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Roger Dubuis : une longueur d’avance
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Roger Dubuis : une longueur d’avance

lundi, 18 août 2014
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Carol Besler
Journaliste

“Les montres sont un art fonctionnel.”

Carol Besler assure une couverture mondiale de l’horlogerie et la joaillerie.

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7 min de lecture

Un catalogue estampillé 100 % Poinçon de Genève : tel est l’argument décisif qui aide cette manufacture genevoise d’avant-garde à tirer son épingle du jeu.

Sur le papier déjà, la lecture des nombreux critères nécessaires à l’obtention du Poinçon de Genève laisse pantois. Page après page, des instructions détaillées spécifient les types de décoration et de finition acceptables pour tel ou tel composant, depuis les têtes de vis perlées aux bords internes polis des dents, en passant par les performances chronométriques et l’aspect extérieur. La liste est exhaustive. Mais lorsqu’on entre dans une manufacture d’horlogerie, le processus apparaît encore plus impressionnant. À plus forte raison si, comme chez Roger Dubuis, 100 % de la production est labellisée Poinçon de Genève. Lors de ma récente visite au sein de la seule et unique manufacture suisse dont chaque composant est produit dans le respect des critères du Poinçon de Genève, j’ai été littéralement abasourdie par le niveau de précision technique.

À titre d’exemple, on distingue sept opérations distinctes dans l’usinage de chaque pignon uniquement pour la phase de roulage. À partir d’un morceau de métal, les machines CNC extraient le matériau nécessaire pour façonner le diamètre et découper le profil de chaque dent. Ensuite, tous les angles, sillons et faces des différents pignons sont polis à l’issue d’un nouveau processus complexe articulé en plusieurs étapes. Au fur et à mesure du processus de fabrication, la dimension manuelle devient prépondérante au détriment de l’aspect technologique : une dernière phase de polissage est effectuée avec d’un cul-de-bouteille dont les bords possèdent la texture et la résistance idéale pour accomplir cette tâche. Lors de la phase de dressage, c’est un bouchon de champagne qui est cette fois utilisé afin de créer des stries parfaitement parallèles à l’aide de papier abrasif. Enfin, lors d’une des nombreuses phases de polissage, la manufacture utilise des morceaux de noix finement concassés pour obtenir la texture souhaitée.

Un mouvement Roger Dubuis possède en moyenne 250 composants.
Une production limitée

Lorsqu’on sait qu’un mouvement Roger Dubuis possède en moyenne 250 composants, plus de 450 pour le Double Tourbillon volant, le mouvement le plus prestigieux et le plus vendu de la marque, on prend mieux conscience du temps nécessaire pour satisfaire aux critères requis par le Poinçon de Genève : le processus de fabrication se trouve rallongé de 30 % à 40 %, assemblage non compris. Une rallonge justifiée, si l’on considère que Roger Dubuis vend l’un de ses modèles phares à double tourbillon, d’une valeur estimée autour de USD 200’000, à raison d’un exemplaire par jour, d’après le CEO Jean-Marc Pontroué. Naturellement, il existe des passionnés qui apprécient la valeur d’une dent de pignon polie et qui comprennent que l’intérêt du Poinçon de Genève ne concerne pas seulement l’esthétique de la montre mais son fonctionnement global. Une finition extrêmement pointilleuse est considérée depuis longtemps comme un facteur d’amélioration des performances. Depuis deux ans, cet aspect est d’ailleurs pris en ligne de compte dans l’attribution du Poinçon. Le laboratoire genevois habilité à délivrer le Poinçon de Genève ne se contente plus de contrôler uniquement les procédés de fabrication du mouvement. C’est l’ensemble de la montre qui est testé, de la précision (1 minute en 7 jours) au fonctionnement (test pendant sept jours dans plusieurs positions), en passant par la réserve de marche (valeur annoncée) et l’étanchéité (30 mètres), sans oublier la finition extérieure. Il n’existe aucun traitement de faveur : 12 audits non programmés tout au long de l’année sont prévus pour s’assurer d’une conformité parfaite.

Comme indiqué, Roger Dubuis se distingue des autres manufactures suisses de Haute Horlogerie par le fait que 100 % de ses montres sont frappées du Poinçon de Genève. Cela explique également pourquoi la production de la marque est si limitée. Sur 30’000 montres labellisées Poinçon de Genève par année, environ 4’000 sortent des ateliers Roger Dubuis, soit la totalité de sa production.

