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Revelation, un concept de montre et non une montre concept
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Revelation, un concept de montre et non une montre concept

vendredi, 27 novembre 2009
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Depuis 2005, Anouk Danthe et Olivier Leu travaillent d’arrache pied au lancement de leur propre marque : Revelation. Quelque quatre ans plus tard, le premier prototype est sous toit avec un lancement prévu pour Bâle 2010. Histoire d’une belle et difficile aventure. Deuxième partie*.

Quand Anouk Danthe et Olivier Leu ont décidé de se lancer dans la création horlogère pour leur propre compte, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas choisi la voie de la facilité. Leur première montre se devait en effet d’établir un pont entre passé horloger et innovation, technicité du mouvement et épuration des lignes, visibilité du mécanisme et néanmoins aisance de lecture. Autant dire la quadrature du cercle dans l’art de la mesure du temps. Et pourtant, le résultat est à la hauteur de ce premier cahier des charges, à savoir un garde-temps baptisé symboliquement Revelation qui a la particularité de dévoiler son calibre grâce à un effet de polarisation de verres actionné par l’ouverture de la lunette.

Ce système, qui n’est pas sans rappeler les montres à secret du passé, agit ainsi comme un capot de voiture dissimulant le moteur un fois fermé pour une seule lecture de l’heure mais laissant admirer sa complexité mécanique dès que le système d’ouverture de la lunette est actionné. Et l’on ne parle pas ici de n’importe quelle « complexité » puisque le moteur de cette Revelation inaugurale est constitué d’un Tourbillon Manège, soit une troisième famille de systèmes réglants tournants après le tourbillon Breguet et le carrousel. De quoi alimenter le débat sur ces différents concepts, les appellations qu’ils recouvrent et les avantages respectifs qu’ils procurent.

La boite, un trait d’union entre mécanisme et habillage

Pour Anouk Danthe et Olivier Leu, l’essentiel n’était pas là mais bien de pouvoir concrétiser une pièce qui aurait pu passer comme complètement farfelue dès les premières esquisses sur la planche à dessin. A elle seule, la boite représente déjà une complication à part entière dans la mesure où il est impossible de la concevoir comme un composant distinct étant donné son rôle de trait d’union entre le mécanisme et l’habillage. « Cette fonction essentielle a rajouté une complexité supplémentaire, explique Anouk Danthe, car généralement ces deux univers ne se parlent pas. Nous avons donc dû réunir autour d’une même table concepteurs de mouvement et constructeurs de boîte dans le but, notamment, de marier les différents seuils de tolérance en matière de précision d’usinage. Une gageur en soi. » Résultat : le boitier de la montre Revelation, usiné individuellement sur machine CNC à partir d’un kilo et demi d’or pour 154 grammes au final, est formé de 71 composants dont deux petits tenons, nommés « pièces de la réconciliation », qui permettent justement de pallier aux écarts d’usinage.

La deuxième prouesse technologique tient à l’apparition du cœur de la montre lors de l’ouverture de la lunette. Une performance permise par un système optique couplant la rotation de deux verres polarisants pour lequel Revelation a fait appel aux compétences du Centre Suisse d’Electronique et de Microtechnique (CSEM). « En combinant deux filtres polarisants, on conditionne la direction de la lumière lui permettant ou non de les traverser selon la superposition des microstructures nanométriques qui en constituent la surface », détaillent les concepteurs de Revelation. C’est ce principe même qui est donc utilisé dans la montre (le Revelation System®), soit deux disques polarisants montés l’un sur l’autre : le premier reste statique alors que le deuxième pivote de 90 degrés, actionné par l’ouverture de la lunette via une vis d’Archimède elle-même couplée à un différentiel qui entraîne le verre monté sur une bague. Le mouvement vertical d’ouverture de la lunette se transforme ainsi en un mouvement rotatif.

Organes réglants montés sur un bras mobile

Inutile de dire qu’avec une telle boite révélant les secrets de son antre au seul initié, il eut été malencontreux de se contenter d’un calibre standard. L’ingénieur indépendant Willy Meier, mandaté pour le Revelation System®, s’attelle donc à la tâche pour concevoir rien de moins qu’une nouvelle complication : le Tourbillon Manège. Explication technique. « Cet assemblage particulier a été baptisé « Manège » par les constructeurs car, comme dans un manège où voitures et chevaux sont fixés sur une plateforme tournante, les organes de distribution et de régulation de l’énergie, le balancier, l’ancre, la roue et son pignon d’échappement, sont montés sur un bras mobile : le pont de Tourbillon Manège. Ce pont est pris en sandwich entre deux roues montées sur l’axe central de la pièce. Assimilable à une roue de seconde, ce système unique transmet la force fournie par quatre barillets grâce à un train de rouage conventionnel. Ce couple de roues assurant la rotation du Tourbillon Manège a été calculée pour effectuer un tour en une minute permettant, comme dans le cas du tourbillon traditionnel, de compenser les avances ou retards de marche. Un lingot d’or 18 carats de 0.444 grammes monté à l’extrémité du pont de Tourbillon sert de contrepoids au système réglant fixé à l’opposé, assurant son fonctionnement optimal. »

Anglage main du pont de barillets du mouvement Revelation Tourbillon Manège © Revelation/photo R. Colombo - diapo.ch
Anglage main du pont de barillets du mouvement Revelation Tourbillon Manège © Revelation/photo R. Colombo - diapo.ch

Dernière particularité de la montre Revelation, son esthétisme poussé jusque dans les moindres détails du mouvement. « Le fait d’avoir été à la base du concept de cette montre nous a permis d’intervenir tout au long du processus de création, commente Olivier Leu. Nous avons donc collaboré sur les aspects techniques et beaucoup travaillé au design des différents composants, y compris ceux du calibre et de son échappement. » Une « patte » Revelation identifiable au premier coup d’œil et qui va se décliner dès le prochain Baselworld au rythme d’une montre par mois, soit un concept relevant quasi de la pièce unique. Mais pour Anouk Danthe et Olivier Leu, il ne s’agit là que d’un début. Les idées, déjà, foisonnent pour prolonger la gamme…

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