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Un morceau de tableau de maître au poignet
Histoire & Pièces d'exception

Un morceau de tableau de maître au poignet

mercredi, 17 mars 2021
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Editor Image
Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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5 min de lecture

Le détail d’un tableau de maître reproduit en peinture miniature sur le cadran d’une montre de Vincent Calabrese, telle est la teneur du récent projet Watch Museum initié par un passionné d’art.

« C’est une démarche baroque, notre vision est artistique. » Actif dans l’informatique à Genève, Cornelio de Bortoli est un passionné d’art. Art mécanique, mais aussi pictural. « L’expérience de ces deux univers est connexe, analyse-t-il. Si l’on aime l’horlogerie compliquée, on aime bien souvent aussi les grands tableaux. » Avec l’horloger Vincent Calabrese, « un ami de 10 ans », il vient de lancer Watch Museum. Ni marque, ni opération marketing, ni même une entreprise très lucrative, le projet offre la possibilité de fusionner les deux thèmes. À l’aide d’un configurateur, le client commence par choisir le détail – ou l’ensemble – d’un tableau de maître. L’image est ensuite reproduite à la main, selon la technique de peinture miniature, sur le cadran de la fameuse Heure Vagabonde, complication signature de Vincent Calabrese. Le tout pour moins de 15’000 francs suisses. Actuellement, 12 œuvres célébrissimes sont disponibles sur la plateforme, « mais des dizaines d’autres vont suivre », prédit déjà Cornelio de Bortoli.

Une toile vierge

Le projet démarre il y a deux ans. L’informaticien s’approche alors de l’horloger, qui lui donne aussitôt carte blanche. « Nous n’avons jamais parlé argent, si ce n’est pour fixer le prix de la montre, il y a quelques semaines seulement », sourit Cornelio de Bortoli. Si l’idée séduit immédiatement Vincent Calabrese, c’est qu’il l’a déjà expérimentée, sous une forme quelque peu différente : en 2017, son édition limitée Kronos présentait sur le cadran une œuvre originale du peintre japonais Shinji Himeno, représentant le dieu grec du Temps. Déjà, l’horloger avait opté pour l’Heure Vagabonde, une complication qui a l’avantage de congédier les aiguilles (hormis la trotteuse), offrant une toile vierge à l’artiste peintre. L’heure sautante apparaît ici dans un guichet, lequel pivote avec tout le cadran à raison d’un tour en une heure, indiquant au passage les minutes. Un brevet a été déposé pour ce mécanisme additionnel, entraîné par le mouvement automatique ETA 2892A2.

Toute œuvre possède des portes d’entrée. En peinture, ce sont les détails.
Cornelio de Bortoli

La plateforme digitale, quant à elle, est naturellement l’affaire de Cornelio de Bortoli. Le visiteur commence par choisir une œuvre parmi les 12 tableaux actuellement disponibles, de La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli au Rêve du Douanier Rousseau, en passant par Les Nymphéas bleus de Claude Monet ou encore La Nuit étoilée de Vincent Van Gogh. Et même une scène de la chapelle Sixtine, que l’on doit bien sûr à Michel-Ange. « Ce sont des choix personnels, précise le cofondateur de Watch Museum. Mais ces tableaux sont surtout emblématiques de l’histoire de l’art. » D’un simple clic, le visiteur peut alors visualiser l’œuvre sur la montre à l’écran. Vient ensuite le choix du détail : le configurateur offre la possibilité de zoomer, de déplacer la toile sur le cadran, puis d’en simuler une rotation accélérée. « Toute œuvre possède des portes d’entrée, souligne le passionné d’art. En peinture, ce sont les détails. »

Une expérience unique

Une fois la commande passée, entre alors en scène le peintre miniaturiste. Entre 80 et 100 heures de travail sont nécessaires à la réalisation à la main de chaque cadran. De plus, le client a la possibilité d’y faire inscrire une épigraphe cachée : dédicace, citation ou poème secret. « Nous travaillons avec trois artistes renommés, chacun offrant des talents particuliers », explique Cornelio de Bortoli. L’exécution est minutieusement documentée, jusqu’à l’assemblage final de la montre, par des photos et des vidéos. De quoi faire vivre de l’intérieur une expérience unique au futur propriétaire, qui se retrouve avec une œuvre originale, bien que reproduite. « Les musées sont bien sûr propriétaires des tableaux, mais pas des droits de reproduction, précise l’informaticien à ceux qui s’inquiéteraient de la légalité de la démarche. Il suffit que l’auteur soit décédé depuis plus de 70 ans et qu’une photo en haute définition soit disponible pour que nous puissions proposer une peinture. »

Détail des Nymphéas bleus de Claude Monet, une toile exposée au musée d’Orsay à Paris.
Détail des Nymphéas bleus de Claude Monet, une toile exposée au musée d’Orsay à Paris.

Ce qui permet à Cornelio de Bortoli de promettre un élargissement prochain de sa sélection : « Des dizaines d’œuvres supplémentaires, par exemple de Kandinsky ou de Paul Klee, vont être proposées à l’avenir. Le client de Watch Museum pourra même, dans les limites des règles évoquées, choisir une œuvre lui-même. » En attendant, à peine le site ouvert, une poignée d’intéressés se sont déjà manifestés et trois pièces sont en cours de réalisation. Une version féminine de 36 mm de diamètre est également à l’étude.


Watch Museum
Boîtier – Acier inoxydable/verre saphir
Diamètre – 40 mm
Fond – saphir
Cadran – noir ou blanc
Mouvement – ETA 2892A2 – Automatique
Autonomie – 42 heures
Fonctions – heure vagabonde, seconde centrale
Bracelet – cuir, 6 couleurs au choix
Étanchéité – 3 bar

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