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Raconter une histoire
Points de vue

Raconter une histoire

mercredi, 9 juillet 2014
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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3 min de lecture

On dit que l’histoire est maîtresse de vie, mais, parfois, il suffit d’une simple anecdote pour faire l’histoire.

En 2014, la Fondazione Cologni dei Mestieri d’Arte à Milan a publié La regola del talento (La règle du talent), un ouvrage consacré aux 17 meilleures écoles d’arts et métiers d’Italie. Au nombre de celles-ci figure l’école de couture Nazareno Fonticoli à Penne, un petit village des Abruzzes où se trouve également le siège de Brioni, la marque de vêtements masculins haut de gamme récemment reprise par le groupe Kering. Cette école forme chaque année les tailleurs qui intègrent ensuite le personnel de Brioni. Leur diplôme en poche, ils commencent alors un tour du monde des boutiques de la marque pour « se faire la main », comme on dit, mais aussi pour s’habituer à traiter avec une clientèle internationale et exigeante.

Le Maître tailleur de Brioni, Angelo Petrucci, un homme sympathique, lui-même diplômé de l’école, parle de son travail avec enthousiasme et passion, c’est tout naturel. Mais sa conversation, émaillée d’anecdotes amusantes, prononcées en toute discrétion et sans jamais livrer de noms, donne du maître d’art une image bien éloignée du cordonnier isolé dans son échoppe. Bien au contraire, Angelo est toujours entre deux avions, travaille avec des chefs d’État tout en chapeautant les jeunes tailleurs. « Nous sommes comme des pianistes : on peut apprendre les techniques de base, mais chaque tissu doit être touché et traité de manière spécifique », déclare-t-il.

Valoriser la culture de la Haute Horlogerie signifie aussi en valoriser les protagonistes et les histoires.

Au-delà du monde de la Haute Couture, les talentueux « pianistes » et maîtres d’art qu’évoque Angelo ne manquent pas. Bien sûr, leurs métiers diffèrent, mais le soin qu’ils mettent à reconnaître, manipuler et travailler leur matériau est le même. Dans le monde de la Haute Horlogerie, ce trait est encore plus significatif parce que les maîtres d’art ne sont pas seulement des décorateurs mais contribuent de façon déterminante à la réussite parfaite d’un garde-temps de Haute Horlogerie. Avec les montres squelettes, le travail des maîtres horlogers se révèle dans toute sa splendeur : une beauté non de façade mais fonctionnelle, aussi fonctionnelle que chacun des gestes des maîtres impliqués dans sa réalisation − sertisseurs, sculpteurs, ciseleurs…

Combien d’histoires pourraient raconter les maîtres suisses ? Quelles anecdotes sur la fabrication des plus belles montres au monde sont nichées là, entre lacs et vallées ? Combien compte-t-on de jeunes fascinés par la narration vivante et vivace de ces histoires, souvent bien plus efficaces que tous les cours de formation imaginables ? Valoriser la culture de la Haute Horlogerie signifie aussi en valoriser les protagonistes et les histoires : des histoires vraies, dont presque toutes finissent bien. Racontons-les, elles en valent la peine !

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