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Une meilleure montre pour une meilleure vie
Histoire & Pièces d'exception

Une meilleure montre pour une meilleure vie

vendredi, 22 octobre 2010
Par David Chang
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David Chang

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8 min de lecture

Sans l’exposition intitulée « L’art horloger suisse » présentée dans le Pavillon des villes suisses le 9 septembre dernier dans le cadre de l’Exposition universelle tenue à Shanghai, nous aurions probablement oublié que cette manifestation est étroitement liée à l’horlogerie.

En effet, depuis l’inauguration de la première exposition, en 1851, l’horlogerie constitue l’un des sujets majeurs et nombre d’horlogers rêvent d’être présents sur cette plate-forme pour présenter à leurs contemporains les dernières techniques en matière d’horlogerie mais aussi avoir l’immense honneur de voir leur travail reconnu et faire l’objet d’articles élogieux retraçant la chronologie du développement des marques. L’évolution de l’Exposition universelle atteste du parcours de l’horlogerie, dont l’« art horloger suisse » en retraçait l’histoire.

Cheminer à travers les esquisses

L’exposition proposait une quarantaine de pièces divisées en deux grandes catégories, anciennes et contemporaines, sur une période allant du XVIIe au XXe siècle. C’est à travers 400 ans de création que les spectateurs découvrent l’art horloger suisse : de la recherche de l’ornement au processus final, de l’ouverture d’un marché local à l’élargissement aux marchés étrangers et chinois, de la montre à gousset à la montre-bracelet. Bien que ces progrès historiques soient incarnés par un seul objet – la montre –, ce sont assurément les domaines culturels et industriels mais aussi la tradition des matériaux et l’évolution du sens artistique qui sont présentés.

La décoration, l’art, la complexité, la pratique, ces quatre qualités sont en étroite relation avec l’industrie horlogère suisse, illustrées pleinement à travers les pièces exposées. Prenons comme exemple la montre-pendentif en forme de colombe créée à Genève en 1680. Le ventre de la colombe dissimule le cadran ainsi que le mécanisme et les aiguilles. S’il n’y avait pas eu ce génie de l’ornement et du design, qui aurait pu deviner que se cachait là le ressort de l’univers ? Cela marque également le début du style horloger suisse. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’art de l’émail genevois atteint son apogée et, associé à l’horlogerie, lègue à la postérité des objets d’art pour lire le temps. Au XIXe siècle, les horlogers suisses ont déjà ajouté de nombreuses fonctions complexes – comme la répétition à minutes –, qui ont assuré l’hégémonie de l’horlogerie suisse dans les domaines techniques pour de nombreuses années. Au début du XXe siècle, la montre-bracelet, caractérisée par son côté pratique, est entrée dans la vie quotidienne et devient le mot d’ordre des grands fabricants suisses.

Exposition de la FHH à Shanghai - Montre-pendentif en forme de colombe. Boîtier en argent. Mouvement signé Nicolas Gando, Genève, vers 1680 © Patrimoine Jaeger-LeCoultre
Exposition de la FHH à Shanghai - Montre-pendentif en forme de colombe. Boîtier en argent. Mouvement signé Nicolas Gando, Genève, vers 1680 © Patrimoine Jaeger-LeCoultre
Les Chinois et leur engouement pour les montres suisses

On peut dire que les Chinois ont très tôt accueilli et apprécié les horloges, notamment les garde-temps suisses, qu’ils considéraient comme des objets d’art. Déjà en 1601, sous le règne de Wanli, durant la dynastie Ming, elles furent apportées d’Italie à la Cour impériale par le missionnaire Matteo Ricci, une histoire remontant à 410 ans. L’empereur Qianlong, qui aimait l’horlogerie, décrit minutieusement dans un texte cette période de l’histoire, texte reproduit dans un livre publié en 2009 sous le titre La Chine et l’horlogerie. Cela incita également les Suisses à créer des montres pour les Chinois, donnant ainsi naissance à l’extraordinaire histoire de la « montre chinoise ».

