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Swatch Sistem51 : pour quelle révolution ?
Baselworld

Swatch Sistem51 : pour quelle révolution ?

jeudi, 16 mai 2013
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Michel Jeannot
Journaliste spécialisé, BIPH

“L’éternité, c’est long, surtout vers la fin.”

Woody Allen

Michel Jeannot dirige, en Suisse, le Bureau d’information et de presse horlogère (BIPH), une équipe de journalistes collaborant avec une dizaine de médias dans le monde.

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4 min de lecture

Sistem51, le nouveau mouvement mécanique automatique de Swatch, sera assemblé et réglé entièrement par des machines. Une prouesse exceptionnelle qui devrait tout à la fois donner un coup de fouet à la Swatch et susciter des interrogations relatives à l’horlogerie mécanique.

Nick Hayek, CEO de Swatch Group, avait annoncé une révolution. Il a présenté à Baselworld le Sistem51, un mouvement mécanique à remontage automatique intégrant 51 composants – comme la première Swatch à quartz de 1983 – entièrement assemblé et réglé par des machines. Ce mouvement simplifié à l’extrême représente un bond spectaculaire pour l’horlogerie mécanique suisse. Il est sans doute aussi l’avancée la plus spectaculaire de l’histoire de Swatch depuis le lancement de la montre en plastique il y a 30 ans.

Ainsi, le nouveau mouvement automatique de Swatch est un concentré d’innovations tant dans ses caractéristiques que dans les processus de production qu’il met en œuvre. Ce bijou technologique – qui a nécessité le dépôt de 17 brevets – répond à un cahier des charges aussi simple que limpide : produire un mouvement mécanique 100% suisse le plus économique possible.

Ce mouvement Sistem51est aussi l’expression du potentiel de R&D de Swatch Group.

Au final, Sistem 51 est le premier mouvement mécanique au monde dont l’assemblage est 100% automatisé. Son échappement high-tech ne comporte pas de régulateur, son réglage est réalisé en usine par laser, il compte 51 composants – dont une seule vis – et présente une réserve de marche de 90 heures pour une fréquence de 3 Hz. Le mouvement Sistem51 est entièrement constitué d’ARCAP, un alliage de nickel, de cuivre et de zinc – que l’on avait aperçu jusqu’alors dans des mouvements Richard Mille ! – offrant d’excellentes qualités antimagnétiques. Quant à la masse oscillante, entièrement transparente, elle est réalisée dans un alliage synthétique à base de tungstène. Autre élément marquant : Swatch annonce une précision de -5/+5 secondes par jour pour ces modèles qui seront commercialisés dès le mois d’octobre à un prix (non encore finalisé) entre 100 et 200 francs suisses.

Au-delà de ses caractéristiques techniques, la nouvelle Swatch Sistem 51 est aussi – et le symbole est important – le premier développement entièrement post Nicolas G. Hayek, puisque moins de deux ans auront été nécessaires de l’idée à la présentation des premières montres fonctionnelles. Cette avancée porte assurément l’empreinte de Nick Hayek, fervent défenseur du bas de gamme Swiss Made, et des équipes d’ingénieurs de différentes entités du groupe (ETA, Nivarox, Comadur). De fait, ce mouvement Sistem51est aussi l’expression du potentiel de R&D de Swatch Group.

L’horlogerie suisse a-t-elle réellement la capacité de jouer - et de gagner - sur tous les tableaux ?
La Roskopf des temps modernes

Cette Roskopf des temps modernes et la technologie qu’elle embarque suffiront-elles à créer un nouvel engouement majeur pour la marque ? Si le succès sera assurément au rendez-vous, il est peu probable que la Swatch Sistem51 permette à la marque de revivre les périodes d’euphorie de la fin des années 80, lorsque la rareté était proportionnelle aux files d’attentes devant les boutiques.

Reste que cette Swatch Sistem51 représente un vrai bouleversement sur la scène horlogère dès lors qu’elle vient brouiller quelques messages forts entendus jusqu’ici. Il fut en effet un temps ou l’industrie de la montre était scindée en deux familles distinctes : les montres à quartz (bon marché) et les montres mécaniques (plus onéreuses). Avec son Sistem 51, Swatch est en passe de modifier ce référentiel et de brouiller les perceptions. Ainsi, il est désormais possible de produire une montre mécanique 100% Swiss Made et de la vendre – avec profit – à moins de 200 francs.

Il faudra dorénavant faire preuve de beaucoup de pédagogie pour expliquer la différence entre cette Swatch et les montres mécaniques de gammes moyenne et économique (plus encore lorsque ces dernières auront récupéré des technologies mises en œuvre pour la Sistem51). Il faudra aussi beaucoup d’habileté pour expliquer pourquoi les montres mécaniques animées de plusieurs centaines de composants sont moins précises, moins fiables et beaucoup plus onéreuses qu’une montre à 51 composants. L’horlogerie suisse a-t-elle réellement la capacité de jouer – et de gagner – sur tous les tableaux ? Swatch Group en fait aujourd’hui le pari. ■

Article paru dans le WtheJournal.com

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