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Une année horlogère en demi-teinte
Economie

Une année horlogère en demi-teinte

Tuesday, 16 December 2014
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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3 min de lecture
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Si l’horlogerie suisse devrait signer un nouveau record en 2014, franchissant le cap des 22 milliards de francs réalisés à l’exportation, l’heure n’est plus à l’euphorie. Le taux de croissance pour l’ensemble de l’année devrait s’afficher à quelque 3 %, contre 2 % en 2013.

Pour les producteurs de garde-temps helvétiques, l’année 2014, c’est un peu « Jean qui rit et Jean qui pleure ». Les uns affichent en effet une confiance inébranlable, comme Nick Hayek, qui l’affirme haut et fort : « L’horlogerie suisse n’est pas en crise. » Ou encore Richard Mille, qui s’excuserait presque de résultats annuels exceptionnels. D’autres en revanche ont la mine basse si l’on songe à Greubel Forsey, qui vient de supprimer une dizaine de postes sur les 115 que compte la manufacture. Une annonce qui n’est d’ailleurs pas isolée. TAG Heuer a ainsi biffé 46 emplois et introduit le chômage partiel dans son usine de Chevenez, tout comme Cartier dans la sienne à Villars-sur-Glâne.

(Source : © Fédération de l'industrie horlogère suisse)
Un monde moins sûr et moins prospère

Les résultats des grandes entreprises cotées donnent clairement le ton. Sur le troisième trimestre de l’année en cours, les ventes de LVMH (Zenith, Tag Heuer, Hublot…) dans son pôle Montres et Joaillerie sont en hausse de 2 %, ou de 3,5 % en ce qui concerne le chiffre d’affaires de Kering (Girard-Perregaux, Ulysse Nardin…) sur les mêmes mois ; hausse également de 2 % pour Richemont (Cartier, Jaeger-LeCoultre, Montblanc…) sur le premier semestre de son exercice en cours (avril-septembre). Quant à Hermès, si le groupe est en progression de presque 9 % sur les trois premiers trimestres de l’année, sa division horlogère marque le pas avec un recul des ventes de même ampleur sur la période, voire de 14,4 % entre juillet et septembre. Inutile de poursuivre l’énumération, la période euphorique pour l’horlogerie suisse, marquée par des taux de croissance à deux chiffres, fait partie du passé.

Ce ralentissement déjà observé en 2013 se reflète parfaitement dans les cours de Bourse de ces multinationales. Sur un an à fin novembre, les actions Swatch cèdent 20 % et celles de Richemont 1,4 %, alors que LVMH (+ 3,3 %) et Kering (+ 2,2 %) gardent tout juste la tête hors de l’eau. Seul Hermès fait mieux (+ 6,7 %). Les causes du coup de froid sont désormais largement connues. Des mesures anti-corruption en Chine aux manifestations de Hong Kong, de la crise en Ukraine à la récession qui menace en Russie, sans parler de la poudrière moyen-orientale et de la stagnation européenne, un monde moins sûr et moins prospère se reporte immanquablement sur l’industrie du luxe, même si la richesse des populations fortunées ne cesse de croître. À cet égard, l’étude de Bain & Co présentée en octobre denier est suffisamment claire. Le cabinet de conseil prévoit pour l’ensemble de l’année 2014 une petite croissance de 2 % des produits de luxe personnels (personal luxury goods) à EUR 223 milliards (CHF 268,25 milliards) et, dans cette catégorie, des ventes de EUR 35 milliards (CHF 42,1 milliards) imputables à la Haute Horlogerie, identiques à celles de 2013.

Un nouveau record.
L’hiver sera plus froid

Les statistiques de la Fédération de l’industrie horlogère suisse, peut-être moins défaitistes, vont toutefois dans le même sens. Après la progression de 1,9 % à CHF 21,8 milliards (EUR 18,1 milliards) enregistrés à l’exportation l’an dernier, l’ensemble de la profession a connu une hausse de 3,1 % à CHF 18,4 milliards (EUR 15,3 milliards) sur les 10 premiers mois 2014. En extrapolant ces chiffres sur l’ensemble de l’exercice en cours, on obtient une valeur de quelque CHF 22,5 milliards (EUR 18,7 milliards) attendue sur les produits horlogers écoulés hors des frontières. Un nouveau record. L’ensemble de la branche est toutefois loin de pavoiser et se prépare à un hiver plus froid.

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