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Salon de l’horlogerie de Hong Kong
Economie

Salon de l’horlogerie de Hong Kong

lundi, 10 octobre 2011
Par Martin Foster
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Martin Foster

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9 min de lecture

30e édition du Salon de l’horlogerie de Hong Kong 2011 : déploiement du savoir-faire traditionnel chinois et arrivée en force des marques suisses.

Prestige, éclat, scintillements… mais surtout raffinement et haute qualité : tels ont été les maîtres mots du Hong Kong Watch & Clock Fair 2011 (HKW&CF). Du 7 au 11 septembre, le plus grand salon horloger du monde a brillé de tous ses feux, avec pour preuve éloquente de son importance sur le marché mondial, l’apparition de marques de haute horlogerie issues des plus grands ateliers suisses. Parmi les participants, citons A. Lange & Söhne, Audemars Piguet, Blancpain, Breguet, Chopard, Franck Muller, IWC, Jaeger-LeCoultre, Omega, Panerai, Piaget et Vacheron Constantin.

Hong Kong est le deuxième exportateur de montres et d’horloges au monde et la demande croissante de la Chine continentale devrait dynamiser encore davantage le marché hongkongais. Hong Kong est également le premier importateur d’horlogerie helvétique, les importations en provenance de Suisse ayant totalisé USD 2 milliards de janvier à juin 2011, soit une progression de 45 % par rapport à la même période de l’année précédente. Dans son discours lors de la cérémonie d’ouverture du Salon, Benjamin Chau, directeur général adjoint du Hong Kong Trade Development Council (Conseil pour le développement commercial à Hong Kong), a annoncé que les exportations hongkongaises de garde-temps avaient augmenté de 25 % en glissement annuel, atteignant USD 4 milliards au premier semestre 2011. Ces chiffres traduisent une croissance spectaculaire, aussi les exposants et les acheteurs du Salon faisaient-ils preuve d’un solide optimisme.

Un refuge dans la tourmente financière

Non sans lien avec ces bons résultats, Richemont a annoncé le 7 septembre à Genève que ses ventes à cinq mois (d’avril à août 2011) avaient progressé de 29 % à taux de change réels, soit 35 % à taux de change constants. Manifestement, ni le risque de défaillance des emprunteurs souverains, tant redouté par l’Europe ou les États-Unis, ni les crises financières mondiales ne paraissent beaucoup toucher le cercle international des acheteurs de montres et d’horloges. Comme les montres haut de gamme ne se vendent jamais, semble-t-il, à un prix inférieur à leur prix d’origine, on peut en conclure qu’elles constituent une valeur refuge dans les périodes de tourmente financière.

Le Salon a accueilli près de 17’000 acheteurs, avec une augmentation de plus de 12 % des visiteurs en provenance des marchés émergents par rapport à l’année dernière : 46 % de plus pour le Moyen-Orient, 40 % pour l’Indonésie, 34 % pour la Malaisie, 29 % pour l’Inde et 11 % pour la Chine continentale. D’après les résultats d’une enquête réalisée par le Hong Kong Trade Development Council auprès de 408 exposants et 705 acheteurs, les intervenants du secteur témoignent d’un optimisme prudent pour 2012 et prédisent un bel essor au marché de la Chine continentale. Durant le Salon, plus de 80 % des exposants sondés avaient reçu des commandes ou étaient en négociations.

Une plateforme de promotion commerciale

Le Salon de l’horlogerie de Hong Kong constitue une plateforme de promotion très efficace pour se positionner en Chine, ce qui explique que les marques suisses tirent de plus en plus parti de l’objectif premier de ce grand rendez-vous : la pénétration des marchés chinois si avides des produits de luxe de grandes marques européennes.

Bénéficiant d’un temps chaud et ensoleillé, le Salon s’est tenu durant une semaine dans les vastes espaces du Hong Kong Convention and Exhibition Centre, qui surplombe le charmant Port Victoria. Pièce maîtresse des stands suisses, une étincelante montre de Vacheron Constantin, sertie de non moins de 186 diamants taille émeraude de quelque 160 carats et évaluée à environ GBP 6 millions, côtoyait le tout premier téléphone portable à clapet au monde à être équipé d’une montre tourbillon, LeDIX de Celsius X VI II – le tout dans l’espace exclusif World Brand Piazza de la Brands Gallery où s’étaient donné rendez-vous plus de 110 marques.

Beijing Watch Factory a réalisé une pièce unique de toute beauté, la « Paix d’Athéna », évoquant les dernières lignes de L’Odyssée, épopée composée par Homère vers 700 av. J.-C., qui relate les aventures du héros grec Ulysse. Capable de prendre forme humaine, la déesse Athéna parvient, avec des stratagèmes qui mettraient à rude épreuve notre pragmatisme contemporain, à clore le récit sur une fin paisible. Mus par une inspiration pleine d’empathie, les orfèvres de Beijing Watch ont représenté la déesse avec une extrême minutie sur un cadran en or repoussé 18 carats. Beijing Watch a également présenté la série FU LU SHOU XI, inspirée des thèmes de célèbres peintures chinoises anciennes : « La Chauve-souris et le Pin », « Le Gobe-mouche du paradis », entre autres, respirent la paix et la sérénité. D’une belle harmonie, les couleurs de l’émail, délicatement irisées, rappellent le style de la peinture chinoise ancienne.