Je voulais exploiter ce savoir-faire et je m’emploie désormais à le transmettre.
Roger Dubuis
Bientôt 20 ans d’existence

La Maison a été créée en 1995 par l’horloger Roger Dubuis alors âgé de 58 ans, en partenariat avec Carlos Dias. Avant cela, Roger Dubuis avait travaillé pendant 14 ans comme réparateur et restaurateur chez Patek Philippe puis à la tête de sa propre entreprise de restauration. « J’ai beaucoup d’expérience avec les mécanismes complexes, révèle-t-il. Et j’ai beaucoup de respect pour la tradition. Je voulais exploiter ce savoir-faire et je m’emploie désormais à le transmettre. » Roger Dubuis tenait également à ce que ses montres se distinguent par leur design. De fait, la philosophie actuelle de la marque en matière de design semble en décalage avec son respect de procédés de fabrication vieux de plus d’un siècle. En cela, Roger Dubuis se distingue des autres grands noms de l’horlogerie dont la plupart s’inspirent des codes esthétiques des montres de poche classiques du 18e siècle, tout en utilisant des calibres de pointe. Les designs Roger Dubuis sont résolument avant-gardistes. « Nous ne jouons pas dans le registre classique », explique Jean-Marc Pontroué en attirant l’attention sur les cadrans étagés, le squelettage et l’esthétique quasi industrielle. Les cadrans guillochés de la collection Hommage font la part belle aux gravures pratiquées directement dans la platine en laiton, conférant à la montre un look moderne caractéristique, tout en incorporant des éléments traditionnels tels que les chiffres romains en applique.

L’avenir de Roger Dubuis repose sur son approche horlogère innovante. Lors de ma visite, j’ai pu apercevoir un nouveau modèle particulièrement avant-gardiste, à la fois d’un point de vue général et au regard des standards Roger Dubuis. Il s’agit d’une série limitée à 20 exemplaires qui sera lancée simultanément dans 20 villes différentes cet automne. Avant cela, rien ne doit filtrer mais on peut annoncer sans risque que la montre bénéficie du Poinçon de Genève et qu’elle suit les codes de la grande spécialité Roger Dubuis, à savoir le double tourbillon.

Velvet Haute Joaillerie
Croissance dans l’univers féminin

La marque compte également consacrer une part croissante de son activité aux montres féminines puis développer la partie joaillière, un segment occupé par Roger Dubuis avant d’entrer dans le giron de Richemont en 2008. La gamme féminine phare est la Velvet, qui représente aujourd’hui 20 % du chiffre d’affaires de la marque. « Nous aimerions voir nos montres féminines grimper à 30 % des ventes à l’horizon 2016 », explique Jean-Marc Pontroué. Pour Roger Dubuis, il s’agit d’une ambition coûteuse, orientée vers un marché très sélectif. « Comme nous sommes une marque de Haute Horlogerie, souligne M. Pontroué, nous tenons à ce que les montres Roger Dubuis restent 100 % mécaniques. Nous n’avons jamais fabriqué de montre à quartz bon marché. Toutes les montres de notre collection femme sont serties de diamants et possèdent le Poinçon de Genève. »

Une fois que le marché des montres féminines aura atteint 30 % du chiffre d’affaires, l’objectif suivant sera ainsi de développer la branche joaillerie. « Nous voulons nous assurer de la solidité de notre segment Montres féminines afin de pouvoir garder la possibilité de relancer la joaillerie un jour », reprend le CEO. La marque possédait certes des collections joaillières avant l’ère Richemont mais suite au rachat de ses activités, le nombre de références a connu une baisse drastique et la priorité a été donnée à l’horlogerie. « Quand nous estimerons notre branche Montres féminines suffisamment mature, il sera alors temps de lancer la joaillerie, confie Jean-Marc Pontroué. Il n’y a toutefois pas de pression de la part de notre actionnaire même si nous sommes très impatients. Cela dit, nous ne nous engageons pas dans cette voie pour le simple plaisir de lancer de nouveaux produits. Il faut que la marque ait quelque chose à y gagner. » Quand cette heure viendra, y aura-t-il un nouveau calibre pour les montres féminines ? « Bien entendu », conclut Jean-Marc Pontroué.

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