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Sagesse et paradoxes
Points de vue

Sagesse et paradoxes

vendredi, 15 novembre 2013
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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3 min de lecture

Depuis la nuit des temps, le paradoxe s’est acquitté de la philosophie et de la littérature pour passer dans la réalité. Aujourd’hui, plus que jamais, poussé par le vent de la globalisation. Un vent qui, bien sûr, nous touche également. La Suisse, pourtant, ne paraît pas l’endroit le plus approprié pour parler de paradoxe. Car dans ce pays, tout se déroule de manière logique, ordonnée. Ce n’est pas pour rien qu’il s’agit là du berceau de la belle horlogerie où, depuis toujours, on rythme le temps en heures et des minutes, phases du soleil et de la lune. En Suisse, nous savons tout « régler », y compris les complications…

Pourtant, c’est justement dans les contextes les plus réguliers, apparemment logiques, qu’il est intéressant d’introduire un peu de paradoxe. Non pour perturber la paix, mais pour stimuler la pensée. Car de la « norme », on passe au « hors-norme », ce qui demande un nouvel équilibre. Un exemple : n’est-il pas paradoxal que les gens qui s’occupent d’horlogerie perdent souvent du temps ? Ou encore, plus sérieusement : le politique, qui cherche le bien-être économique, est-il incapable d’enrayer cette spirale qui voit les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres ?

Bien loin de vouloir vous faire perdre du temps, il s’agit ici de fournir de nouvelles idées sur une réalité complexe. Mais au fait, qu’est-ce qu’un paradoxe ? C’est une proposition qui, apparemment en contradiction avec l’expérience et la logique, n’est reste pas moins valable. Autrement dit : une vérité absurde.

Se confronter aux paradoxes signifie apprendre à être sage par le biais de la voie difficile et amère, celle de l’expérience.

L’empereur romain Marc-Aurèle appréciait les paradoxes. N’est-il pas resté dans l’histoire comme un empereur philosophe ? Un autre exemple qui démontre que la sagesse se nourrit également de paradoxes. Confucius répétait qu’il est possible d’atteindre la sagesse par trois voies. Celle de la réflexion, la plus noble ; celle de l’imitation, la plus aisée ; et celle de l’expérience, la plus amère. Se confronter aux paradoxes signifie apprendre à être sage par le biais de la voie difficile et amère, celle de l’expérience.

À ce titre, le récent forum de la Haute Horlogerie tenu à Lausanne proposait comme thématique « A World of Paradoxes ». Un moyen de devenir plus sage ? En tout état de cause, comme le disait le philosophe Kierkegaard : « Seuls les grands penseurs s’exposent au paradoxe. » Une leçon.

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