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Un trio de choc pour une nouvelle formation en mécanique...
Culture

Un trio de choc pour une nouvelle formation en mécanique d’art

jeudi, 15 mars 2018
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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5 min de lecture

Denis Flageollet, fondateur de De Bethune, l’automatier François Junod et Nicolas Court, créateur d’objets mécaniques, inaugurent cet été une formation en mécanique d’art à Sainte-Croix. Question de perpétuer ce savoir-faire unique et original propre à la région.

Il aura fallu un coup de pouce administratif et la mobilisation des soutiens économiques de la région pour que le projet prenne corps avec le lancement, dès cet été, d’une formation en mécanique d’art. Lieu de résidence de ce nouveau cursus : Sainte-Croix, une bourgade de quelque 5’000 habitants dans les hauteurs du canton de Vaud, dont le passé industriel recèle quelques perles comme Paillard, fabricant à l’époque des machines à écrire Hermès mais aussi des célèbres caméras et projecteurs Paillard-Bolex, ou encore Thorens, connu mondialement pour ses platines audio pour disques vinyle. Mais s’il est un savoir-faire qui a largement contribué à la réputation de Sainte-Croix et qui, au temps de sa splendeur, occupait des dizaines d’entreprises, c’est bien celui lié à la fabrication de boîtes à musique. Une activité certes difficile à vitaliser à l’ère du tout-numérique mais qui perdure aujourd’hui avec Reuge, société fondée en 1865 qui s’est notamment distinguée ces derniers temps avec ses boîtes à musique réalisées en partenariat avec l’horloger MB&F.

L'androïde Pouchkine de François Junod
L'androïde Pouchkine de François Junod

Dans le but de préserver ce patrimoine, le Centre international de mécanique d’art (Cima), dépositaire notamment des boîtes à musique, automates et autres oiseaux chanteurs qui avaient fait la réputation des lieux, voyait le jour en 1985 à Sainte-Croix. Autre vocation du Cima, faire du prosélytisme dans le but d’attirer de nouveaux talents. Ce n’est ainsi pas un hasard si François-Paul Journe et Denis Flageollet, deux horlogers français, créaient à Sainte-Croix en 1989 la société Techniques horlogères appliquées (THA), qui s’est distinguée pendant une bonne dizaine d’années par ses réalisations de haute technicité au service des grandes Maisons horlogères. Nicolas Court, « créateur d’objets mécaniques qui font rêver », était lui aussi de l’aventure THA à une époque où il côtoyait Vianney Halter et le restaurateur d’horlogerie ancienne Dominique Mouret, tous deux également installés à Sainte-Croix avec leur propre atelier. Tout comme François Junod, le célèbre automatier à qui l’on doit notamment l’écrivain-dessinateur Pouchkine et la remarquable Fée Ondine présentée en 2017 par Van Cleef & Arpels.

De ce microcosme unique à Sainte-Croix devait bien sortir un nouveau projet d’envergure.
Un réel besoin de mécaniciens d’art

De ce microcosme unique en son genre devait bien sortir un nouveau projet d’envergure. Denis Flageollet, cofondateur à Sainte-Croix en 2002 de la manufacture De Bethune, François Junod et Nicolas Court s’y sont attelés. « Cela fait des années que le projet mûrissait, car nous étions tous les trois sur la même longueur d’onde en termes de transmission des savoirs, explique Denis Flageollet. Mais il manquait une vraie structure. C’est finalement avec l’aide de l’ancien directeur du Centre professionnel du Nord vaudois et des différents organismes de promotion économique de la région et du canton que le projet a pris une tournure nettement plus concrète. Aujourd’hui, nous sommes donc à même de lancer un premier module de formation ouvert à tout le monde qui aura lieu cet été sur un mois. Si l’expérience est concluante, nous allons réfléchir à un cursus plus poussé avec une formation certifiante prévue sur deux ans et destinée aux personnes déjà diplômées d’une école technique. »

De toute évidence, les compétences sont là pour assurer un tel enseignement vu le profil exceptionnel des formateurs.

Si, d’évidence, les compétences sont là pour assurer un tel enseignement vu le profil exceptionnel des formateurs, il ne fait pas de doute aux yeux de Denis Flageollet que les besoins en mécaniciens d’art sont d’importance. « Du côté horloger, il y a une certaine tradition qui perdure dans la mécanique d’art et qu’il faut absolument préserver, mais tel n’est pas le cas en ce qui concerne les automates ou les oiseaux chanteurs. Personnellement, si j’ai pu acquérir ces compétences, c’est essentiellement grâce aux travaux de restauration que j’ai pu effectuer sur des pièces anciennes. En alliant les connaissances de l’horloger et de l’automatier, on répond à un besoin. Ce n’est ainsi pas un hasard si les Maisons qui veulent réaliser des pièces musicales hors répétitions minutes viennent toutes à Sainte-Croix. Elles ont par ailleurs toutes besoin de chefs de projet à même de dialoguer avec les artisans en ces domaines. En un mot, le monde du luxe a tout à y gagner. » Premier rendez-vous à Sainte-Croix cet été.

DB28 Steel Wheels © De Bethune
DB28 Steel Wheels © De Bethune

Tous les détails sur le site : https://www.mec-art.ch
La plaquette est disponible à cette adresse : https://goo.gl/CXZqxo

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