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Romain Réa, l’expertise horlogère au bout des doigts
Culture

Romain Réa, l’expertise horlogère au bout des doigts

mardi, 14 novembre 2017
Par Victoria Townsend
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Victoria Townsend

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8 min de lecture

Occupé avec les derniers détails de la vente aux enchères Antiquorum du 12 novembre à Genève, l’expert horloger Romain Réa trouve un moment pour parler de sa passion pour les montres dans sa boutique rue du Bac à Paris.

Le train à grande vitesse Paris-Genève, Romain Réa a bien dû s’y faire depuis son entrée en fonction en tant que CEO de la maison de vente aux enchères Antiquorum en avril dernier. La vitesse, Réa s’y connaît, pour avoir étudié l’aéronautique juste avant de passer deux ans au sein de l’armée de l’air française. C’est à ce moment-là que sa passion pour les montres est née. « J’aimais les aiguilles des tableaux de bord, explique-t-il. Et mon intérêt s’est rapidement porté sur les chronographes. Ma première montre était une Navitimer. J’ai donc commencé à acheter, vendre et échanger des montres afin d’affiner mes connaissances et agrandir ma collection. »

J’ai créé un centre d’intérêt.
Romain Réa

Comme sa passion pour les montres commence à l’emporter sur tout le reste, il amène sa collection au Crédit du Nord avec un projet en tête : ouvrir une boutique spécialisée dans les pièces vintage rares. La banque, « partenaire de toujours », finance donc l’ouverture de sa première boutique au marché aux puces de Saint-Ouen, au nord de Paris, marché connu dans les années 1990 pour la qualité de ses antiquités et de ses pièces d’art recherchées par une clientèle internationale. « Durant cette période, il n’existait pas de boutiques pour les collectionneurs de montres en France, poursuit Romain Réa. J’ai créé un centre d’intérêt. Les gens faisaient la queue pour voir ce que je présentais. » Ce business fructueux amène une nouvelle installation à Paris en 1998, rue du Bac, dans le chic 7e arrondissement, avant qu’un espace plus vaste se libère sept ans plus tard de l’autre côté de la rue, au n° 26. Cet endroit, désormais historique, représente dorénavant l’une des trois boutiques de Romain Réa, les deux autres ayant récemment ouvert leurs portes rue Marbeuf et dans le magasin Printemps Haussmann.

Multiactiviste

Acheter et vendre des objets d’un côté et les mettre aux enchères de l’autre, un conflit d’intérêts potentiel ? « Ce conflit existe depuis les années 1990, confie Romain Réa. Depuis que j’ai été nommé expert pour la maison de vente aux enchères parisienne Drouot, alors que je possédais déjà ma première boutique, j’ai souvent été critiqué en raison de cette double casquette, mais j’ai toujours rétorqué que, pour être efficace à chaque poste, il fallait bien exercer les deux. Lorsque je vends ou achète des montres, comme j’investis mon propre argent, je suis extrêmement attentif vu les risques encourus. Je pense d’ailleurs que les meilleurs commissaires-priseurs ont, ou ont eu, leur propre boutique. À Artcurial, maison de vente aux enchères française où j’ai créé en 2002 un département Horlogerie-Bijouterie et où j’ai organisé des ventes aux enchères thématiques pendant une quinzaine d’années, je n’ai jamais eu ce type de problème. Mais il est vrai que cette maison était plus internationale que Drouot. L’unique condition, stipulée dans la loi française, était que je ne pouvais pas vendre aux enchères mes propres biens, ce qui est totalement compréhensible. »

Romain Réa avec catalogue Antiquorum
Romain Réa avec catalogue Antiquorum

Expert reconnu, Romain Réa est agréé par la cour d’appel française. À son actif, notamment, des conseils prodigués à Jaeger-LeCoultre et Vacheron Constantin, un livre sur Tudor – l’unique vente aux enchères organisée pour Panerai –, des cours de formation pour diverses institutions en France… Au cours de la conversation, le sujet des contrefaçons ne pouvait être évité. Un problème dans son activité de base ? Bien que personne n’amène consciemment une contrefaçon dans une boutique Romain Réa, sous peine d’être rapidement démasqué, l’intéressé avoue que certaines pièces asiatiques sont « de si bonne qualité qu’elles doivent être ouvertes pour être sûrs à 100 % d’être en présence d’une contrefaçon ». Quant aux 2 à 3 % de personnes qui amènent sans le savoir des pièces potentiellement fausses, il leur recommande de s’adresser directement aux marques concernées.

