>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2019 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

Une Patek Philippe oubliée de 1898 ressurgit chez Christie’s
Culture

Une Patek Philippe oubliée de 1898 ressurgit chez Christie’s

mardi, 18 juin 2013
fermer
Editor Image
Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

Lire plus

CLOSE
6 min de lecture

Christie’s et Sotheby’s ont achevé leur saison de printemps à New York. La première y a fait sensation en adjugeant une Grande Complication de Patek Philippe qui oblige la marque à réécrire son histoire. Prix de vente : USD 2,25 millions.

Aurel Bacs, directeur du département Montres chez Christie’s, l’avait annoncé sans ambages avant la vente : « La Patek Philippe Grand Complication n° 97912 de la collection Stephen S. Palmer est sans conteste la pièce maîtresse de toutes les ventes aux enchères du printemps 2013 au niveau mondial. » De fait, cette exceptionnelle répétition minutes avec grande et petite sonnerie, quantième perpétuel, chronographe à rattrapante et phase de lune de 1898 préfigure de dix ans toutes les autres pièces ultra-compliquées de la marque genevoise, bousculant au passage son histoire officielle. Elle a été adjugée à un privé américain pour USD 2’251’750 le 11 juin lors de la dernière session de la saison au Rockfeller Center de New York. Son estimation la plus haute était de USD 1,5 million. La veille, Sotheby’s achevait elle aussi sa saison à New York sur un total de USD 7,1 millions de dollars, avec comme meilleure vente – une fois n’est pas coutume – une Chopard adjugée à USD 461’000. À noter, sur les 257 lots proposés, la présence d’une soixantaine de montres de poche et de quelques boîtes à musique en forme de harpe signées Bessière & Schneider.

Un événement rare

Au bilan de Christie’s, 87 % des 360 lots proposés ont trouvé preneurs, pour un total de USD 7,9 millions de dollars. Outre un chronographe en or rose Rolex réf. 5036 de 1949 à triple calendrier adjugé à USD 171’750 (est. USD 100’000-150’000) et une Jaeger-LeCoultre Reverso heures, minutes entièrement sertie emportée pour le même prix (est. USD 80’000-120’000), soit deux records dans leur catégorie respective, tous les regards étaient braqués sur la Stephen S. Palmer Patek Philippe Grand Complication n° 97912.

Inconnue du public, la Stephen S. Palmer Patek Philippe Grand Complication n° 97912 a été adjugée à USD 2'251'750 © Christie’s

Pour prétendre à la prestigieuse désignation de Grande Complication, un garde-temps doit associer au moins trois des quatre fonctions majeures de l’art horloger : chronographe à rattrapante, quantième perpétuel, grande et petite sonnerie et répétition minutes. Jusqu’à présent, la littérature situait en 1914 les prémices de Patek Philippe dans ce domaine avec comme première pièce la plus compliquée celle livrée en 1916 à l’industriel américain James Ward Packard (16 complications). Suivront une deuxième livrée au même client en 1927 (10 complications), puis la légendaire Graves commandée par Henry Graves Junior en 1933 (24 complications).

Une histoire intacte

Jusqu’ici inconnue du public, à peine mentionnée dans les répertoires de Patek Philippe, la Grand Complication n° 97912 semble sortir de nulle part ! Conservée pendant plus d’un siècle dans un coffre-fort, certainement jamais utilisée tant l’état de conservation est impeccable, elle a été retrouvée avec ses papiers et dans son écrin d’origine. Une particularité très rare qui a permis de retracer sans aucun doute possible l’histoire de cette pièce hors du temps. Et la surprise est de taille : réalisée en 1898, vendue en 1900, elle est dès lors la plus ancienne Grande Complication manufacturée par Patek Philippe. De quoi bouleverser la chronologie de la marque. De plus, elle est le seul exemplaire connu dont le boîtier est en or rose, les suivants – au nombre d’une vingtaine – ayant été réalisés jusque dans les années 1940 en or jaune, selon les nouveaux codes de la mode de ce XXe siècle naissant.

Mais les papiers nous en disent plus, notamment en ce qui concerne la facture : son commanditaire, Stephen S. Palmer, est venu personnellement chercher son garde-temps à Genève. Descendu à l’hôtel Beau Rivage, le riche industriel américain, président de la « New Jersey Zinc Company », est passé à la manufacture Patek Philippe – alors encore à l’adresse historique, 41, rue du Rhône – le 3 octobre 1900. Il y acquiert la Grand Complication n° 97912, au dos de laquelle sont gravées ses initiales, « SSP », pour la somme faramineuse à l’époque de CHF 6’500. La facture mentionne encore l’achat de deux autres montres compliquées, confirmant par là le tempérament de collectionneur de Stephen S. Palmer.

Les curiosités de Sotheby’s

De son côté, Sotheby’s concentre dans ces dix meilleures ventes trois Rolex vintage et six montres-bracelets réalisées après 1989. « La trouvaille et la mise à l’encan d’une pièce comme la Palmer sont une exception dans l’histoire des ventes aux enchères, explique Arnaud Tellier, fondateur de Tellier Fine Art. Les résultats de Sotheby’s reflètent mieux l’état du marché actuel, qui tourne autour de montres modernes et des Rolex. » Sur le haut du podium, la Chopard modèle L.U.C full sertie équipée d’un tourbillon une minute et d’une indication de la réserve de marche (est. USD 100’000-150’000, vendue USD 461’000) représente une bonne surprise.

Deux boîtes à musique Bessière & Schneider font quant à elles partie des curiosités. Si les deux artisans n’ont pas travaillé longtemps ensemble, on leur prête néanmoins des émaux d’une extrême qualité. Comme ceux apposés sur ces harpes musicales, aujourd’hui recherchées par des collectionneurs asiatiques pour l’essentiel. La première, une pièce datée de 1820 en or parée d’émaux grand feu, sertie de diamants et de perles, équipée d’une montre à sa base, n’a étrangement pas trouvé d’acquéreur malgré une estimation dans la cote (USD 100’000-150’000). « Les boîtes-harpes équipées d’une montre sont assez rares, analyse Arnaud Tellier. Mais les conditions de vente, qui ne garantissent pas le bon fonctionnement du mécanisme, peuvent parfois effrayer les collectionneurs. » La seconde cependant, datée de 1810, a été adjugée à USD 57’500, soit à peine moins que son estimation haute de USD 60’000.

Haut de page