Durant la première moitié du XIXe siècle, Edouard Bovet, un horloger du village suisse de Fleurier vise le marché chinois et produit en grande quantité des montres originales qui sont vendues par paires et fonctionnent avec trois aiguilles. Le mécanisme est également ciselé et décoré artisanalement, renforçant son impact visuel et suscitant l’admiration. Certains cadrans utilisent des caractères chinois pour les graduations et personne ne peut dorénavant douter qu’elles n’aient été créées spécialement pour les Chinois. Ce qui atteste d’un point de vue historique les relations étroites qu’entretiennent la Chine et l’industrie horlogère suisse. Parmi les pièces exposées, la « montre chinoise » en est d’ailleurs le meilleur exemple. Les montres sont présentées à l’intérieur d’un écrin rouge, faisant non seulement écho à la culture chinoise, dans laquelle « les bonnes choses vont par paires », mais reflétant également les efforts réalisés par les horlogers suisses pour se développer sur le marché chinois.

La Haute Horlogerie illustrée par les 3C

Fabienne Lupo, directrice de la Fondation de la Haute Horlogerie suisse, organisatrice de cette exposition, s’est rendue en personne à Shanghai avec les représentants des 14 grandes marques horlogères suisses partenaires de la fondation, afin d’échanger de vive voix avec les spectateurs chinois. En effet, « Haute Horlogerie » est un nom propre, et cette exposition est aussi l’occasion de présenter l’horlogerie aux consommateurs chinois sous un nouvel angle et plus particulièrement la valeur et le sens de la Haute Horlogerie. Cette valeur peut se résumer par les 3C : Complication (technique), Craftmanship (savoir-faire) et Culture.

La culture constitue le noyau de la Haute Horlogerie.

Dans deux vidéos diffusées au cours de l’exposition, on découvre 11 fonctionnalités des montres-bracelets à travers différents procédés et médias ainsi que 11 rôles de l’industrie horlogère, afin de comprendre pourquoi, en passant par les technologies de précision et l’artisanat d’art, la Haute Horlogerie se démarque de l’horlogerie ordinaire. En effet, il y a plus d’un siècle, les gens avaient déjà conscience de la préciosité de ce patrimoine culturel. Le Poinçon de Genève a donc été créé avec ses réglementations en 1886 afin de préserver l’authenticité de l’horlogerie de qualité genevoise, autre sujet de l’exposition. La culture constitue le noyau de la Haute Horlogerie. Peu importe qu’il s’agisse de la culture des marques ou de la culture des objets, tout est ancré dans le ferment de la riche tradition horlogère suisse. C’est pourquoi l’étiquette « Haute Horlogerie » renforce son pouvoir de fascination.

Le moment de changer

À l’occasion de la venue de la FHH à l’Exposition universelle, le livre Time to Change a été lu aux spécialistes chinois de l’horlogerie. Il s’agit là d’un livre clé sur les perspectives stratégiques du monde de la Haute Horlogerie. Il traite des règles spécifiques de son succès sur le marché et présente dans le même temps tous les protagonistes du marché mondial de l’horlogerie avec leurs différentes valeurs et leurs particularités culturelles. Comme l’indique le titre, le marché chinois de l’horlogerie est actuellement en pleine révolution. Si nous nous rappelons l’exposition « Montres et merveilles » organisée à Pékin en 2004, les visiteurs de l’époque ne connaissaient pas la plupart des marques présentées, mais aujourd’hui les circonstances ont radicalement évolué, à l’image du « moment de changer » décrit dans le livre. La Chine est fortement liée à la croissance du marché de l’horlogerie. Non seulement de nombreuses marques de montres arrivent en Chine continentale, mais les consommateurs chinois ont également perfectionné leur connaissance de la culture horlogère.

Dans la chaîne des ventes de la Haute Horlogerie, les commerçants locaux spécialisés et indépendants jouent un rôle de plus en plus important. C’est le cas de M. Liu Zhongyang, nommé ambassadeur de la Haute Horlogerie par la FHH, qui vend dans ses magasins de montres de luxe les marques de grands groupes tels que Richemont, LVMH ou Swatch. L’horlogerie de luxe se concentre sur la transmission de la culture horlogère, l’information et le service au client ainsi que sur le développement rapide de la Haute Horlogerie en Chine. Actuellement, son magasin de montres de luxe situé dans l’Hôtel intercontinental de Dalian est le plus important et le plus influent de la Chine continentale.

Si nous reprenons à notre compte le thème de l’Exposition universelle de Shanghai, « Better City, Better Life » (« une meilleure ville pour une meilleure vie »), alors la « Haute Horlogerie » est aussi, en ce qui concerne les consommateurs chinois, le reflet d’une vie meilleure.

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