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vendredi, 18 janvier 2013
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Carol Besler
Journaliste

“Les montres sont un art fonctionnel.”

Carol Besler assure une couverture mondiale de l’horlogerie et la joaillerie.

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8 min de lecture

La nouvelle Patrimony Équation du Temps de Vacheron Constantin incarne toute la noblesse de cette complication historique.

Qui est très attaché à la notion de précision de la mesure du temps doit être quelque peu désabusé de savoir que, en dépit des brillantes inventions mises au point depuis plus d’un siècle et demi dans le domaine de l’horlogerie, c’est bien le cadran solaire qui demeure à ce jour l’instrument le plus précis pour mesurer le temps vrai – du moins si l’on chercher à marquer le fil de l’heure solaire réelle. Un cadran solaire mesure le temps en fonction de la position ponctuelle du soleil, paramètre selon lequel la durée d’une journée peut s’écarter de près de 17 minutes en moyenne de l’heure civile. Cette différence entre temps vrai et temps moyen est appelée équation du temps et se trouve retranscrite par la complication éponyme qui, pour les plus intransigeants adeptes du temps vrai, reste le seul moyen de la mesurer. Si cette complication est si précieuse et tant prisée des collectionneurs, c’est notamment du fait de sa rareté. En effet, bien que toutes les marques manufacturent leur propre tourbillon, seule une poignée propose une équation du temps : Vacheron Constantin, Patek Philippe, Franck Muller, Blancpain, Zenith, Panerai, Breguet, Bulgari, Jaeger-LeCoultre, Ulysse Nardin et enfin Audemars Piguet, dont la spectaculaire Royal Oak Équation du Temps constitue une référence d’une remarquable qualité.

L’équation du temps, une fonction souvent associée à d’autres complications

Pour des raisons d’ordre pratique, l’homme a épousé un système qui divise chaque année en 365 jours et quart, chaque jour en 24 heures et chaque heure en 60 minutes. Toutefois, du fait que l’orbite de la Terre est elliptique plutôt que circulaire, le temps lié au soleil varie quotidiennement. La journée ne dure précisément vingt-quatre heures qu’à quatre dates du calendrier : le 15 avril, le 14 juin, le 1er septembre et le 24 décembre.

Étant donné que les variations surviennent de façon identique aux mêmes dates, elles peuvent être programmées dans un mouvement horloger au moyen d’une came qui réalise une rotation complète chaque année. Celle-ci est généralement reliée directement à un quantième perpétuel, de manière à ce que l’indication de l’équation du temps corresponde toujours à la date actuelle.

L’équation du temps est rarement considérée comme une fonction isolée. Comptant parmi les plus grands exploits horlogers, elle est souvent associée à d’autres merveilles mécaniques au sein d’une grande complication. Il existe diverses façons d’indiquer l’équation du temps. Pour ce faire, la plupart des garde-temps optent pour une aiguille qui parcourt un cadran subsidiaire, ou arc, gradué de 16 à +14 minutes. D’autres sont dotées d’une équation du temps marchante, qui prend la forme d’une seconde aiguille des minutes qui marque tout simplement le temps solaire et permet ainsi d’observer la différence en un coup d’œil. Si l’équation du temps est une fonction des plus prisées, c’est non seulement parce que seules quelques manufactures en réalisent, mais aussi parce qu’elle fait souvent l’objet d’une édition limitée ou est produite en exemplaire unique.

Grande Complication dotée d’une équation du temps, d’un quantième perpétuel, d’un tourbillon et d’une répétition minute, réalisée par le maître-horloger George Daniels © Sotheby's
Une véritable complication

« À l’heure où les collectionneurs se font de plus en plus nombreux, on assiste à l’émergence de sous-genres en leur sein », analyse Michael Friedman, directeur Horloger d’Antiquorum. « Les montres à équation du temps ont le potentiel requis pour séduire davantage de passionnés car elles sont produites en quantité limitée, ce qui préserve leur rareté. Certes, le tourbillon suscitera toujours l’adhésion du public, tout simplement parce qu’il est fascinant à regarder. Mais l’équation du temps est une véritable complication, et c’est précisément ce qui attire les collectionneurs qui s’intéressent d’une manière générale à l’aspect philosophique de la chronométrie. Elle est là pour nous rappeler qu’il existe à la fois un temps humain et un temps céleste. Elle explore la relation entre temps et espace. »

