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SIHH 2019 : l’envers du décor horloger avec le LAB
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SIHH 2019 : l’envers du décor horloger avec le LAB

mardi, 22 janvier 2019
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Le LAB aura été l’une des grandes nouveautés du SIHH 2019, qui vient de fermer ses portes et probablement l’une de ses attractions majeures. Une vingtaine de stands y exposaient des travaux de recherche destinés à alimenter la technologie horlogère de demain. Visite éclair.

L’image d’Épinal figurant un horloger assis à son établi, monoculaire rivé sur l’œil, en train d’assembler des composants microscopiques, a vécu. Ou du moins elle a pris un sérieux coup de plomb dans l’aile pour tout visiteur du LAB, ce nouvel espace aménagé au cœur même du dernier Salon International de la Haute Horlogerie. Pour donner le ton, les curieux étaient déjà interpellés par Pepper, un robot intelligent à même d’exécuter une petite danse de bienvenue avant de répondre aux questions les plus pertinentes sur la théorie de la relativité restreinte. Et dans la langue de son interlocuteur, s’il vous plaît.

Le robot Pepper accueille les visiteurs à l'entrée du LAB © Raphael Faux
Le robot Pepper accueille les visiteurs à l'entrée du LAB © Raphael Faux

Plus prosaïquement, une fois cette première « mise en jambes » passée, impossible de dénicher un quelconque établi d’horloger. Et pour cause, les trois espaces thématiques du LAB étaient tous dédiés aux nouvelles technologies, soit une vingtaine de travaux de recherche menés aussi bien par les Maisons exposantes que par les laboratoires des hautes écoles qui collaborent avec les différentes marques horlogères. Et l’on ne parle pas ici de plans sur la comète mais bel et bien d’innovations qui, si elles ne sont pas encore intégrées dans l’univers horloger actuel, le seront assurément demain. Au menu : alliages de matériaux inédits, réalité augmentée, robotique, applications numériques diverses au service des professionnels de la branche ou des collectionneurs… En un mot de quoi faire comprendre que de nos jours l’horlogerie est devenue une activité où la science de l’ingénieur est devenue indispensable à son développement.

L’horlogerie est devenue un domaine d’activité où la science de l’ingénieur est devenue indispensable à son développement.
Reconnaissance visuelle à la FHH

La visite commence par la nouvelle application développée par IBM Watson et Emakina pour la Fondation de la Haute Horlogerie. Une application de reconnaissance visuelle qui, sur la base d’une photo prise par une tablette ou un téléphone intelligent, identifie le modèle en question pour ensuite faire remonter les informations pertinentes qui s’y rapportent : spécifications techniques, historique de la pièce, particularités et références du modèle, disponibilité de la montre dans les boutiques situées à proximité, sans oublier ce que la marque propose comme garde-temps de même catégorie ou ce que l’on peut trouver comme modèles similaires auprès des autres marques. Destinée dans un premier temps aux professionnels de la vente, cette application a été conçue comme une aide pratique et ludique vouée à intéresser tous les aficionados avides de connaissances horlogères.

À défaut de pouvoir l’embarquer illico sur leur téléphone, les mordus d’horlogerie pouvaient toujours tenter l’aventure du Live Diag mis au point par Cartier, soit une application à même d’analyser le bon fonctionnement de votre montre lorsque posée sur une tablette. Une démarche similaire à celle de la Carbox de Roger Dubuis, soit un écrin connecté et destiné à accueillir votre garde-temps qui, sur la base d’une écoute de ses oscillations, va déterminer si le modèle est bien réglé ou si une intervention se révèle nécessaire pour en optimiser le rendement.

Une autre vision de l’horlogerie

Un pas plus loin, c’est le grand saut dans l’univers du… tricot avec une machine-outil japonaise Shima Seiki, à même de réaliser une robe au complet sans aucune couture. Une percée certainement digne d’intérêt pour l’industrie si les robots à tricoter devaient être capables de réaliser les mêmes prouesses avec des fils de métal. Une solution actuellement à l’étude. Autre étude, encore plus surprenante et présente sur le stand voisin : un système basé sur la technologie haptique. Par analogie à l’acoustique ou à l’optique, l’haptique désigne la science du toucher. Dans cet ordre d’idées, une interface haptique reproduit les sensations réelles du toucher via un artefact manipulé à distance, en l’occurrence une boule articulée mise au point au sein d’un des laboratoires de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Rien à voir, donc, avec un quelconque processus d’automatisation ou d’usinage « artisanal ». C’est ici la main de l’homme qui reste aux commandes via une réalité augmentée permettant, par exemple, d’intervenir dans des environnements hostiles ou à l’échelle de l’infiniment petit. Loin d’être anxiogène et tueuse d’emplois, la technologie opérée dans ce type de champ d’application, pas très éloigné de ce qui se fait déjà en chirurgie, ouvre de nouvelles perspectives, notamment en termes de métiers d’art.

Une interface haptique reproduit les sensations réelles du toucher via un artefact manipulé à distance.

Pour terminer la visite, une halte chez Vacheron Constantin s’impose. La manufacture est en effet engagée dans un processus de numérisation de ses gigantesques archives qui va encore lui demander des années de labeur. En attendant, la Maison a déjà largement défriché le terrain avec l’EPFL+ECAL Lab – laboratoire commun à l’École polytechnique et l’École d’art de Lausanne – dans le but de mettre en valeur ce travail afin de proposer un véritable voyage virtuel au sein de l’univers historique Vacheron Constantin. Et pour y parvenir, une interface fédère et coordonne toutes les informations historiques de la Maison agissant par mots-clés repérés dans le gigantesque corpus de données déjà scannées. La présentation achèvera d’impressionner le chaland vu que l’« outil » se pilote via un écran tactile qui fait penser au film d’anticipation Minority Report de Steven Spielberg. On est certes plus là dans la « confection » horlogère au sens strict, mais lorsque l’on sait l’importance que revêt de nos jours l’authenticité des marques un tel espace narratif devient un argument imparable. C’est précisément cette autre vision de l’horlogerie que proposait le LAB. Une vision du futur.

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