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Visite guidée

Toute l’audace et la tradition d’Audemars Piguet dans un musée

mardi, 14 juillet 2020
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Depuis fin juin, le Musée-Atelier d’Audemars Piguet au cœur de la vallée de Joux est ouvert au public. Avec son architecture d’avant-garde conçue pour mettre en valeur l’extraordinaire savoir-faire horloger d’une Maison fondée en 1875, le lieu mérite respect et admiration.

Depuis quelques années déjà, nombre de musées à travers la planète sont en train de se réinventer, tentés par de nouvelles scénographies ou intéressés par l’apport du multimédia, quand ils n’ont pas recours à des approches totalement iconoclastes du concept même d’exposition. Avec son nouveau Musée-Atelier, inauguré sur son site d’origine au Brassus, en plein cœur de la vallée de Joux (visites sur réservation seulement), Audemars Piguet a adopté une approche quelque peu différente, confiant à l’architecture du lieu l’essentiel de la mise en scène. Autant dire que le pari est gagné. Une fois l’accueil de la manufacture franchi, le visiteur est en effet dirigé vers un impressionnant hall d’entrée, question de jeter un premier coup d’œil sur la campagne environnante. Mais le meilleur est encore à venir, traduction « en dur » de l’audace et de l’innovation chères à cette Maison familiale créée en 1875 encore aux mains de familles fondatrices. Une exception rare.

Un musée pensé comme une montre

La visite peut donc commencer dans cet impressionnant bâtiment conçu par le bureau BIG de l’architecte danois Bjarke Ingels, à qui l’on doit notamment le campus Google et la tour du World Trade Center 2 à New York. Un bâtiment en forme de colimaçon qui se fond dans la nature, avec des façades de verre à demi revêtues d’un treillis de laiton comme aspirées par la pente verdoyante menant au marais en contrebas. Prouesse technique, l’ensemble des dalles en béton formant la toiture est tenu uniquement par les parois de verre incurvées, elles-mêmes constituées de plusieurs couches accolées afin de servir de murs porteurs. Le souci du détail est bien évidemment omniprésent. Les parois de verre ont été étudiées et conçues pour évider toute déformation optique. Résultat, l’effet de transparence est total, quel que soit le positionnement du visiteur dans ses déambulations. La forme même d’une double spirale donnée au musée ne doit rien au hasard, rappelant le fameux spiral des calibres horlogers qui en constituent le pouls mécanique.

Musée-Atelier d’Audemars Piguet
Musée-Atelier d’Audemars Piguet

Pour être précis, ce « musée pensé comme une montre » est en fait une extension du premier lieu d’exposition imaginé par Audemars Piguet. C’est en 1992 déjà que le bâtiment d’origine, demeure historique de la famille Audemars datant de 1868, est en effet transformé en musée, agrandi une première fois en 2004. Pour l’occasion, l’édifice a été entièrement rénové pour accueillir les visiteurs dans un univers de boiseries et de pierres anciennes. Connectée à la spirale de verre, cette « Maison des fondateurs » accueille désormais les registres et les archives de la Manufacture ainsi que le département du Patrimoine. On y trouve également la Fondation Audemars Piguet, qui œuvre depuis 1992 à la conservation des forêts et, le saint des saints : l’atelier de restauration de la Maison, qui a trouvé sa place au dernier étage de la bâtisse, à l’endroit même où Audemars Piguet est né il y a 145 ans. Le sous-sol aux plafonds voûtés est quant à lui dévolu aux expositions temporaires en lien avec le rayonnement international de la marque.

Un univers riche et fascinant

Le parcours débute avec une première mise en perspective de toute la profondeur historique de la Maison, dont les racines généalogiques remontent au XIIIe siècle du côté des Piguet et au XVI siècle en ce qui concerne les Audemars. Des pères fondateurs, on retient très vite une inclination quasi naturelle vers le monde des grandes complications qui ont fait la réputation de la Maison. De pièces historiques en réalisations contemporaines, on découvre ainsi les quantièmes perpétuels, répétitions minutes et autres chronographes qui conduisent quasi naturellement vers la « reine » de l’exposition, à savoir la montre de poche L’Universelle, une pièce ultra-compliquée réalisée en 1899 et dont les 1’168 composants animent plus d’une vingtaine de fonctions. Le parcours se poursuit devant quelques pièces exceptionnelles en termes de miniaturisation, de mouvements extra-plats et de métiers d’art, avant de découvrir quelques chapitres de la conquête internationale de la Maison qui en a fait une intime du shah d’Iran ou du Président américain Dwight Eisenhower.

Musée-Atelier d’Audemars Piguet
Musée-Atelier d’Audemars Piguet

Pour donner vie à son nouveau site d’exposition, Audemars Piguet a également décidé d’y implanter certains des ateliers les plus prestigieux de la manufacture. On peut ainsi découvrir, en remontant la seconde spirale, le travail des horlogers sur les grandes complications de la Maison, accompagnés par des artisans d’art à l’œuvre sur certaines pièces joaillières. Mais l’exposition ne serait certainement pas aboutie sans un volet consacré à la Royal Oak dessinée par Gérald Genta en 1972 et à sa « petite » sœur de 1993 la Royal Oak Offshore. On découvre ainsi quelques-unes des multiples déclinaisons de ces modèles dont le succès ne s’est jamais démenti depuis leur lancement. Pas question toutefois de noyer le visiteur sous une pléthore de montres. En 300 pièces au total, Audemars Piguet fait la démonstration de toute l’étendue de son savoir-faire à travers les âges. Celui-ci a assurément trouvé un écrin à sa mesure.

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