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Rouages réinventés
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Rouages réinventés

mercredi, 13 juillet 2016
Par Louis Nardin
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Louis Nardin
Journaliste et consultant

“De l’audace, toujours de l’audace.”

Georges Jacques Danton

« Une montre de qualité concentre de la créativité, des compétences techniques et scientifiques rares, des gestes anciens. Elle touche au désir d’être unique, de se distinguer, d’afficher un savoir, une puissance, un goût. Une montre raconte plusieurs histoires à la fois, dont les détails et les secrets font la saveur. »

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En ce début d’année, Breitling, Lang & Heyne et Piaget ont présenté un nouveau type de roues dentées. En silicium ou en or, elles visent la performance avec un point commun : elles sont fabriquées par érosion ou croissance de matière et non plus par usinage.

Coïncidence : lors de Baselworld, deux marques – Breitling et la saxonne Lang & Heyne – présentaient leurs nouveaux trains de rouage. Si leurs approches se révèlent très différentes, elles se retrouvent toutefois sur un point : le recours à la technologie d’érosion ou de croissance de matière (Drie ou UV-Liga) pour la fabrication. Breitling a choisi le silicium pour réduire les pertes d’énergie. Pour Lang & Heyne comme pour Piaget, l’or devait être au cœur du composant, noblesse oblige. Les trois initiatives témoignent de recherches fondamentales de plus en plus poussées de la part des laboratoires de développements horlogers puisqu’ils travaillent ici à l’échelle atomique pour explorer de nouvelles pistes. En effet, jusqu’alors, le silicium était réservé principalement à la fabrication des composants du régulateur. Quant à l’or, il était par défaut usiné.

La légèreté du silicium

Les roues en silicium de Breitling font partie d’un groupe de cinq découvertes techniques présentées ce printemps. Toutes découlent d’un projet expérimental destiné à augmenter significativement les performances du chronographe mécanique maison B01 introduit en 2009. « Après avoir lancé un mouvement parfaitement fiable et solide, l’étape suivante consistait à augmenter ses performances, explique Jean-Paul Girardin, Vice-président de Breitling. Nous avons donc spécialement constitué un laboratoire de recherche baptisé Chronoworks dont la mission consiste à explorer toutes les possibilités d’optimisation et à tester des solutions nouvelles. Pour le train de rouage, nous voulions réduire le poids des engrenages pour diminuer la consommation en énergie. En utilisant le silicium, nous avons gagné 50 % de légèreté. »

 

Cette nouveauté permet d’augmenter la réserve de marche de 45 %.
Jean-Paul Girardin

Fabriquées par Sigatec, spécialiste de la fabrication des composants en silicium, les roues sont ensuite chassées et collées sur un axe en acier non traité, une technique d’assemblage développée là encore à l’interne. Comme les essais l’ont démontré, cette configuration où acier et silicium interagissent exige des dentures parfaites et un alignement des roues irréprochable pour éviter que le silicium, très dur, n’entame les roues en métal. Jean-Paul Girardin : « C’est une première dans l’horlogerie. Combinée aux autres modifications, à savoir une platine et des ponts en céramique, un échappement en silicium, un balancier à inertie variable et une denture flexible pour la roue de relais entre le calibre et la fonction chronographe, cette nouveauté permet d’augmenter la réserve de marche de 45 %, soit 100 heures au lieu de 70, sans toucher au barillet. De plus, cette conception garantit d’emblée des performances qui permettent de passer le test du COSC sans autre intervention. »

Breitling a annoncé la production de 100 calibres, intégrés dans la Superocean Héritage Chronoworks. « Naturellement, les coûts de production restent encore élevés, conclut Jean-Paul Girardin. Mais les résultats sont au rendez-vous puisque les tests au choc et au vieillissement ont révélé une résistance équivalente aux constructions traditionnelles. »

Or moléculaire

Pour Lang & Heyne, il s’agissait d’utiliser l’or mais de façon différente. Si Patek Philippe, Kari Voutilainen ou De Bethune ont déjà proposé des pièces avec rouages en or, ils restent des exceptions. Peut-être du fait que l’or, même durci, finit par se déformer à cause de sa ductilité naturelle. « Le métal finissait toujours par se plier en raison des forces à l’œuvre dans tout système horloger, explique Denis Flageollet, cofondateur et Maître horloger de De Bethune, qui a depuis écarté cette option. Mais Marco Lang, Maître horloger à la tête de la petite manufacture saxonne, a certainement trouvé la parade en optant pour la technologie de croissance de matière au lieu de l’usinage traditionnel. « Nous n’avons pas développé d’alliage particulier et travaillons avec celui d’un fabricant allemand, un or rose de 14 carats, explique-t-il. Les rouages sont fabriqués via le procédé électrochimique de croissance de matière Liga. En 2009, nous en avions déjà intégré dans un premier petit calibre. Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’équiper nos mouvements de grande taille. Ces rouages en or permettent d’augmenter les performances et se révèlent in fine même plus résistants que ceux en laiton avec un indice de 260 Vickers pour les premiers contre 185 pour les seconds. »

Discrètement, Piaget a aussi introduit en janvier deux roues en or dans son nouveau modèle à régulateur à quartz Piaget Emperador XL 700P. Fabriquées par Mimotec, société sœur de Sigatec, elles sont cette fois pures à raison de 24 carats pour une dureté de 220 Vickers. « Nous avons travaillé cinq ans pour mettre au point le bon procédé de fabrication et identifier l’alliage adéquat, explique Hubert Lorenz, CEO et fondateur de Mimotec. Le principal défi a consisté à rendre compatible la forme des moules avec les propriétés chimiques du bain d’or. » En Haute Horlogerie, l’innovation est un processus qui s’applique au composant le plus infirme.

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