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Seiko: la pensée pragmatique faite montre
Baselworld

Seiko: la pensée pragmatique faite montre

mardi, 7 avril 2015
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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4 min de lecture

Cette année, Seiko célèbre le 55e anniversaire de sa Grand Seiko. Un modèle qui retrace à lui seul l’évolution horlogère « Made in Japan ». Un modèle qui gagnait en fin d’année dernière la reconnaissance du jury du Grand Prix d’Horlogerie de Genève dans sa version Hi-Beat GMT. Autant dire une forme de consécration.

Si l’on voulait paraphraser Jean-Claude Biver, le patron des Maisons horlogères de LVMH, pour qui une montre, c’est l’éternité mise en boîte, on pourrait dire que dans le boîtier de la Grand Seiko se loge la part immortelle de l’horlogerie japonaise. « En créant la Grand Seiko en 1960, mes prédécesseurs avaient en tête de réaliser un garde-temps précis, fiable et facile à lire, précise Shu Yoshino, directeur général du département Marketing de la marque rencontré à Baselworld. L’esthétique de cette pièce n’a pas été négligée pour autant, notamment avec sa large ouverture de cadran permise par l’absence de lunette, sa boîte à facettes et son poli Zaratsu qui nous est propre. Mais là n’était pas l’essentiel. Comme cela a toujours été le cas chez Seiko, c’est la fonction qui prime. Il s’agit d’un principe auquel nous ne dérogeons jamais. »

Avec le quartz, tout a changé.
Shu Yoshino
Une bête de concours

Cette fonctionnalité de la Grand Seiko allait rapidement prendre toute sa mesure. Dès 1967, le modèle abrite le calibre 62GS, le tout premier mouvement automatique de la Maison. Et pour bien faire comprendre qu’il n’est désormais plus nécessaire de remonter sa montre, la couronne vient se loger dans la cambrure de la carrure à 4 h. Un an plus tard, en 1968, Seiko repoussait les limites un pas plus loin et servait cette collection destinée à occuper le segment haut de gamme de la marque avec un mouvement à haute fréquence battant à 36 000 alternances/heure, mettant le dixième de seconde au service de la précision. Parmi les manufactures helvétiques, seule Girard-Perregaux pouvait se targuer d’une telle réalisation pour avoir introduit en 1966 le premier calibre haute fréquence au sein de sa famille Gyromatic. Quant à l’El Primero de Zenith, premier chronographe 5 Hz, il date de 1969. Avec une telle « bête de course » dans sa besace, Seiko pouvait raisonnablement prétendre rivaliser avec les meilleurs. C’est d’ailleurs ce que va faire la Maison nipponne à la fin des années 1960, soumettant sa Grand Seiko aux compétitions des observatoires de Genève et Neuchâtel.

Mais si ces instituts ont très longtemps servi de références dans les milieux horlogers, avec l’avènement du quartz, leur raison d’être ne pouvait plus guère se justifier. La précision électronique menaçait de reléguer la montre mécanique dans les tiroirs de l’histoire et la Grand Seiko avec. « Avec le quartz, tout a changé, se remémore Shu Yoshino. Chez Seiko, nous avons certes continué à produire des montres mécaniques, mais cela ne correspondait plus à du haut de gamme. Comme la Grand Seiko en était justement le symbole, nous avons pratiquement cessé de la produire dans les années 1980. Il n’y avait plus de demande. Nous avons bien tenté de la relancer en 1993 avec un mouvement quartz mais en vain. »

La patience est un trésor de la vie.
Exigence de précision

Qu’à cela ne tienne ! Selon le sage japonais, la patience est un trésor de la vie. Dès que les premiers frémissements se sont fait sentir autour de la montre mécanique, Seiko n’a pas hésité. En 1998, la Maison revient sur le devant de la scène avec sa Grand Seiko dotée d’un tout nouveau mouvement développé au sein de la manufacture. « Au début, le modèle est resté un produit de niche, précise Shu Yoshino. Il y avait bien une communauté d’inconditionnels qui se souvenait de ce qu’avait été la Grand Seiko et qui s’est tout de suite montrée très réceptive. Mais rien d’exceptionnel. Il nous a fallu attendre encore une dizaine d’années pour que le produit décolle. À un moment où l’horlogerie “bling bling” commençait à pâlir pour céder la place à des garde-temps porteurs de valeurs plus substantielles. »

Dans ce contexte plus propice, la Grand Seiko n’a pas manqué sa cible. En peu de temps, les ventes doublent au Japon. Le succès est d’ailleurs tel que les instances dirigeantes de Seiko décident de pousser les capacités de production du modèle et de le lancer à l’international. Avec des arguments pragmatiques qui font mouche. Dans ses versions anniversaires équipées du mouvement 9S65 à 28 800 alternances/heure comme dans ses deux nouvelles références à haute fréquence (cal. 9S85), Seiko assure une précision quotidienne moyenne comprise entre − 3 et + 5 secondes, soit une marge de tolérance plus exigeante que les − 4 à + 6 secondes correspondant au Certificat officiel suisse des chronomètres (COSC). Avec sa maîtrise complète de la production horlogère, y compris les composants sensibles comme l’organe réglant, Seiko peut apposer « Grand » à son nom sans rougir.

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