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Radiomir, la bonne étoile d’Officine Panerai
Points d'histoire

Radiomir, la bonne étoile d’Officine Panerai

lundi, 28 novembre 2016
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Marie Le Berre
Rédactrice indépendante

“Comment le temps fait-il pour tourner rond dans des horloges carrées ? ”

Quino

« Porter à la connaissance du plus grand nombre des informations qui relèvent d’un secteur par trop méconnu. Vulgariser, au sens propre du terme. »

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5 min de lecture

Radiomir, c’est le nom d’une substance révolutionnaire qui a présidé à la naissance de montres qui sont passées du militaire au civil avec un succès inattendu. Un symbole de la plus haute importance pour Officine Panerai.

Les montres d’Officine Panerai ont une histoire hors du commun. Elles ont d’abord été produites sous le sceau du secret, essentiellement pour les commandos de la marine royale italienne, et les inscriptions qu’elles portaient – quand elles en portaient – ne renvoyaient pas aux signes distinctifs d’une collection comme aujourd’hui. Pour les premières, il est plus juste de parler de montres à Radiomir, ce qui nous renvoie à une invention brevetée par Panerai en 1916 : une poudre à base de radium extrêmement luminescente, sans nécessité de charge à la lumière du jour ou artificielle, destinée aux viseurs des armes sous-marines puis à divers instruments de mesure. Ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard que l’entreprise florentine a décidé d’utiliser le Radiomir pour des montres qu’elle allait concevoir elle-même. Jusque-là, elle s’était contentée de distribuer les créations d’autres marques.

Panerai Radiomir modèle historique datant de 1938
Panerai Radiomir, modèle historique datant de 1938
« LE » Radiomir, une matière luminescente

Apparues sous la forme de prototypes et testées par les plongeurs de combat du Primo Gruppo Sommergibili en 1936, les volumineuses montres de plongée à Radiomir (47 x 47 mm) ont été mises en production en 1938. Dès lors, Officine Panerai adopte le cadran de type « sandwich » dont elle ne se départira jamais. Il est composé de deux plaques métalliques superposées : une plaque inférieure pleine et une plaque supérieure percée des chiffres et index. Cette construction, qui crée des cavités et permet l’application d’une plus grande quantité de matière luminescente, s’est révélée des plus efficaces avec le Radiomir. Dans l’ouvrage sur Panerai (Flammarion, 2008), Giampiero Negretti raconte que la luminosité était telle que, durant certains exercices nocturnes, les commandos étaient obligés de masquer les cadrans pour ne pas se faire repérer par des sentinelles. Après la Seconde Guerre mondiale, le Radiomir au radium, jugé trop dangereux car trop radioactif, a été progressivement remplacé par du Luminor au tritium. Preuve que le processus s’est étalé sur plusieurs années, l’« Egiziano Piccolo » puis l’immense « Egiziano » de la marine égyptienne (60 x 60 mm) comportaient encore du Radiomir en 1954 et 1956. Après l’ouverture de la marque au public, initiée en 1993, la luminescence a rapidement été assurée par le produit moderne le plus performant, le SuperLuminova.

Panerai Radiomir contemporaine
Panerai Radiomir 1940 contemporaine, modèle lancé en 2012
« LA » Radiomir, une collection contemporaine

De nos jours, Radiomir désigne la collection qui s’inspire des tout premiers modèles de montres militaires créés par Officine Panerai. Les boîtiers de grande taille sont tous de forme coussin, mais on distingue la Radiomir de base de la Radiomir 1940. La première a des particularités empruntées aux modèles de 1938 : anses à fil – autrefois soudées, elles sont actuellement amovibles – et couronne conique conçue pour faciliter la prise en main. Cette création est entrée au catalogue en 1997, avec une Édition Spéciale en platine, pour ensuite apparaître dans sa version subtilement modernisée en 2005, alors qu’elle accueillait le premier mouvement manufacturé par Officine Panerai. Quant à la Radiomir 1940, elle intègre les modifications qui ont rendu le modèle original plus robuste, en 1940 précisément. Avec ses cornes taillées dans le même bloc de métal que le boîtier et sa couronne cylindrique, elle enrichit les propositions de la marque depuis 2012.

Panerai Radiomir contemporaine
Panerai Radiomir contemporaine, modèle modernisé en 2005

Si les cadrans peuvent varier comme par le passé, ils se caractérisent le plus souvent par quatre chiffres arabes aux points cardinaux, des index bâtons et une petite seconde à 9 h. Cette configuration est des plus conformes aux origines à ceci près que, sur les montres militaires, on se passait volontiers de l’affichage des secondes. Ainsi en était-il en 1938, lors du lancement de la production, ce type de cadran se révélant bien plus lisible que celui des prototypes qui conjuguaient chiffres romains, chiffres arabes et index. L’un et l’autre ont été particulièrement mis à l’honneur en 2006, dans les Radiomir 1936 et Radiomir 1938. En 2016, LA Radiomir évoque judicieusement LE Radiomir : la Radiomir 1940 3 Days réinterprète l’« Egiziano Piccolo », une des dernières montres à radiomir, avec un cadran « décoloré » comme pouvaient l’être les anciens sous l’effet du radium.

Panerai Radiomir 1940, édition 2016
Panerai Radiomir 1940, édition 2016 d’après l’« Egiziano Piccolo » de 1954, cadran « décoloré »

Les Radiomir ont naturellement participé au succès rencontré auprès du public par Officine Panerai, immédiatement après son lancement sur la scène internationale en 1997. On ne s’attendait pas à ce que des montres aussi volumineuses provoquent un tel engouement, encore moins de la part des femmes. Il faut croire qu’elles avaient un pouvoir insoupçonné, car elles ont fait mieux que séduire, elles ont ouvert la voie à la mode des grandes tailles survenue dans les années 2000.

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