVMH est également resté relativement vague : « Malgré un environnement économique incertain en Europe, le Groupe poursuivra ses gains de parts de marché grâce aux nombreux lancements de produits prévus d’ici la fin de l’année, à son expansion géographique dans les marchés porteurs et à sa rigueur de gestion. » Même mutisme du côté de Kering. Les experts ont dès lors revu leurs attentes à la baisse avec une croissance désormais prévue entre 1 et 5 % sur l’ensemble de l’année. Nick Hayek, patron de Swatch Group, renchérit : « C’est une illusion de penser pouvoir atteindre une croissance à deux chiffres dans le contexte monétaire actuel. Si cette situation persiste, cela sera valable pour toute l’industrie horlogère suisse. »

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