Conseil aux nouveaux collectionneurs

Quel conseil donner aux jeunes collectionneurs ? « Autre que de venir chez Romain Réa, s’enquiert l’expert en souriant. La chose la plus importante est d’aimer votre première acquisition. Certains n’y voient qu’un investissement ou la première pierre d’un patrimoine. À mon avis, c’est surtout le coup de foudre qui compte, celui à partir duquel vous allez développer votre propre thématique. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Une fois le premier achat effectué, il s’agit de faire grandir votre collection : des chronographes, soit, mais alors des années 1930, en acier, avec cadrans noirs… Sans oublier que ces montres doivent vous prodiguer une intense satisfaction, à les regarder, à les porter, à en parler. De nos jours, pour commencer une collection vintage, il faut compter avec un investissement de base de l’ordre de 2 000 à 5 000 euros. » Et la vente en ligne ? « Nous avons bel et bien un site internet afin de pouvoir montrer ce que nous proposons dans nos boutiques, mais nous recommandons clairement de voir et essayer une montre avant de l’acheter. Les ventes aux enchères sont une autre histoire : 25 % des ventes se font via Internet. »

Et qu’en est-il de la fameuse Rolex Daytona de Paul Newman, acquise pour 17,7 millions de dollars ? « L’estimation devait être comprise entre 5 et 10 millions. Nombreux sont les collectionneurs qui étaient en effet prêts à mettre 3 millions sur la table, laissant espérer une vente à trois fois cette somme. La surprise est venue de cette offre immédiate à 10 millions, laissant augurer une vente rapide puisqu’il ne restait plus que deux enchérisseurs. J’espère que l’achat a été réalisé par Rolex. Si c’est le cas, la marque pourrait présenter dans un proche avenir une nouvelle collection baptisée « PN ». L’intérêt de la clientèle équivaudra à l’investissement. De plus, Rolex pourra garder la montre et l’inscrire à son patrimoine. Mais nous avons aussi entendu parler d’un acheteur asiatique qui posséderait alors les droits sur toute nouvelle version de cette Paul Newman. Un bon investissement au demeurant, car je pense que dans 10 ans la montre vaudra bien dans les 30 millions de dollars. »

Antiquorum.Swiss
Antiquorum, basé à Genève, officiellement nommé Antiquorum.Swiss (à distinguer d’Antiquorum New York), est actuellement la troisième maison de vente aux enchères après Philipps et Christie’s, mais devant Sotheby’s. Nommé CEO en avril 2017, Romain Réa a relevé le défi en amenant rapidement des changements motivants au sein de la maison, à commencer par une vente aux enchères de montres et bijoux à Monaco en juillet dernier, qui se renouvellera en janvier de l’année prochaine. À Hong Kong, les activités se poursuivent, notamment avec des ventes thématiques, une spécialité de Romain Réa. Pour ce qui est de la vente aux enchères à Genève du 12 novembre, 40 des 590 lots étaient représentés par des Patek Philippe Calatrava, personnellement recherchées et cataloguées par Romain Réa et Arnaud Tellier, ancien directeur et conservateur du musée Patek Philippe à Genève. Les modèles vont des années 1930 – y compris une Patek Philippe de 1935 en platine produite à seulement 131 exemplaires – aux années 2010. Autres clous de la vente, la montre de Jacques-Yves Cousteau ainsi qu’une certaine Rolex Daytona…

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