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Un tourbillon à 15 950 dollars, une bonne affaire ?
Regards de connaisseurs

Un tourbillon à 15 950 dollars, une bonne affaire ?

lundi, 14 mars 2016
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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4 min de lecture

En posant cette question, le New York Times tente de comprendre comment un tel prix peut être considéré comme une aubaine et qui sont les amateurs prêts à débourser l’équivalent d’un loyer annuel pour porter au poignet le fruit d’une technologie complètement obsolète.

Annoncé à grand fracas en 2015, le tourbillon TAG Heuer se matérialise cette année sous la forme du modèle Carrera Heuer-02T fraîchement présenté avant Baselworld. Première précision, à $ 15 950 (EUR 15 500/CHF 15 800), cette montre, proposée par une Maison dont le prix moyen des produits se situe aux alentours de $ 3 000, est généralement considérée comme une excellente affaire. « Vraiment ? » s’interroge le New York Times, qui compare la valeur du garde-temps à celle d’une Honda tout juste sortie d’usine. Comment diable les aficionados peuvent-ils nourrir pareil sentiment pour une montre dotée d’un mécanisme similaire à celui d’un gyroscope et surtout consentir à la dépense, sûrs de leur fait ? Une mise en perspective s’impose : « Jusqu’à maintenant, un tourbillon “bon marché” était à trouver chez Montblanc avec son 4810 ExoTourbillon Slim pour $ 34 500, expose le quotidien. À l’autre bout du spectre, on trouve le Quadruple Tourbillon de Greubel Forsey au prix de détail de $ 815 000. En d’autres termes, il semble bien que TAG Heuer permette aux consommateurs de calculer leur budget sur la base d’une Honda pour finalement emporter une Bentley. »

La précision d’une montre est aux yeux de nombre de collectionneurs sa qualité première.
Chaque seconde compte

Mais si tout le monde sait pourquoi une Bentley coûte si cher, le commun des mortels a toujours de la peine à concevoir pourquoi un mécanisme horloger qui ne pèse pas plus lourd qu’une plume renchérit un garde-temps déjà onéreux d’un facteur de 1 à 10. Le New York Times prend donc la peine d’expliquer en quoi consiste le tourbillon breveté par Abraham-Louis Breguet au début du XIXe siècle, soit une cage rotative intégrant l’échappement composé du couple balancier-spiral qui sert à compenser les effets de la gravité sur la bonne marche du mouvement. Et de rappeler également le débat qui fait rage actuellement sur l’utilité dans une montre-bracelet d’un tel mécanisme que d’aucuns voient davantage comme un exercice de style et de virtuosité horlogère. Il n’en reste pas moins que la précision d’une montre est aux yeux de nombre de collectionneurs sa qualité première et que dans ces circonstances un tourbillon représente la complication horlogère ultime qui permet de l’obtenir dans une montre mécanique. À ce stade, chaque seconde compte ! Surtout pour tous ceux qui ne se fient pas à leur téléphone pour savoir l’heure avec une précision atomique.

TAG Heuer CARRERA Heuer-02T
Carrera Heuer-02T © TAG Heuer
L’obsolescence est un art

Comme pour les matières premières précieuses, la rareté est un phénomène qui a joué son rôle. Du moins jusque dans les années 1990, où la conception et la réalisation d’un tourbillon représentaient une difficulté mécanique d’importance. Comme tel n’est plus le cas et que les tourbillons ont proliféré comme une génération spontanée au sein de la profession, c’est l’ingénierie du dispositif qui agit pleinement, l’apparentant à une œuvre d’art cinétique.

L’horlogerie reste un art, comparé aux technologies actuelles qui engendrent des produits de masse, bon marché et jetables
Adam Craniotes, RedBar Group

« Même à cela, la simple idée de dépenser l’équivalent d’une année de loyer pour un mécanisme doté d’une valeur pratique négligeable et d’un cachet équivalant à zéro en comparaison, disons, d’une Bentley ou d’un Giacometti semble bel et bien défier toute logique », insiste le New York Times. Réponse d’Adam Craniotes, fondateur de RedBar Group, réseau international de collectionneurs : « Si l’on accepte le fait qu’une montre mécanique relève d’une technologie obsolète, ce qui est le cas, le tourbillon conçu pour résoudre le problème de montres de poche plus obsolètes encore nous conforte dans l’idée que l’horlogerie reste un art, surtout si on la compare aux technologies actuelles, qui engendrent des produits de masse, bon marché et jetables. Le tourbillon est le testament de notre capacité à célébrer et en vérité à chérir l’obsolescence comme un art ! »

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