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Ulysse Nardin relève ses prix pour contrer l’euro
Economie

Ulysse Nardin relève ses prix pour contrer l’euro

Wednesday, 30 June 2010
Par La rédaction
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4 min de lecture

Lors du récent Reuters Global Luxury Summit, Rolf Schnyder, patron d’Ulysse Nardin, a indiqué qu’il avait déjà relevé ses niveaux de prix en euro pour contrer la baisse de la monnaie unique. Il s’attend à une progression des ventes de 20% à 25% cette année.

Au début juin, l’euro avait perdu 4% face au franc suisse depuis le début de l’année, une baisse largement contenue par les interventions de la Banque nationale suisse. Depuis, le dérapage s’est accentué à 11,3% sur les six premier mois de l’année avec un change EUR/CH à 1,32. Cette évolution n’est pas sans poser problème pour les marques qui consolident leurs comptes en en franc suisse, les pertes de change venant gommer les marges. La plupart d’entre elles doivent ainsi se résigner à ajuster leurs prix, en sachant qu’une telle solution n’est pas sans danger face à une consommation atone sur le Vieux continent. Selon les dernières statistiques de la Fédération de l’industrie horlogère suisse, les exportations du secteur en Europe n’ont en effet connu qu’une progression de 2,5% en valeur entre janvier et mai 2010, contre 30,2% en Asie et 13,5% aux Amériques.

Dans ce contexte, la pesée d’intérêt est des plus délicates entre relèvement des prix, un handicap concurrentiel, et pertes de change, une charge financière. Pour Ulysse Nardin, la question ne s’est pas posée très longtemps. « Nous avons ajusté tous nos prix dans la zone euro il ya une semaine, déclarait début juin Rolf Schnyder, président et chef exécutif de la marque, lors du Sommet mondial du luxe tenu par Reuters à Paris. Nous avons adopté un taux de change de 1,40. Si nous avons dû ajuster les prix, c’est essentiellement parce que les détaillants commençaient à se plaindre. Nous avons donc augmenté nos prix de l’ordre de 4% à 5%. D’une manière plus générale, je ne suis pas inquiet quant à l’impact de la crise européenne de la dette. Elle affecte davantage les marques de milieu de gamme car les classes moyennes sont celles qui souffrent le plus de la situation ». Pour Ulysse Nardin, l’évolution des ventes est à nouveau positive depuis la fin de l’année dernière. Le marché américain est en forte reprise, comme l’attestent les ventes de mai en hausse de 35%, portées il est vrai par un effet de base largement positif, selon les précisions de Rolf Schnyder. Et d’ajouter : « la Russie et la Chine se comportent également très bien. Sur l’ensemble de l’année, je m’attends à une progression des ventes de 20% à 25%. »

L’indépendance avant tout

Ulysse Nardin, fondé en 1846 au Locle par un jeune horloger du même nom, réalise des montres haut de gamme proposées aux prix moyen de CHF 18’000.- ($ 15’620.-) avec une entrée de gamme à quelque CHF 6’000. Certains modèles complexes, comme la Gengis Khan Tourbillon Répétition Minutes, peuvent toutefois aller au-delà des CHF 700’000, selon les indications de Rolf Schnyder à Reuters. Dans un secteur horloger de plus en plus consolidé – les quatre premiers groupes accaparant 37% de cette industrie d’après une étude de Berstein –, Ulysse Nardin pourrait être une cible intéressante selon les analystes financiers. « Ulysse Nardin est une marque qui s’inscrirait très bien dans le portefeuille de tous les grands groupes, déclarait récemment René Weber, analyste auprès de la banque suisse Vontobel. Il n’y aurait que très peu de doublons ».

A la question de savoir s’il avait été approché par le Groupe Swatch, Richemont ou LVMH, Rolf Schnyder, propriétaire de la marque depuis 1983, a déclaré: « en effet, mais je ne dirai pas par lequel des trois. En fait, c’était même à la foire de Bâle de cette année ». Un intérêt qui semble également se manifester en Asie. « Certains groupes asiatiques aimeraient bien posséder une entreprise suisse du secteur, indiquait Rolf Schnyder. Comme on le voit, l’Asie n’est pas en train dormir ». A ses yeux, l’indépendance est toutefois la mère des vertus et procure de nombreux avantages : «les détaillants préfèrent travailler avec des indépendants qui sont plus souples et plus réactifs ». Et d’ajouter avoir déjà en tête le nom de son successeur, un nom bien évidement tenu secret.

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