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Un anniversaire prometteur ?
Economie

Un anniversaire prometteur ?

Thursday, 03 September 2015
Par Fabio Teta
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Fabio Teta

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4 min de lecture

Après la publication des statistiques horlogères de juillet 2015, qui font état d’un recul des exportations helvétiques de 9,3 %, quelques réminiscences du passé devraient amener un peu de baume au cœur. Il y a quarante ans, la branche posait les jalons de sa résurrection.

Les chiffres de la branche horlogère sont cette fois sans appel. Après une progression de 3,2 % lors du premier trimestre de l’année, les exportations horlogères sont entrées dans une phase de fléchissement. La baisse de 2,2 % enregistrée au deuxième trimestre est ainsi lourdement confirmée par la chute de 9,3 % observée en juillet dernier. Commentaire de la Fédération de l’industrie horlogère suisse : « Les principaux marchés asiatiques se sont tous inscrits en recul et ont pesé de tout leur poids sur ce résultat. Dans son ensemble, l’Asie a indiqué un niveau en diminution de 21,4 %. » Une fois de plus, l’Asie vient donc perturber le ciel azuréen des horlogers suisses. Mais si l’histoire se répète, les raisons sont cette fois tout autres. Il y a quarante ans, c’est la déferlante du quartz « made in Japan » qui sapait les fondements mêmes du décompte mécanique helvétique. Aujourd’hui, c’est le ralentissement chinois qui tiédit les ardeurs des ressortissants du pays, désormais premiers consommateurs de montres suisses. Et c’est encore sans évoquer la montre connectée, que d’aucuns voient causer un marasme comparable à celui engendré par les garde-temps électroniques il y a plus de quatre décennies.

En 1975, les talents sont là, mais pas encore tous éclos.
Une Suisse malmenée

Depuis les années 1970, on ne saurait toutefois gommer la reconquête réalisée par les professionnels suisses et l’avènement de produits qui exercent de nos jours une quasi-hégémonie sur les marchés. En ce sens, il n’est pas vain d’évoquer le 40e anniversaire de la résurrection horlogère helvétique comme le fait le magazine français Le Point : « En cette année 1975, la Suisse est malmenée. Par le quartz, d’une part, mais aussi par une industrie trop orientée valeur, pas assez volume. Pourtant, en 1975, les talents sont là, mais pas encore tous éclos. » Quelques jalons ? Ce millésime 1975 marque en effet la naissance de Felix Baumgartner, fondateur avec Martin Frei de l’iconoclaste Urwerk. Cette même année, Romain Gauthier vit le premier jour de son existence menée comme une odyssée qui le voit aujourd’hui accoster les mêmes rivages que Philippe Dufour.

En 1975 toujours, Nicolas Hayek fait la connaissance d’Ernst Thomke, patron d’ETA, et de l’ingénieur Jacques Muller. Une rencontre qui enfantera la Swatch dont la genèse et l’essor sont déjà entrés dans l’histoire horlogère par la grande porte. En 1975 enfin, Zenith décide d’embrasser la destinée électronique sans retenue. La manufacture met au rebut ses calibres mécaniques et les machines pour les produire. « Un ouvrier, Charles Vermot, refuse cette abdication, précise Le Point. Il récupère à son compte tout ce qui permet de produire le calibre El Primero. Quarante ans plus tard, Zenith lui doit tout : 80 % de ses collections sont animées de ce mouvement. »

Des hommes et des montres

D’autres figures, aujourd’hui incontournables dans le paysage horloger suisse, tendent également à émerger. À commencer par Jean-Claude Biver, qui fait ses premières armes chez Audemars Piguet et Omega avant de redonner vie à Blancpain. L’année 1975 est également marquée par l’arrivée d’Alain-Dominique Perrin à la tête de Cartier. Il y restera jusqu’en 1998, faisant de la Maison le joyau de la couronne Richemont. Ou encore par le passage de Luigi Macaluso chez Girard-Perregaux, une marque qu’il va redresser et acquérir en 1992. Le même millésime a souri à Raymond Weil, dont la date de fondation remonte précisément à 1975, tout comme pour Maurice Lacroix. C’est en 1975 également que Michel Parmigiani lance sa marque en s’installant à Fleurier et que Vincent Calabrese fait de même, quelques années avant de créer son fameux mouvement baguette qui anime les modèles Golden Bridge de Corum. C’est en 1975 encore que George Daniels met au point son désormais célèbre échappement co-axial, marque de fabrique des mouvements Omega.

Avec le recul, un tel foisonnement montre bien que l’horlogerie suisse est restée un terreau fertile même durant les années de vents contraires. Qu’en est-il aujourd’hui au moment où ceux-ci se lèvent à nouveau ? Il suffit de se pencher sur l’actualité horlogère pour comprendre que la volonté de les dompter est plus forte que jamais. Après tout, un 40e anniversaire doit se fêter dignement.

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