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Un hommage « record » de Sotheby’s à Patek Philippe ?
Culture

Un hommage « record » de Sotheby’s à Patek Philippe ?

lundi, 1 septembre 2014
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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4 min de lecture

La vente du 11 novembre prochain promet d’ores et déjà d’être chaude. À l’occasion du 175e anniversaire de Patek Philippe, Sotheby’s proposera aux enchères la « supercomplication » Henry Graves livrée par la manufacture en 1933. Estimation de la pièce : CHF 15 millions. Un nouveau record programmé !

Peu de pièces horlogères ont traversé les âges auréolées d’une gloire grandissante au fil des décennies. La « supercomplication » Henry Graves de Patek Philippe fait assurément partie de celles-là. Montre de poche de tous les superlatifs, cette pièce est destinée à enflammer la communauté des collectionneurs en cette fin d’année. Et pour cause. Afin de fêter dignement le 175e anniversaire de Patek Philippe, une Maison qui, régulièrement, fait monter la fièvre au sein des salles de ventes aux enchères, Sotheby’s va la proposer à l’encan le 11 novembre prochain à Genève. Estimation de cette montre d’exception : CHF 15 millions. Autant dire que si elle atteint cette couche financière stratosphérique, la Henry Grave battra un nouveau record,fait dont elle est pour ainsi dire coutumière.

Réunir au sein d’une même entité science et beauté.
Tim Bourne et Daryn Schnipper
Un idéal fait de science et de beauté

Ce n’est en effet pas la première fois que cette Henry Grave se retrouve dans une salle de ventes. En 1999 déjà, elle avait été acquise, chez Sotheby’s également, par un collectionneur anonyme pour la « modique » somme de USD 11 millions, une enchère laissant loin derrière son estimation alors comprise entre USD 3 et 5 millions. Depuis, la montre pouvait être admirée au sein des collections du musée Patek Philippe à Genève et ce, jusqu’en 2012. À cette date, on apprenait que son propriétaire, le sheik Saud bin Mohammed bin Ali Al-Thani, membre de la famille royale du Qatar, avait rendu ce garde-temps à Sotheby’s, ainsi que d’autres objets de collection, pour couvrir des engagements financiers non tenus auprès de la maison de ventes aux enchères.

Commentaire de Tim Bourne et Daryn Schnipper à la tête du département international Montres de Sotheby’s à propos de ce « Saint Graal de l’horlogerie » : « La supercomplication Henry Graves représente l’idéal de la Renaissance pour réunir au sein d’une même entité science et beauté. En 1999, quand nous avons proposé pour la première fois cette œuvre d’art, il s’agissait sans aucun doute d’un grand moment dans nos carrières professionnelles respectives. D’autant que la vente a atteint un prix record jamais égalé depuis. C’est pourquoi nous sommes extrêmement privilégiés de pouvoir l’offrir une seconde fois. »

Elle est restée pendant 56 ans la montre la plus compliquée au monde.
Plus de 50 ans de règne

L’histoire de cette Henry Graves, qui porte le nom de son commanditaire, a largement fait le tour de la planète. On se souvient en effet de la petite guerre de prestige que se sont livrée au début du siècle dernier le banquier new-yorkais Henry Graves et l’industriel James Ward Packard d’Ohio pour savoir lequel d’entre eux posséderait la montre la plus compliquée et la plus prestigieuse au monde. Et tous deux de solliciter Patek Philippe pour réaliser l’exploit. En 1916 et 1927, James W. Packard recevait ainsi deux pièces exceptionnelles réalisées par la manufacture genevoise dotées de respectivement 16 et 10 complications dont une carte céleste pour la seconde. Inutile de dire que Henry Graves ne pouvait en rester là. Il avait d’ailleurs déjà avancé son propre pion sur l’échiquier, commandant en 1925 et dans le plus grand secret, toujours auprès de Patek Philippe, un garde-temps devant répondre à un cahier des charges des plus simples à formuler : la montre la plus compliquée jamais réalisée.

Quelque huit ans plus tard, trois pour la recherche et développement et cinq pour la réalisation, Henry Graves prenait ainsi possession de « sa » Patek Philippe, s’acquittant d’un montant de CHF 60’000. Cette pièce, qui compte plus de 900 composants animant 24 complications horlogères, n’a pas manqué sa cible : elle est restée pendant 56 ans la montre la plus compliquée au monde. C’est d’ailleurs Patek Philippe qui battait son propre record en 1989 avec la Calibre 89 et ses 33 complications, une montre conçue pour le 150e anniversaire de la marque. Depuis, la course à la montre la plus compliquée ne s’est jamais démentie avec de nouvelles manufactures sur les rangs comme Breguet, Franck Muller, Jaeger-LeCoultre ou Vacheron Constantin. La Henry Graves a toutefois ceci de particulier qu’elle a été imaginée et réalisée à une époque où les forces de calcul et les outils de précision n’émanaient pas de machines informatiques. Un ultime record le 11 novembre pour lui rendre un nouvel hommage ?

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