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Un énorme appel d’air dans la montre mécanique depuis dix...
Points de vue

Un énorme appel d’air dans la montre mécanique depuis dix ans

vendredi, 24 octobre 2008
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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7 min de lecture

Chopard, c’est 75’000 pièces de joaillerie et 75’000 montres produites par année ; Chopard, c’est également 700 personnes à Genève, 130 à la manufacture de Fleurier et 1’750 dans le monde. La Maison, qui revendique aujourd’hui une intégration complète des métiers horlogers, rejoint la Fondation de la Haute Horlogerie (FHH). Entretien avec son co-président Karl-Friedrich Scheufele. Propos recueillis par Christophe Roulet

Quelles sont les raisons qui ont incité Chopard à rejoindre la Fondation de la Haute Horlogerie ?

Karl-Friedrich Scheufele, co-président de Chopard : Nous nous identifions pleinement aux valeurs prônées et défendues par la Fondation de la Haute Horlogerie. C’est la raison essentielle qui nous a incités à la rejoindre. De plus, la FHH assure une formation à différents niveaux dans le monde, ce qui est très important dans notre métier. Sans oublier le réseau d’informations qu’elle offre, notamment avec son site Internet qui est exhaustif et de qualité. En un mot, nous nous identifions à la Fondation compris comme un organisme qui défend les valeurs que l’on représente et qui sait les communiquer. Dans notre domaine, énormément d’efforts sont portés au niveau des calibres horlogers, il est donc de première importance de savoir en parler.

Comment voyez-vous l’évolution de la Haute Horlogerie où les participants sont de plus en plus nombreux ?

Cette dernière décennie, il y a eu un énorme appel d’air dans le domaine de la montre mécanique. Dans l’histoire horlogère, il n’y a jamais eu autant de nouvelles constructions, de nouvelles complications et de nouvelles marques. En bref, un enthousiasme général pour ce domaine particulier de l’horlogerie qui s’est traduit par de nombreux efforts réalisés par les Maisons, en grande majorité très positifs et pleins de discernement. Il faut cependant bien avouer que certaines d’entre elles ne respectent pas les codes de la Haute Horlogerie, ce qui peut être dommageable pour l’ensemble de la profession.

L’évolution de ces dernières années indique clairement une montée en gamme de l’ensemble du secteur horloger. Comment analysez-vous cette tendance ?

D’une manière générale, une telle montée en gamme favorise l’innovation, la recherche et tout ce qui leur est lié. Mais j’y vois quand même un danger, celui d’oublier ces amateurs de montres qui ne peuvent pas suivre une telle évolution au niveau budgétaire. La Haute Horlogerie ne consiste pas uniquement à faire rêver, elle doit également rester accessible.

Comment se situe Chopard dans cette galaxie ?

Chopard dispose d’une longue tradition horlogère mais qui a été interrompue au niveau de la conception et de la fabrication de mouvements. C’est pourquoi nous avons décidé de renouer avec nos racines de Maison de Haute Horlogerie en recréant une manufacture à Fleurier, dans le but de produire nos propres mouvements qui forment la gamme L.U.C. Mais celle-ci est encore jeune. Je vois toutefois cette jeunesse comme un avantage car elle nous permet de nous exprimer avec liberté, sans trop tenir compte d’une tradition par trop ancienne qui pourrait, dans certains cas, être considérée comme un frein. Notre récente ligne L.U.C Tech en est une parfaite illustration avec des modèles qui représentent une synthèse entre innovation et tradition.

Pouvez-vous donner quelques indications sur la marche des affaires en cette fin d’année 2008 ?

Même si l’année a extrêmement bien commencé, il faudra en attendre la fin pour se faire une idée précise. Les récents événements intervenus sur les marchés financiers, tout comme le retournement conjoncturel en cours, font que l’on doit rester prudent et prêt à un certain ralentissement. A l’heure actuelle, nous n’avons aucune visibilité. Ce que je constate, c’est que les marchés n’inspirent plus guère confiance. Il faut maintenant attendre pour savoir si nous faisons face à un phénomène de longue durée ou non.

Avec le recul comment analysez-vous le développement de Chopard en tant que manufacture horlogère ?

Ce que je constate, c’est que le « timing » était bon et que je me suis montré plutôt réaliste dans mes prévisions. Je pensais en effet qu’il faudrait bien une dizaine d’années pour pouvoir jeter les fondements d’une manufacture dotée du savoir-faire nécessaire. Or aujourd’hui, nous disposons effectivement d’une bonne base industrielle et artisanale nous permettant d’être performants dans la Haute Horlogerie, certes encore à petite échelle. Nos collections L.U.C. représentent en effet 4’000 à 5’000 pièces sur un total de 75’000 montres produites par année chez Chopard. Notre défi aujourd’hui consiste donc à étendre ce savoir-faire et à passer à la vitesse supérieure. Cela dit, si la volonté est effectivement d’augmenter les volumes de nos modèles L.U.C., nous sommes bien obligés de tenir compte des délais de livraison sur tel ou tel composant, qui comme vous le savez, sont toujours assez aléatoires. De plus, il est hors de question de faire des concessions à la qualité, de sorte que nous allons avancer avec prudence, sans sauter d’étapes. Enfin, si je devais retenir une seule leçon de cette aventure, c’est que lors du lancement, je n’ai pas véritablement apprécié les difficultés à leur juste valeur. Si l’on sait ce qui nous attend, cela décuple le courage pour parvenir aux objectifs visés.

Où en est Chopard dans le développement de son réseau de boutiques ?

Nous avons largement dépassé la centaine de boutiques et nous augmentons le nombre de points de ventes détenus en propre. L’an dernier, nous avons inauguré notre première boutique de nouvelle génération, un concept que nous allons étendre, notamment à Singapour cette année encore si tout se passe bien.

On parle de plus en plus du contrôle qualité et du service après-ventes comme des éléments clés pour le futur. Qu’en pensez-vous ?

Avec toutes les pièces mécaniques vendues ces dernières années, la population mondiale de ce type de montres représente en effet un défi pour l’horlogerie. Or il faut bien l’avouer, la profession n’est pour l’instant pas à même d’assurer ce service dans des délais satisfaisants. On a pourtant identifié le problème il y a longtemps. Mais cela nécessite beaucoup d’efforts, d’autant que l’horlogerie suisse est faite de nombreuses petites entités. C’est là qu’entrent en jeu les avantages offerts par une manufacture. Dans la mesure où tout se fait chez nous, il est aussi plus facile d’intervenir sur les pièces et composants qui sortent directement de nos ateliers. Assurer, sur la plus longue période possible, un service après-ventes qui tient la route représente donc bien une véritable gageure pour la profession dans les années à venir.

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