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Histoires de montres

Une montre dépouillée pour Sharon Stone avec… quelques diamants autour

jeudi, 26 avril 2018
Par Frank Rousseau
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Frank Rousseau

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5 min de lecture

Trois ans après son dernier projet à la télévision, la magnétique Sharon Stone revient dans la petite lucarne avec Mosaïc, une minisérie réalisée par Steven Soderbergh. Rencontre.

Il y a 25 ans, Miss Stone campait sous les caméras de Paul Verhoeven une sulfureuse écrivaine adepte du pic à glace. Ironie, on la retrouve aujourd’hui dans la peau d’Olivia Lake, une auteure pour enfants dévorée par la solitude et victime d’un meurtre. Pour Sharon Stone, ce polar est l’occasion de marquer son grand retour. C’est surtout pour nous l’opportunité de lui parler de sa relation avec le temps et accessoirement de montres…

Sharon Stone
Sharon Stone
Faites-vous partie de ces personnes qui adorent s’affaler devant la télévision ?

La télévision a toujours été un média très présent dans ma vie. Vous savez, j’ai grandi à la campagne au pays des amish, plus précisément à Meadville, un obscur patelin de Pennsylvanie où il n’y avait qu’un feu de signalisation. Mon père était fondeur de moules en acier, ma mère femme au foyer. Mon enfance était à l’image de ma famille : discrète et sans vagues. Avec ma sœur, nous regardions le « film noir » du samedi soir parce qu’à l’époque l’offre au niveau des programmes était beaucoup plus limitée qu’aujourd’hui. Mais mon père ne supportait pas de nous voir collées devant la télévision, ce « truc puant » comme il l’appelait.

Est-il vrai qu’enfant, dans votre campagne natale, vous rêviez de vous installer à Paris ?

Oui, pour dévaliser les boutiques de la place Vendôme, « le » lieu magique par excellence. La première fois que je m’y suis rendue, j’étais mannequin. Entre deux séances de photo, je faisais du lèche-vitrines en espérant pouvoir m’acheter un jour tel bijou, telle montre, tel collier.

Pour vous, la montre cela symbolisait la réussite sociale ?

En fait, c’était pour moi une gratification purement égoïste. Quelque chose que l’on s’offre pour marquer le coup. Le besoin de se faire plaisir avec un objet intemporel. Quand je regarde ma montre, je me dis : « Waouh, quelle belle chose et quel travail ! » Mettre tous ces petits mécanismes dans un boîtier si restreint, cela relève du miracle.

Sharon Stone
Sharon Stone
Est-il vrai que vous avez étudié l’art et l’architecture avant de devenir comédienne ?

J’ai toujours été très attirée par la pureté des lignes que ce soit pour une robe, un tableau, un édifice, un bijou ou une montre. Cela se ressent d’ailleurs dans la manière dont je m’habille, toujours avec des matières dépouillées, rarement avec des fanfreluches. Je recherche la même chose pour une montre. La simplicité au niveau du look, car je suis sûre qu’elle ne se démodera pas. Qu’elle traversera les épreuves du temps. Le mot-clé chez moi, c’est « dépouillement ». Cela dit, je n’ai rien contre quelques petits diamants autour ! (rires)

Perfectionniste, madame Stone ?

Très. Un jour, j’ai acheté des coussins marocains. Ils étaient sublimes. Enfin, jusqu’à ce que je m’aperçoive que l’un d’entre eux était très mal cousu. Je suis donc retournée voir l’artisan en lui demandant une explication. Il m’a répondu : « Mais, madame, sachez que les tisserands le font exprès. Juste pour se rappeler que Dieu seul est parfait. » Mouchée, je n’ai pas su quoi répondre. Mais vous avez raison, j’admets être obsédée par la perfection…

Y compris pour une montre ?

Surtout pour une montre ! Vous attendez en effet de cet objet qu’il vous situe dans l’espace-temps, bref, qu’il vous donne l’heure. S’il y a bien une chose que je déteste, c’est être en retard. Une montre à mes yeux, c’est un accessoire qui ne doit pas vous trahir. En toutes circonstances, la montre doit être fiable et répondre à votre demande. Si elle ne respecte pas ce cahier des charges, si elle n’offre pas cette fonction primaire, la chose devient alors parfaitement inutile, dépouillée de son sens.

Vous avez dit un jour qu’après votre AVC vous aviez frôlé la mort et que par conséquent la notion du temps avait pris un autre sens !

C’est vrai ! J’ai eu le sentiment de mourir. Il y avait au-dessus de moi une sorte de vortex géant et puis, d’un seul coup, je suis comme entrée dans une lumière très blanche. Ce fut une expérience très rapide. Le temps que ce double astral retourne à nouveau dans mon corps.

Quelles en ont été les séquelles ? Un changement dans la notion du temps ?

J’ai dû réapprendre à lire, à écrire et à parler, car je bégayais. Je ne savais même plus lire l’heure. Imaginez-vous que pendant presque trois ans je ne pouvais même pas écrire mon nom. J’ai pu recouvrer la vue et une certaine stabilité dans les hanches. Vous savez, je suis vraiment contente d’avoir bientôt 60 ans et si fière d’être encore en vie ! Subir un AVC et une hémorragie cérébrale de neuf jours est une expérience qui vous change à jamais. Je suis ravie d’avoir repris ma carrière en main. Vous savez, mes chances de survie étaient très faibles, 5 % tout au plus. Le bonheur dans tout ça, c’est que j’ai pu récupérer toutes mes facultés mentales et physiques. Cela m’a pris deux ou trois ans. Mais comme toujours, le temps joue un rôle important : il permet de cicatriser.

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