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Richard Mille : un outil de production en perpétuelle...
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Richard Mille : un outil de production en perpétuelle évolution

mardi, 19 juin 2018
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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5 min de lecture

Richard Mille fait fabriquer ses montres aux Breuleux, au milieu des pâturages. Avec son ami et partenaire Dominique Guénat, il y a construit un mini-empire industriel qui comprend quatre sociétés et 150 employés.

« Le discours sur la tradition qui entoure la Haute Horlogerie suisse ? C’est de l’ésotérisme, un oreiller de paresse. Moi, je n’ai pas eu le choix : il fallait innover, se renouveler. » En 17 ans d’activité, Richard Mille n’a rien perdu de son franc-parler. Lancée en 2001, sa marque éponyme s’est rapidement taillé une réputation internationale grâce aux matériaux et aux technologies utilisés, le tout servi par une architecture horlogère inédite. Du jamais-vu jusque-là ! Et tout à coup un vent de fraîcheur soufflait sur la branche. Mais un tel succès n’aurait pas été durable sans la constitution d’un solide outil industriel. Basé entre Les Breuleux et La Chaux-de-Fonds, il se compose aujourd’hui de Montres Valgine (assemblage), ProART (composants), Horométrie (distribution) et VMDH (décoration). Sans parler des participations de l’horloger, notamment dans la société vaudoise North Thin Ply Technology, fabricant du désormais célèbre carbone NTPT. Au total, Richard Mille représente ainsi un petit groupe à la pointe du progrès qui compte produire quelque 4’600 montres cette année.

Du private label à Richard Mille

Né à Draguignan, dans le Var, en 1951, Richard Mille n’était pourtant pas prédestiné à l’horlogerie. C’est son arrivée à Besançon, berceau de la montre française, qui va sceller son destin. Baccalauréat en poche, il y suivra des études de marketing, avant d’être engagé en 1974 comme responsable du service exportations chez Finhor. Lorsque Matra acquiert la société, il devient directeur de Matra Horlogerie. Mais Richard Mille a la « bougeotte ». En 1994, il rejoint le groupe de luxe Mauboussin à Paris, où il devient président de la division horlogère, puis directeur général de la joaillerie et enfin CEO de la holding familiale. C’est à ce moment-là qu’il fait la connaissance de Dominique Guénat. Le Jurassien est à la tête de Montres Valgine, une entité créée par son grand-père au début du XXe siècle. Pendant longtemps, la société assemblait des mouvements Valjoux pour le compte de Longines – d’où le nom. Mais depuis 1986 et l’arrivée du petit-fils aux commandes, elle se spécialise dans le « private label », notamment pour Mauboussin. Lorsque Richard Mille commence à songer à sa propre marque, c’est donc naturellement vers Valgine qu’il se tourne.

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Richard Mille
Depuis 2001, Richard Mille impose son nom en horlogerie avec une approche technologique et audacieuse. Ses montres à la fois robustes et légères utilisent des matériaux efficients inspirés de l’automobile et de l’aéronautique. Elles carburent à l’innovation et révèlent un concentré de performances. Côté design, le cadran et le fond laissent souvent place à une vue plongeante sur le mouvement. Cette approche technologique préside à la création de pièces redoutables de complexité.
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Ensemble, les deux hommes vont progressivement construire un petit empire industriel : outre Valgine – qui, bientôt, se consacre uniquement à la nouvelle marque –, ils fondent d’abord Horométrie en 2001, puis VMDH en 2013, ainsi que ProART, qui va doubler ses 3’000 m² de surface de production cette année via la construction d’un nouveau bâtiment. Quelque 150 personnes travaillent actuellement sur les différents sites. Les investissements, des plus conséquents, ne concernent d’ailleurs pas seulement les infrastructures. Impressionnant, le parc machines est également « d’une classe extraordinaire », comme le souligne le chef d’atelier chez ProART. L’utilisation de matériaux inhabituels dans l’horlogerie comme le carbone et le titane ainsi que l’architecture très particulière des mouvements ont en effet poussé la société à acquérir des équipements de dernière génération.

Notre outil de production n’est pas tourné vers la rentabilité, mais vers une qualité maximale et une souplesse totale.
Richard Mille
Une absence totale de routine

Et ici, pas de travail à la chaîne. Malgré plusieurs milliers de montres manufacturées chaque année, l’absence de routine est certainement ce qui caractérise le mieux l’organisation. « Notre outil de production n’est pas tourné vers la rentabilité mais vers une qualité maximale et une souplesse totale », explique Richard Mille. De fait, les prototypes ne bénéficient pas de lignes dédiées mais sont réalisés sur les mêmes machines que les composants : « Nous faisons la production la nuit, les prototypes la journée, précise le chef d’atelier. Ces deux aspects du travail sont très intéressants. »

Nous sommes peut-être la marque la plus jeune, mais nous sommes sans aucun doute celle qui a acquis le plus d’expérience !
Richard Mille

Les premiers essais sur du carbone NTPT remontent ainsi à 2013. Constitué de fines couches de filaments, imprégnées de résine et tissées de manière à entrelacer les fibres, ce matériau d’une résistance exceptionnelle était à l’époque utilisé essentiellement dans le domaine de la voile. Le premier prototype d’une lunette a d’ailleurs été taillé dans un bout de mât d’Alinghi, le bateau suisse vainqueur de la Coupe de l’America en 2003 et 2007. « Aujourd’hui, nous sommes les seuls à pouvoir utiliser ce matériau très compliqué à usiner et d’un prix de revient important », affirme Richard Mille. Et de conclure : « Nous sommes peut-être la marque la plus jeune, mais nous sommes sans aucun doute celle qui a acquis le plus d’expérience ! Qu’il s’agisse de la résistance des matériaux, de l’ergonomie, des solutions mécaniques : nous avons tout testé. »

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