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Un gentleman horloger nommé Chopard
Points de vue

Un gentleman horloger nommé Chopard

vendredi, 16 mai 2014
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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5 min de lecture

On connaît les L.U.C, Mille Miglia, Happy Diamonds et autres Imperiale, soit autant de collections Chopard qui prennent place dans l’univers de la Haute Horlogerie. Mais sait-on ce qui les anime ? Entretien avec Karl-Friedrich Scheufele, coprésident de la Maison.

Quoi que Chopard entreprenne, la marque le fait avec classe et cette pointe de brio qui suscite l’admiration. Non que la Maison soit aux avant-postes des dernières innovations, des dernières technologies, elle n’en répond pas moins « présent » quel que soit le domaine considéré : industrialisation de son outil de production, hautes fréquences, grandes complications horlogères, développement durable, métiers d’art. Alors que Chopard déroule le tapis rouge du Festival de Cannes, dont elle est partenaire officiel depuis 1998, Karl-Friedrich Scheufele, coprésident de la marque, revient sur les grandes options de l’année horlogère en cours.

Vous avez récemment fait part de l’acquisition de la marque Ferdinand Berthoud. Pourquoi ce rachat ?

Karl-Friedrich Scheufele : J’avoue que j’ai découvert cet horloger du xviiie siècle lorsque je cherchais des garde-temps historiques pour notre musée Luceum à Fleurier. J’ai ainsi pu acquérir certaines de ses pièces et des éléments de littérature s’y rapportant. Mais je n’en suis pas resté là, car j’ai développé une véritable passion pour cet homme et son œuvre. Il y a six ans environ, un investisseur avait toutefois manifesté l’intention de relancer la marque. Comme rien ne se passait, je lui ai racheté les droits sur le nom Ferdinand Berthoud et je nourris aujourd’hui des projets à la hauteur du personnage. Cet horloger mérite assurément une attention toute particulière. Nous allons donc présenter des montres dignes de son nom qui vont sortir de notre Manufacture à Fleurier mais qui ne seront assurément pas des Chopard L.U.C reconverties.

Quand j’ai appris qu’après 16 ans d’absence Porsche comptait revenir dans le Championnat du monde d’endurance, mon sang n’a fait qu’un tour.
Karl-Friedrich Scheufele
Vous venez d’annoncer un partenariat avec Porsche. Dans la mesure où Porsche Design ne travaille plus sous licence avec Eterna, verra-t-on bientôt des montres Porsche by Chopard ?

Certainement pas. Il ne faut pas confondre les deux entités. Porsche Design n’a rien à voir avec Porsche Motorsport, entité avec laquelle nous avons conclu un partenariat il y a quelques semaines. Il faut savoir que, personnellement, je suis un « porschiste » depuis de longues années. Je possède même un tracteur historique de la marque, c’est tout dire. Alors, quand j’ai appris qu’après 16 ans d’absence Porsche comptait revenir dans le Championnat du monde d’endurance, dont font partie les 24 Heures du Mans, mon sang n’a fait qu’un tour. D’où ce nouveau partenariat dans le monde automobile qui m’est cher comme en atteste la présence de la marque dans les courses Mille Miglia et le Grand Prix de Monaco Historique. Avec Porsche Motorsport, tout est allé si vite que nous n’avons pas encore pu réellement présenter les fruits de cette nouvelle collaboration. Affaire à suivre, donc…

Pour revenir à Chopard, où en êtes-vous avec Fleurier Ebauches, la dernière entité du Groupe qui doit équiper la marque en mouvements de base ?

Le rythme d’avancement est des plus soutenus. Nous devrions ainsi produire 10’000 mouvements cette année, ce qui est à la fois beaucoup et pas assez. Cela dit, nous avançons selon nos prévisions, tout en sachant que les problèmes d’industrialisation au niveau de ces calibres de base sont tout aussi difficiles à résoudre que ceux qui se posent pour nos mouvements L.U.C dans le segment de la Haute Horlogerie. Cela dit, force est de constater que la décision du groupe Swatch de cesser progressivement les livraisons de mouvements et composants a obligé la profession à s’organiser différemment. Nous avons eu la chance d’anticiper cette évolution.

Où en êtes-vous dans la couverture de vos besoins ?

Nous produisons environ 80’000 montres par année dont plus de la moitié est dotée de mouvements mécaniques. De cette moitié, 20 à 25 % des pièces sont équipées de calibres Chopard dont, maintenant, des modèles femme comme la Happy Sport Automatic dévoilée en 2013 qui s’enrichit cette année d’une version or et acier. L’intérêt de la part de notre clientèle féminine pour des garde-temps mécaniques grandit de jour en jour.

Vous présentez cette année une L.U.C Tourbillon QF Fairmined. Pouvez-vous préciser ce qu’il en est avec cette édition limitée à 25 exemplaires ?

QF signifie « Qualité Fleurier », une certification qui nous est chère. Parmi les Maisons horlogères qui y ont recours, Chopard est celle qui certifie le plus de pièces avec, à ce jour, un millier de montres estampillées Qualité Fleurier. Comme il s’agit probablement d’un « label » parmi les plus contraignants de la profession, notre intention est non seulement de le faire connaître davantage mais également d’augmenter les volumes d­e montres Chopard qui auront passé les tests avec succès. Je tiens également à relever que la machine Fleuritest, d’une rigueur extrême lorsqu’il s’agit de passer les dernières épreuves, car elle simule la montre au porter sans aucune concession, nous a grandement aidé dans le développement de nouveaux produits en termes de fiabilité.

L.U.C Tourbillon QF Fairmined
Qu’en est-il de l’appellation « fairmined » ?

Nous sommes déjà engagés, aux côtés du Responsible Jewellery Council, dans une démarche de développement durable en ce qui concerne la filière d’or. Nous nous sommes donc demandé si nous pouvions aller un pas plus loin dans la traçabilité de ce métal précieux dont nous utilisons quand même quelques milliers de kilos par an. Or nous nous sommes rendu compte qu’il était possible de soutenir directement des mines qui, avec l’aide d’ONG, travaillent dans cet esprit. Cet or « fairmined » découle de cette philosophie. Alors, certes, il s’agit pour l’instant de quantités symboliques par rapport à nos besoins et ce matériau noble estampillé « fairmined » coûte effectivement un peu plus cher en raison des programmes mis en place. Mais c’est assurément la bonne voie, de celles que Chopard est incontestablement prête à soutenir.

Un mot sur l’année 2014 ?

Assurément un bon millésime, en légère croissance comme l’an dernier.

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