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Quand le temps prend des habits de lumière
Economie

Quand le temps prend des habits de lumière

lundi, 09 janvier 2012
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Ingénieur en électronique passé au monde du design industriel, Alainpers a découvert l’horlogerie par des chemins de traverse. Réflexion philosophique, sensibilité architecturale, passion de la lumière, ces ingrédients donnent chez lui un écoulement du temps à dimension… luminescente.

« La lumière est un phénomène magique ! » Pour Alainpers, la mesure du temps entre dans une autre dimension que celle, ancestrale, qui divise notre quotidien à l’aide de roues, pignons et autres engrenages. Pour preuve, ses œuvres exposées au MACparis, salon d’art contemporain tenu en novembre dernier dans la Ville… Lumière. Conceptuelles, ses dernières réalisations ne cessaient de dérouter ses clients les plus aguerris. Au point que l’un d’entre eux promettait de revenir aux 10 minutes pour comprendre le concept d’un écoulement du temps émotionnel et lumineux, mais néanmoins abscons. Faut-il dès lors s’étonner qu’Alainpers fasse volontiers référence à la caverne de Platon, cette allégorie philosophique voulant que la perception immédiate des choses soit forcément trompeuse.

Une dimension spirituelle

Une caverne dans laquelle les jeux d’ombre et de clarté sont l’essence même du discours de ce disciple de Socrate. Exactement la recherche d’Alainpers, qui transforme l’espace- temps en une introspection cognitive dictée par la fulgurance de la lumière. « Elle permet de faire des créations vivantes où la dimension spirituelle prend tout son sens, explique Alainpers. Ces points lumineux sont autant de repères ; ils expriment un véritable cheminement, symbiose entre écoulement du temps et illumination. Une aventure intérieure. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ma première œuvre a ainsi pris la forme d’une clepsydre. »

Quand j’ai décidé de réaliser mes propres créations basées sur un travail de la lumière, la notion de “temps” s’est immédiatement imposée.
Alainpers

Ingénieur en électronique de formation, Alainpers a fait ses premières armes dans l’aéronautique avant de rejoindre une agence de design industriel pour ensuite reprendre des études aux Beaux- Arts de Paris. « Quand j’ai décidé de réaliser mes propres créations basées sur un travail de la lumière, la notion de “temps” s’est immédiatement imposée », commente-t-il. Mais pas seulement. Alainpers puise son inspiration également dans la porterie du XVIIe  siècle ou encore auprès d’œuvres anciennes telles que les pièces du cabinet de curiosités de Nicolas Grolier de  Servières (1596-1689). Le médecin humaniste Jacob Spon (1647-1685) les décrira ainsi : « À Lyon, place Louis-le-Grand. Servières, petit-neveu de Jean Grolier, le célèbre bibliophile, acquit une grande réputation par son talent pour la mécanique et forma un cabinet considérable de  machines curieuses. On y voit plusieurs sortes de machines surprenantes, des ouvrages de tour très délicats, et des machines de guerre fort singulières  ; enfin presque tout ce que peut faire la mathématique mécanique. ».

Œuvres monumentales

Faut-il dès lors s’étonner qu’Alainpers se soit à son tour lancé dans la réalisation d’œuvres monumentales, au siège d’Alcatel à Paris, auprès de Sodexi à Roissy, dans la ville de Puteau (Hauts-de-Seine) ou encore à Shanghai sur la « Tour du Temps » ?. « Il y a en effet une dimension architecturale dans ma recherche esthétique, dimension qui doit être en résonance avec l’environnement bâti et doit servir de lien. La notion d’“horloge” y est bien évidemment incluse, mais cette marque du temps doit aller vers la simplicité, la pureté, si bien que, poussée à l’extrême, cette démarche finit par faire disparaître le temps.  Il suffit de se reporter aux cadrans solaires. Combien d’entre eux ont-ils été créés dans un but décoratif ?  En un mot, je construis mon propre cabinet de curiosités. »

Techniquement, l’écoulement du temps chez Alainpers est basé sur l’électronique des oscillations du quartz, offrant « un niveau de fiabilité fabuleux avec lequel la lumière des diodes électroluminescentes se conjugue parfaitement », détaille-t-il. Pas question donc de se limiter aux seules sculptures monumentales. Cet artiste plasticien et architecte du temps, comme il se présente, a également imaginé des « objets », toujours sur la base du concept mariant temps et lumière, qui prend la forme de tableaux ou d’horloges « différentes ». Dans sa besace, des prototypes qui ne demandent qu’une commercialisation au-delà de la pièce unique ou de la petite série. « Encore faut-t-il trouver les éditeurs à même de comprendre mon travail et qui y croient, conclut-il. Mais, finalement, la vie n’est-elle pas une histoire de rencontres ? »

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