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The Clock vaut à Christian Marclay le « Top 100 » du Time...
Histoires de montres

The Clock vaut à Christian Marclay le « Top 100 » du Time Magazine

lundi, 04 juin 2012
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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5 min de lecture
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The Clock, Lion d’or à la Biennale de Venise l’an dernier, propulse Christian Marclay au panthéon des personnalités les plus influentes de la planète. Le Time Magazine range l’artiste, récent invité de l’École cantonale d’art de Lausanne, en deuxième place de son « Top 100 » 2012.

Quel est le point commun entre le basketteur américain d’origine taïwanaise Jeremy Lin, l’actrice Viola Davis, le président américain Barack Obama, la chanteuse Rihanna, le financier Waren Buffet et l’artiste Christian Marclay. A priori, il n’y en a pas, pourrait-on dire. Un avis que ne partage pas le Time Magazine pour avoir sélectionné chacun de ces individus pour figurer dans son classement 2012 des 100 personnalités les plus influentes de la planète, rien de moins. Encore un répertoire ne servant qu’à faire mousser l’éditeur, aussi influent soit-il, qui se livre au petit jeu des couronnes de laurier inutiles. Peut-être pas tant que ça, si l’on considère le parcours de Christian Marclay, artiste d’origine suisse né en Californie vivant entre Londres et New York, qui figure en deuxième position de ce « Top 100 », précisément derrière Jeremy Lin.

Un travail herculéen

La raison de cette fulgurante ascension au pinacle des « grands » de la planète : The Clock, une installation vidéo « spectaculaire et hypnotique » de 24 heures, un travail « herculéen » consistant en un montage de plus de 3’000 extraits de films et séries télévisées où chaque plan évoque le temps qui passe, orchestré selon une chronologie qui suit l’heure en temps réel. Invité par l’École cantonale d’art de Lausanne (Ecal) pour parler de ses réalisations artistiques, Christian Marclay allait-il « festoyer » avec les étudiants pour célébrer cette renommée nouvelle ? Rien n’est moins vrai. D’une simplicité déroutante, dans une langue de Molière parfaite et réfléchie, Christian Marclay était venu parler… musique, comprise comme une « traduction sonore du temps ».

Lors d’une exposition tenue au musée d’Art moderne et contemporain de Genève, l’artiste était présenté comme un explorateur des « liens entre sons et arts plastiques, entre performances, concerts, sculptures et installations. Son travail se situe à ce point de rencontre et d’influence entre la musique la plus expérimentale et le monde de l’art et tire parti des relations expressives entre son et image ». Avec, en fil rouge, la technique du collage qu’il devait par la suite utiliser sur des supports vidéo. « Ce médium est devenu très accessible, expliquait-il lors de sa conférence. Tout comme le montage par ordinateur. Cette démarche n’incorpore toutefois plus le côté aléatoire et improvisé de la musique même si mon intérêt est dans la juxtaposition. Il s’agit de faire un lien entre des éléments disparates pour leur donner un sens nouveau. »

Déconstruction du temps

The Clock en offre la parfaite illustration. Une œuvre qui aura nécessité trois ans de travail, présentée pour la première fois à la galerie White Cube de Londres en 2010 puis à la galerie Paula Cooper à New York début 2011. Suivront Séoul, Moscou, Nottingham, entre autres, pour un couronnement à Venise, lors de la Biennale 2011, au terme de laquelle Christian Marclay recevait le Lion d’or du meilleur artiste. « Le mouvement des images a lieu en temps réel, mais la cohérence chronologique est fracturée en tous sens, explique le critique cinématographique Jean-Luc Lacuve. The Clock est un jeu avec l’expérience du récit traditionnel qui déconstruit la convention illusoire par laquelle une histoire au cinéma offre une durée convaincante. Réflexion sur le temps vu sur les horloges et perçu par l’ouïe, The Clock diffuse surtout un intense amour du cinéma, de la joie des films qui se propagent dans un immense mouvement où le temps prend d’innombrables directions et rompt toute séquence linéaire et narrative. L’œuvre est à la fois un hommage à l’histoire du cinéma vieille de plus de 100 ans et une affirmation du temps présent. »

Projeté en mai 2012 à Sydney à l’occasion de la réouverture du musée d’Art contemporain de la ville, The Clock fera halte cet été à New York, Atrium David Rubenstein du Lincoln Center, avant de rejoindre le Kunsthaus de Zurich fin août, qui présente l’œuvre en ces termes : « Vingt-quatre heures durant, on voit défiler, minute par minute et extrait de film par extrait de film, une montre-bracelet, un réveil, un clocher qui, tous, indiquent une heure effective du lieu où ils se trouvent. Et tout comme dans la vraie vie, ces minutes qui passent, tantôt d’une lenteur pénible, tantôt dans un rythme effréné, sont intégrées dans des milliers d’histoires humaines sans que l’on sache jamais ce qui se passera… dans la minute qui suit. » En route donc pour intercepter le train de 3 h 10 pour Yuma… Les files d’attente sont déjà en train de se constituer !

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