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Quand la montre sport quitte le terrain de jeu
Watches & Wonders

Quand la montre sport quitte le terrain de jeu

lundi, 4 mai 2020
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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7 min de lecture

Le sport, c’est bien, surtout dans les soirées mondaines. Et pour faire bonne figure, c’est encore mieux d’arborer une montre assortie au discours, dure au jeu et élégante dans la victoire. Heureusement, les horlogers ont tout prévu.

Avez-vous déjà essayé de faire un petit tour de forêt à vélo tout-terrain avec une solide chrono en bronze au poignet, voire avec un garde-temps acier au bracelet assorti ? Une fois suffit. Le lendemain, vous allez certainement troquer votre petit bijou contre quelque chose de léger, solide et performant. Non que votre modèle de prédilection soit dénué de ces deux dernières qualités, mais une évidence s’impose : votre montre n’a de sport que le nom. Ou du moins, si elle en revendique l’appellation, c’est surtout parce qu’elle dispose de qualités intrinsèques qui en font une pièce, certes fiable et résistante, mais certainement pas taillée pour mesurer l’exercice physique au poignet. En d’autres termes, ces montres ont des qualités « sportives », des fonctions « sportives » et très probablement une allure « sportive », mais ce ne sont pas des montres de sport. Elles participent bien davantage à cette discipline que le Comité olympique devra certainement homologuer dans un proche avenir, à savoir le sport de salon, qui, lui, demande une montre idoine dans la conquête de la médaille d’or.

Antécédents aquatiques

Il faut reconnaître que les « plongeuses » ont montré la voie. Développés dès les années 1950 comme montres-instruments destinées aux plongeurs professionnels dans un premier temps, ces modèles ont rapidement conquis le cœur des aventuriers urbains et des explorateurs de bord de mer. Comme il s’agit là des seuls garde-temps dont l’appellation est soumise à une norme internationale (ISO 6425), elles peuvent, elles, clairement revendiquer le statut de montre de sport car précisément conçues comme un accessoire indispensable à la plongée sous-marine. Maintenant, qui est déjà allé taquiner la murène par 100 mètres de profondeur ? Qu’à cela ne tienne, la montre de plongée est devenue un « must » et un magnifique terrain d’expression. Ce n’est certainement pas Panerai qui dira le contraire. Pour preuve : ses nouveautés Luminor Marina 2020 présentées sur la plateforme watchesandwonders.com. On trouve ainsi pléthore de nouveaux matériaux comme le Fibratech™ (basalte) ou le Carbotech™ (carbone), qui côtoient du titane en impression 3D ou encore du Goldtech™, nouvel alliage pour les plongeurs à paillettes. L’objectif est clair : rendre la montre plus légère, plus résistante, plus endurante. Et Panerai persiste et signe puisque certains de ses modèles sont désormais assortis d’une garantie de… 70 ans.

On peut tout imaginer, surtout si un chronographe vient rappeler que le temps, c’est surtout une question de performance.

Autant dire que, avec de tels « outils » au poignet, la vie quotidienne s’inscrit dans un grand livre d’aventures aux héros malencontreusement cachés. C’est d’ailleurs exactement ce que promet Montblanc avec sa ligne 1858. La Maison, qui s’est découvert une tradition dans les montres militaires et d’exploration avec l’acquisition de la manufacture Minerva, propose ainsi de se reconnecter à la nature. Mais pas n’importe laquelle. Avec Montblanc, c’est évidemment de haute montagne qu’il s’agit. Et pour entamer l’ascension, quoi de mieux qu’une montre aux accents vintage, comme la toute récente 1858 24H à une seule aiguille pouvant tout aussi bien servir de boussole ? Avec sa lunette et sa couronne en bronze, elle fait remonter le temps des pionniers à la surface, fleurant bon le lac glaciaire et les neiges éternelles. À partir de là, on peut tout imaginer, surtout si un chronographe vient rappeler que le temps, c’est essentiellement une question de performance. Dans ce registre, on note bien la présence de modèles aptes à remplir leur rôle comme la Portugieser Yacht Club Chronographe en version tout acier ou la plus « étudiée » Streamliner de H. Moser & Cie, soit un chronographe à aiguilles centrales avec retour en vol sur la minute et la seconde. On quitte toutefois assez rapidement ces rivages « fonctionnels » pour investir le monde de l’exploit… mécanique avec la Master Control Chronograph Calendar de Jaeger-LeCoultre ou, mieux encore, avec la Traditionnelle Tourbillon Chronographe de Vacheron Constantin et la Portugieser Tourbillon Rétrograde Chronographe d’IWC.

Fans des 70’s

En sachant que le tourbillon est un mécanisme sensible, on évitera probablement de soumettre sa montre de « sport » en or dotée d’un tel organe réglant aux aléas d’un raid à travers la forêt amazonienne. À ce jour, seul Richard Mille s’est essayé avec succès à ce type d’exercice, réservé toutefois à ceux qui ont déjà conquis l’Everest financier. Les autres Maisons préfèrent de beaucoup considérer des activités qui siéent davantage aux dandys pilotes de MG qu’aux coureurs de steeple-chase. Laurent Ferrier avec sa Grand Sport Tourbillon s’inscrit parfaitement dans cette logique où c’est la classe qui parle avant la chasse aux records. L’important, finalement, c’est de participer. Et l’on y prend d’autant plus de plaisir si l’on ne joue pas l’intégrité de sa montre à chaque sortie. Dans le jargon, c’est ce que l’on appelle le « sport chic », une appellation qui, en matière horlogère, remonte aux années 1970, durant lesquelles le génial designer Gérald Genta a essaimé ses créations partout où le besoin de trouver de dignes successeurs aux montres-instruments s’est fait sentir. Chez Audemars Piguet, notamment, avec la Royal Oak, mais aussi chez Vacheron Constantin avec la 222, Patek Philippe avec la Nautilus ou encore IWC avec L’Ingenieur.

C’est chic, c’est sport, et donc adapté à toutes les situations, tout en donnant à son propriétaire l’allant de l’homme d’action.

De nos jours, cette catégorie fait fureur avec les mêmes attributs qui ont fait son succès d’antan. Au menu : un solide boîtier en acier, des fonctions généralement limitées aux indications horaires, éventuellement avec quantième et/ou petite seconde, un cadran sobre, lisible et luminescent et une allure racée avec une recherche esthétique qui « descend » jusque dans les maillons du bracelet intégré. A. Lange & Söhne a très bien compris que les absents du terrain de jeu ont forcément tort. D’où son Odysseus présentée il y a quelques mois. Pour lui emboîter le pas cette année, les Maisons ne sont pas en reste, à commencer par Baume & Mercier avec sa Clifton Baumatic COSC, suivi par Cartier et sa Pasha remise au goût du jour ou encore Montblanc avec sa Star Legacy dotée pour l’occasion d’un chronographe. C’est chic, c’est sport, et donc adapté à toutes les situations, tout en donnant à son propriétaire l’allant de l’homme d’action. Celui qui entame sa journée comme une mission !

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