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Une collection de trésors américains
Histoire & Pièces d'exception

Une collection de trésors américains

vendredi, 27 novembre 2009
Par Meehna Goldsmith
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Meehna Goldsmith

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6 min de lecture

Le Musée national de la Montre et de l’Horloge, situé dans le comté de Lancaster en Pennsylvanie, ne comptait pas plus de 1’000 modèles lors de son ouverture au public en 1977. Il abrite aujourd’hui plus de 12’000 pièces, qui en font la collection horlogère la plus complète d’Amérique du Nord.

Si le Musée national de la Montre et de l’Horloge (National Watch and Clock Museum – NAWCC) regroupe un ensemble d’horloges, de montres et d’outils du monde entier, la majeure partie de sa collection se concentre sur les garde-temps américains du 19e siècle, l’âge d’or de la révolution industrielle mais aussi celui de l’horlogerie américaine grâce à l’introduction d’un nouveau concept de production.

« Les modèles de prestige nous ont été offerts par les manufactures américaines désireuses de prouver que leur système de pièces interchangeables usinées était capable de produire des garde-temps aussi performants que les modèles importés, voire supérieurs, explique Carter Harris, conservateur du musée. Un grand nombre des technologies utilisées dans ce type de production était applicable à toutes les qualités de montres, conférant à ces dernières un rapport qualité/prix bien supérieur à celui des modèles d’importation puisqu’elles étaient plus précises et que leurs pièces interchangeables standardisées étaient plus simples et plus économiques à réparer. »

Ornements damasquinés

C’est à cette époque qu’ont vu le jour des manufactures telles qu’American Waltham, E. Howard, Hampden, Illinois, Elgin et United States Watch Company qui produisaient elles-mêmes toutes les composants de leurs montres, des cadrans jusqu’aux rubis des mouvements. Seuls les boîtiers étaient obtenus auprès de tiers. Les meilleurs mouvements, minutieusement ajustés, possédaient généralement des platines ¾ en nickel damasquiné dotées de 17 à 23 rubis. On utilisait souvent des rouages plaqués or et des chatons en or ainsi que des régulateurs micrométriques brevetés.

Les montres bénéficiant de tels mouvements haut de gamme étaient extrêmement onéreuses. Le modèle doté d’une platine ¾, 19 rubis et boîtier en or 18 carats d’United States Watch Company produit en 1872 était commercialisé à $400, tandis qu’un modèle similaire à 21 rubis proposé par l’American Watch Company était vendu à $250. À titre de comparaison, une montre « chemin de fer » classique avec platine pleine, 15 rubis et boîtier en argent coûtait environ $40, tandis qu’une montre de base à 7 rubis avec boîtier en nickel, ne bénéficiant d’aucun ajustement, coûtait environ $10.

Le prix de la montre ne se justifiait pas uniquement par les matériaux utilisés mais aussi par les décorations appliquées. Les Américains utilisaient beaucoup le damasquinage, procédé de gravure similaire au guilloché introduit en Amérique par la U.S. Watch Company de Marion, dans le New Jersey. Michael C. Harrold en propose une excellente description dans son ouvrage intitulé American Watchmaking, A Technical History of the American Watch Industry 1850-1930 : le damasquinage implique de faire tourner un goujon ou disque en bois revêtu d’une matière abrasive sur la surface de la platine. À l’aide de la pointe de l’outil, des sillons et des points sont ensuite incrustés dans les platines polies. À la place du bois, on peut utiliser d’autres matériaux comme l’ivoire. Récemment, l’apparition de machines programmables, qui permettent l’utilisation d’outils de différents diamètres sur les platines, ont multiplié les variétés de motifs.

United States Watch Company taille 18, calibre United States Watch Co., 19 rubis, ¾ platine, nickel dépoli et damasquiné, cacités des rubis en or, vis plaquées or © DR
United States Watch Company taille 18, calibre United States Watch Co., 19 rubis, ¾ platine, nickel dépoli et damasquiné, cacités des rubis en or, vis plaquées or © DR
Des montres pour gentlemen

Même si le damasquinage était très en vogue, on pratiquait également d’autres procédés décoratifs sur des platines bicolores comme celles du mouvement n°103 à 23 rubis de Hampden, doté de vis, de régulateurs et de rouages en or plaqué et gravé.

Le prix de la montre était également dû au travail extrêmement long d’ajustage des mouvements. « Les pignons, les pivots et les cavités des rubis devaient être polis avec minutie, les ressorts soigneusement ajustés et leur virole correctement fixée, tandis que les balanciers devaient être consciencieusement dégauchis et équilibrés », explique Harris. Une fois le réglage terminé, l’isochronisme devait être testé afin de vérifier la compensation thermique du balancier. Ce contrôle impliquait cinq positions pour les modèles les plus sophistiqués, à savoir 9:00, 12:00, 3:00, cadran vers le haut et cadran vers le bas. Pour satisfaire à ce test, une montre ne devait pas afficher d’écarts supérieurs à 30 secondes par semaine quelles que soient les conditions thermiques.

Ces mouvements ultra sophistiqués utilisés dans les montres de « gentlemen » étaient abrités dans des boîtiers en or 14 ou 18 carats. Il arrivait parfois que les meilleurs modèles « chemin de fer » soient dotés de boîtiers en or doublé 10 ou 14 carats. « S’il est vrai que ces mouvements bénéficiaient souvent d’un fort empierrage et d’une superbe finition, ils étaient avant tout destinés aux travailleurs qui auraient perçu un boîtier en or comme une véritable extravagance », note Harris.

Montres à adopter

Le musée abrite une vaste collection qui entraîne les visiteurs dans un voyage à travers les différentes époques. En sus de sa collection permanente, le musée propose également des collections spéciales par alternance. Vous y découvrirez actuellement les expositions intitulées Time and Exploration (Le Temps et l’Exploration) and A Sense of Time (L’Essence du Temps). Le musée ne se contente pas de retracer l’histoire de l’horlogerie puisqu’il a mis en place des programmes pédagogiques destinés à éveiller les vocations d’horlogers chez les jeunes visiteurs qui y trouveront de nombreuses activités interactives. Par ailleurs, une section de la bibliothèque est entièrement dédiée aux enfants.

Comme tous les musées publics, le NAWCC a besoin de soutien pour vivre. Il propose une formule d’adhésion qui donne accès à l’ensemble de ses ressources. Il a également lancé une initiative tout aussi charmante qu’originale : le programme d’adoption de garde-temps. À partir de $250, les donateurs peuvent adopter une montre pendant un an et voir leur nom figurer sur une étiquette à côté de leur protégée dont ils recevront également une photo. Leur nom sera également mentionné sur le site Web du Musée où se trouve la liste des horloges et des montres faisant partie du programme. Pour information, les montres mentionnées dans cet article sont toutes disponibles et attendent de trouver un foyer d’accueil. En les adoptant, votre nom restera à jamais gravé dans les annales de l’histoire horlogère.

National Association of Watch and Clock Collectors : www.nawcc.org

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