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Une contribution au « bonheur horloger brut »
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Une contribution au « bonheur horloger brut »

jeudi, 22 décembre 2016
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Rencontrés à la Dubai Watch Week, le designer Éric Giroud et le fondateur de MB&F Max Büsser ont en commun une passion pour la mesure du temps. Mais pas seulement. Au plus fort de la crise, ils positionnent leurs curseurs en haut de l’indice du bonheur horloger. Explications.

Depuis quelques années, l’indicateur absolu en matière de performance des nations, à savoir le Produit intérieur brut (PIB), apparu en 1934, est fortement remis en question pour ne pas tenir compte d’une notion pourtant fondamentale : le bien-être des populations. Raison pour laquelle d’autres systèmes de mesure sont apparus au rang desquels l’Indice du progrès social, qui commence à faire tache d’huile, ou encore le Bonheur national brut (BNB), qui a vu le jour au Bhoutan en 1972. Sans vouloir faire l’apologie de ce BNB, force est de constater que les quatre piliers sur lesquels il repose – développement économique, promotion de la culture, sauvegarde de l’environnement et gouvernance responsable – s’inscrivent pour le moins dans une bonne compréhension de la chose publique, de la res publica, comme disaient les Romains. Transposé dans le monde de l’horlogerie, trouvera-t-on quelque « État » pour afficher un BNB en croissance alors que l’indice classique du secteur, celui des exportations helvétiques, est dans le rouge depuis plus d’un an ? La réponse n’est certes pas évidente. Et pourtant, il existe des professionnels de l’horlogerie actifs dans une sphère où le BNB affiche une insolente santé. Le designer Éric Giroud et Max Büsser, fondateur de MB&F, en font partie. Ils étaient tous deux à la Dubai Watch Week.

Eric Giroud
Eric Giroud © Johann Sauty

Face à deux hommes qui parlent de la conjoncture actuelle en toute décontraction, impossible de ne pas tirer quelques parallèles, tout en remontant le cours de l’histoire. À l’aube du projet MB&F en 2005, on retrouve en effet Max Büsser en partance d’Harry Winston, attablé dans sa cuisine avec Éric Giroud en train de tirer des plans sur la comète. La comète atteindra d’ailleurs assez rapidement son orbite sur la base d’un concept novateur, celui de réunir autour de « machines horlogères » sorties de l’imagination de Max Büsser un collectif de concepteurs, techniciens et designers indépendants. Éric Giroud sera de la partie dès la genèse et tout au long de l’aventure qui a pris la forme cette année d’une HM8 Can-Am. Une aventure non dénuée d’écueils toutefois. « À trois reprises, nous avons frôlé la catastrophe, se souvient Max Büsser. La première fois parce que notre fabricant de mouvement a été racheté. Deux ans plus tard, en 2009, ce sont les commandes qui ont fait défaut. Puis en 2012, nous avons dû faire face à un retard de production des boîtiers de la HM5, à une forme de rébellion de certains détaillants et à un gros problème de distribution en Asie. » Pour Éric Giroud, c’est en 2013 que se matérialise le creux de la vague. « Fort de cette expérience, explique-t-il, lorsque l’on a commencé à parler de problèmes de stocks dans les marchés dès mi-2015, je me suis dit que nous étions à nouveau entrés dans une période de crise. »

En lançant MB&F, mon objectif était de produire 300 montres par année avec une vingtaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 15 millions de francs.
Maximilan Büsser
« Il reste tant de choses à faire »

Crise ou pas, les deux hommes sont toujours au front, sourire aux lèvres. Max Büsser n’hésite ainsi pas à parler de seuil du bonheur (happiness point) en parlant de son entreprise, comme d’autres évoqueraient en toute bonne logique économique le seuil de rentabilité (break-even point). « En lançant MB&F, mon objectif était de produire 300 montres par année avec une vingtaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 15 millions de francs. Nous y sommes parvenus en 2013, et je ne vois pas la nécessité de transgresser cette règle. Toute progression ultérieure se ferait au détriment de la créativité et de l’équilibre que nous avons réussi à établir. Pour moi, il s’agit également d’intégrité. C’est le « pourquoi » de l’entreprise qui va avec chacun de nos garde-temps et que je peux expliquer à nos clients. De nombreuses Maisons horlogères n’osent tout simplement pas s’engager dans cette voie, car leur raison d’être répond à une logique financière qui consiste à rétribuer leurs actionnaires. Ce n’est pas le cas de MB&F. »

La conjoncture m’a fait sortir de ma zone de confort en me poussant à explorer d’autres territoires que l’horlogerie.
Eric Giroud

« La conjoncture, quelles conséquences sur mon travail ? s’interroge Éric Giroud. Je dirais que les effets sont plutôt amusants ! Une chose est sûre toutefois, c’est qu’elle m’a fait sortir de ma zone de confort en me poussant à explorer d’autres territoires que l’horlogerie. Cela dit, on pourrait presque dire qu’elle aura servi de révélateur entre les marques qui me tournent le dos et font semblant de ne plus me connaître et celles qui me prient de patienter en attendant des jours meilleurs tout en gardant le contact. Plus intéressant, dans cette période de ralentissement, je travaille avec des nouvelles marques, soit quatre projets horlogers qui devraient voir le jour en 2017. Des projets portés par de jeunes entrepreneurs d’une trentaine d’années qui ne sont pas horlogers et qui investissent leur propre argent. Souvent, par le passé, je me suis trouvé en contact avec des professionnels de l’horlogerie qui avaient des idées mais pas d’argent. Rien de tel avec ces personnes qui ont d’autres valeurs et d’autres attentes. Immanquablement, cela pousse à rester positif. Il reste tellement de choses à faire ! »

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