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Tout Cartier dans une pendule
Histoire & Pièces d'exception

Tout Cartier dans une pendule

mercredi, 12 décembre 2012
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Anaïs Georges du Clos
Journaliste indépendante

“Rien de grand ne s’est fait dans le monde sans passion.”

Georg Wilhelm Friedrich Hegel

« S’autoriser à tout penser, réfléchir avant d’écrire. »

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5 min de lecture

L’art de la pendulerie chez Cartier remonte à la fin du XIXe siècle. Si les pendules magnétiques fabriquées dans les années 1920 se dinguaient par leur sobriété, « Eden », le dernier opus de la marque, offre un retour au raffinement des années antérieures.

Cartier est l’une des rares maisons horlogères à avoir conservé un visuel à taille réelle de chacun de ses modèles depuis 1907. Les pendules Cartier sont ainsi répertoriées dans le « Cartier Collection Timepieces », un catalogue raisonné où l’on peut suivre les jalons de la production de la Maison depuis la fin du XIXe siècle. La pendule magnétique récemment présentée à la Biennale des antiquaires de Paris respecte à la lettre les codes du style Cartier, sobre et raffiné. À la croisée des chemins entre les modèles précieux du début du XXe siècle, l’ingéniosité des pendules mystérieuses qui ont suivi et la simplicité de celles marquées par la grande crise de 1929, elle aurait certainement plu à Louis Cartier.

Les pendules, incontournables accessoires des demeures de qualité de l’époque, donnent libre cours à la créativité de Louis Cartier.
Louis Cartier, créateur de style

Début XXe, tandis que Pierre Cartier part à New York et son frère Jacques à Londres, Louis, l’aîné des petits-enfants du fondateur, prend les rênes de la boutique parisienne, sise 13 rue de la Paix depuis 1899. Esthète et collectionneur, il préfère l’intimité des musées et la compagnie des antiquaires à l’effervescence du bureau. Personnage énigmatique, Louis Cartier est un témoin éclairé de son temps mais ne partage pas tous les enthousiasmes de ses contemporains. Il définit un style nourri de « modernisme » (décors minimalistes et lignes géométriques pures) et de son goût pour les miniatures indiennes, l’exotisme oriental et le mobilier Louis XVI. Il s’entoure de personnes talentueuses comme Jeanne Toussaint, l’emblématique directrice de la haute joaillerie à partir de 1933 à l’origine de la ligne « Panthère », qui traduit son inspiration en collections dont les codes sont désormais immuables : raffinement esthétique, harmonie des proportions et finesse d’exécution. Les pendules, incontournables accessoires des demeures de qualité de l’époque, donnent libre cours à la créativité de Louis Cartier.

La pendulerie, une tradition Cartier

La tradition de la pendulette de table chez Cartier, qui remonte à la fin du XIXe siècle, a véritablement pris son essor au début du XXe. Les premières pièces, en forme d’urne ou de vase, sont produites en 1904, inspirées du XVIIIe siècle français. Elles sont de petite taille et leurs chatoyants émaux sur fond guilloché rappellent ceux des œufs de Fabergé. Leur style va progressivement évoluer et trouver une expression géométrique et épurée chère à Louis Cartier, qui ne partageait pas l’engouement pour l’Art nouveau. Puis, en 1912, le chef d’atelier et brillant horloger Maurice Couët s’inspira des travaux du célèbre illusionniste et prestidigitateur français Jean-Eugène Robert-Oudin pour imaginer le « Modèle A », une pendule dite « mystérieuse » dont les aiguilles semblent tourner dans le vide. C’est en 1928 qu’il invente la pendule magnétique qui sera produite jusqu’en 1930. Réservées à la clientèle américaine, ces pièces ne pouvaient échapper à la Collection Cartier, notamment pour deux d’entre elles. La première, datée de 1928, reste dans les mains de la Maison. Quant à la seconde, présentée et vendue à la Biennale des antiquaires en 2010, elle a inspiré les designers Cartier pour le modèle « Eden » exposé en septembre 2012.

Pendule de table magnétique. Cartier New York, 1928 © Cartier
Eden, un condensé de l’esprit Cartier

Le principe de la pendule magnétique est simple et ingénieux : l’aiguille, une fleur d’orchidée pour « Eden », une tortue pour le modèle de 1928, flotte à la surface de l’eau. Elle est équipée d’un premier aimant, entraîné par un second fixé au mécanisme horloger et dissimulé sous le socle. Dans les deux cas, le mouvement de conception classique est doté d’un organe moteur, d’un organe de transmission, d’un échappement et d’un balancier. À la différence de Louis Cartier, qui se fournissait auprès des meilleurs fabricants externes, le mouvement de l’« Eden » a été entièrement conçu et produit en interne.

D’un point de vue esthétique, les deux pendules arborent une « lunette » en argent portant les chiffres romains noirs creusés et émaillés caractéristiques du style Cartier. La simplicité, crise oblige, du socle en marbre des Alpes suisses et du plateau en argent de la « Tortue » contraste cependant avec le raffinement joaillier de l’« Eden ».

Outre la difficulté de tailler, polir et assembler le jade et le cristal de roche, la profondeur de ce dernier opus a été une gageure pour l’équipe Cartier, notamment lorsqu’il a été question d’équilibrer le flotteur qui supporte la fleur d’orchidée. Quant aux finitions, rien n’a été laissé au hasard. Le remontoir se cache derrière un bouchon d’onyx et les aimants sont élégamment dissimulés dans une marqueterie de jade pour le socle et quelques précieux boutons de rubellite pour l’orchidée. Divin !

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