Athéna, de Beijing Watch Factory : cadran en or repoussé/ciselé représentant en relief la « paix grecque d’Athéna », mouvement en or 18 carats, calibre SB18, boîtier 38 mm en or 18 carats © Beijing Watch Factory
Athéna, de Beijing Watch Factory : cadran en or repoussé/ciselé représentant en relief la « paix grecque d’Athéna », mouvement en or 18 carats, calibre SB18, boîtier 38 mm en or 18 carats © Beijing Watch Factory
Innovations techniques

Sur le plan technique, Beijing Watch a réalisé avec TAIJI un magnifique tourbillon bi-axial en trois dimensions, qui tourne autour de deux axes perpendiculaires. Comme un tourbillon classique, il effectue une rotation par minute autour de l’axe principal Z. Mais il opère également une révolution auxiliaire autour de l’axe X en 7,5 minutes. La rotation se fait donc simultanément sur deux plans, l’un horizontal, l’autre vertical, autour des deux axes perpendiculaires. Cette prouesse technique place indéniablement la barre très haut dans la passionnante compétition que les marques se livrent en permanence, et sans l’avouer, pour décliner de la façon la plus sophistiquée possible l’invention mise au point en 1795 par Abraham-Louis Breguet.

Manufacture de montres et de mouvements depuis 1955, Tianjin Sea-Gull assure un quart de la production mondiale de mouvements horlogers mécaniques. Très investie dans la R-D et toujours à l’affût des dernières innovations suisses, la marque lance désormais des composants en silicium : elle présente cette année un élégant tourbillon volant doté d’un spiral en silicium de fabrication chinoise.

Sea Gull a également produit un mouvement plus traditionnel doté d’un mécanisme musical qui peut jouer une mélodie d’une vingtaine de secondes. Mais le clou de leur catalogue est une montre-bracelet dont le tourbillon volant intègre un mouvement entièrement réalisé en glace saphir. Ce garde-temps n’a rien à cacher – et il le montre !

Progrès considérables de la R&D

Yantai Polaris fête ses 90 années d’activité sous la marque Polaris, dont les produits sont exportés dans plus de cent pays depuis les années 1930. Polaris possède une gamme incroyable d’horloges, des modèles sur pied traditionnels ou à l’élégance élancée jusqu’aux superbes horloges de table en cuivre poli et doré sous dôme de verre. Présent au Salon cette année, Polaris avait ajouté à son catalogue des horloges de table dotées de tourbillons pour éveiller l’intérêt de l’observateur, dans le droit fil des tendances mondiales du secteur.

 

Horloge de table squelette à fusée de Yantai Polaris, avec phases lunaires et tourbillon à 12 heures © Martin Foster
Horloge de table squelette à fusée de Yantai Polaris, avec phases lunaires et tourbillon à 12 heures © Martin Foster

Sur le plan du soin apporté aux finitions et à la décoration, les Suisses sont rois. Les marques chinoises ont pourtant nettement progressé en termes de R-D et de pénétration du marché des collectionneurs. Chaque année apporte son lot d’améliorations décisives. Les montres fabriquées en Chine aujourd’hui n’ont plus rien de commun avec celles d’il y a dix ans. Certes, l’ingéniosité des marques chinoises ne prendra jamais le pas sur l’habileté helvétique. Il n’en demeure pas moins évident que les marques suisses doivent dorénavant partager les parts de ce marché ; reste à savoir dans quelle mesure.

L’annonce du palmarès de la 28e édition du concours annuel de design du HKW&CF a été planifiée de façon à donner aux vainqueurs, sélectionnés parmi 210 candidats, une visibilité de choix lors de l’événement. Les thèmes choisis pour le concours étaient « Classic Reunion » dans la catégorie Open et « Dream Team » dans la catégorie Étudiant. C’est la « 10.2 » de Wincy Horological Ltd, une montre gousset pouvant également se porter au poignet, qui a remporté le concours dans la catégorie Open. Le premier prix de la catégorie Étudiant a été décerné à la « Globe Watch » de Fok Yiu Chor, un étudiant de la School for Higher and Professional Education (SHAPE), qui a conçu une montre-bracelet dont le planisphère permet de suivre deux fuseaux horaires.

Pour le créateur de Wincy Horological Ltd, le classique demeure une source d’inspiration en horlogerie : « Selon moi, le style classique est éternel et sa beauté défie le temps. » La 10.2, dotée d’un mécanisme à remontage manuel, conjugue modernité et intemporalité en évitant de « sacrifier l’esprit d’une montre gousset tout en mettant en valeur son classicisme. »

Fok Yiu Chor, le vainqueur de la catégorie Étudiant, a rappelé que le découpage du monde en fuseaux horaires prend comme origine le méridien de Greenwich : « Nombre des montres GMT qui existent sur le marché n’ont pas un design convivial. » En revanche, le planisphère du cadran de la montre qu’il a conçue permet à son propriétaire d’associer visuellement deux lieux différents à leur fuseau horaire.

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