Si le tourbillon a été décliné dans toutes les interprétations possibles et imaginables, du postmoderne à l’ère spatiale, l’équation du temps se veut le plus souvent le noble reflet de l’horlogerie traditionnelle parée de gravures, d’émaillage, de cadrans en porcelaine, de chiffres romains en applique et autres ornementations qui ne font qu’accroître la valeur de ces artefacts chronométriques. Une tendance parfaitement illustrée par la Patrimony Traditionnelle Calibre 2253 version boutique dévoilée dernièrement par Vacheron Constantin, qui respecte scrupuleusement les très stricts critères du Poinçon de Genève, offrant une finition irréprochable tant en surface que sous son boîtier. Produite en un exemplaire unique destiné à la boutique que la marque possède à Madison Avenue, la Calibre 2253 embarque non seulement une équation du temps, mais aussi un tourbillon accompagné d’indications de coucher et lever du soleil, d’un quantième perpétuel et d’un indicateur de réserve de marche. « C’est l’association de ces complications qui fait de cette montre un modèle d’exception doublé d’un véritable exploit technique, qui a été pour les maîtres horlogers de la marque un casse-tête de sa conception à sa fabrication. », témoigne Hugues de Pins, président de Vacheron Constantin Amérique du Nord. « La rareté d’un tel garde-temps le rend extrêmement séduisant aux yeux des collectionneurs les plus avertis. »

L’une des grandes complications les plus prisées

La nouvelle Patrimony Traditionnelle Calibre 2253 est somptueusement décorée, dans la plus pure tradition de la collection Patrimony classique, qui accueille elle aussi les complications les plus remarquables de la marque. Son boîtier en or rose 5N contraste avec un cadran gris clair. Lever et coucher du soleil sont indiqués à 8 et 4 heures sur le cadran, tandis que l’équation du temps est affichée sur un index entre 10 et 11 heures. Les aiguilles grises des compteurs offrent un subtil contraste avec l’or rose de l’aiguille de l’heure au centre. Sur la version platine, les aiguilles bleues des guichets ont été associées à une aiguille centrale en or blanc qui, elle aussi, offre un contraste saisissant. (La Calibre 2253 a tout d’abord été lancée en 2010 en édition limitée platine). Toutefois, l’ultime raffinement de cette jolie montre, et ce qui la distingue véritablement de l’originale, est la gravure à la main apposée sur le flanc du boîtier. La volute, qui court sur toute la circonférence du boîtier, reflète fidèlement le motif spiral en forme de vagues qui orne la frise extérieure de la boutique de Madison Avenue (qui autrefois appartenait à la marque David Yurman). La gravure confère au boîtier de 9,60 mm d’épaisseur une apparence moins massive – il faut dire que la présence de deux paires de barillets couplés garantit une réserve de marche de 14 jours mais ajoute à la montre un surcroît d’épaisseur. Le mouvement est à remontage manuel. Il s’agit d’un exemplaire unique, mis en vente au prix de USD 541’900.

L’équation du temps est une fonction qui n’a rien d’essentiel, à l’instar du quantième perpétuel – et même du tourbillon, qui n’exerce qu’une influence très modeste sur la précision des mouvements modernes les plus perfectionnés. Cependant, cette complication revêt une grande valeur en tant que favorite des collectionneurs. « L’inspiration qui amène à réaliser une équation du temps tient davantage du concept que de la recherche de praticité », analyse Hugues de Pins. « Mais l’équation du temps est vue par les collectionneurs comme l’une des grandes complications les plus désirables qui soient. »

Lors d’une vente aux enchères organisée récemment par Sotheby’s à Londres, une grande complication George Daniels d’environ 1982 dotée d’une équation du temps, d’un tourbillon, d’une répétition minute et d’un quantième perpétuel a été adjugée pour un montant de USD 2,1 millions. En parfait état, la « montre des voyageurs de l’espace » – tel était son surnom – présentait un boîtier perlé et poli en or, des chiffres romains en applique et une disposition classique des fonctions, surplombée par l’indication de l’équation du temps. « À l’image de la répétition minute et du quantième perpétuel, l’équation du temps est profondément ancrée dans l’histoire de l’horlogerie, témoigne Michael Friedman. Elle incarne une réflexion sur les progrès de la précision. »

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