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Va’ Pensiero : À nos génies perdus
Points de vue

Va’ Pensiero : À nos génies perdus

jeudi, 19 octobre 2017
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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3 min de lecture

Homme d’horlogerie, visionnaire peu enclin aux compromis, Günter Blümlein a laissé un grand vide dans l’industrie horlogère.

Il y a 16 ans ce mois d’octobre disparaissait Günter Blümlein à l’âge de 58 ans. Un homme que j’ai connu, certes trop brièvement, mais qui fait partie de ces personnes dont le souvenir évoque immanquablement de grandes choses. Alors point n’est besoin de saisir une quelconque date anniversaire pour en parler. Par les temps horlogers qui courent, où les Maisons cherchent leurs voies sur des marchés chahutés et dans un environnement numérique déroutant, il n’est pas inutile de jeter de temps en temps un petit coup d’œil dans le rétroviseur.

Sans vouloir faire ici une hagiographie de Günter Blümlein, il est bon de rappeler deux ou trois choses à son sujet. D’abord ingénieur qualité chez Junghans, il s’est ensuite vu confier successivement les rênes d’IWC (1984), puis de Jaeger-LeCoultre (1986), avant d’être à la base de la renaissance d’A. Lange & Söhne (1990) aux côtés de Walter Lange, petit-fils du fondateur. Ces marques, bientôt intégrées dans l’entité Les Manufactures Horlogères (LMH), n’étaient certainement pas au mieux de leur forme lorsque Günter Blümlein a été envoyé pour redresser la barre par leur nouveau propriétaire l’Allemand VDO. Sans parler du coup de poker que représentait le lancement d’une marque oubliée sur un marché qui portait encore les stigmates de la crise du quartz.

Qu’est-il alors advenu ? À la suite du jeu des fusions et acquisitions qui faisait rage au tournant du siècle, le groupe Richemont a repris LMH en juillet 2000. Et qu’a-t-il donc acquis ? Trois Maisons qui se rangent aujourd’hui dans l’excellence horlogère. Or il y a 17 ans elles offraient déjà un potentiel de développement parfaitement mis en valeur par Günter Blümlein, un homme qui s’est ensuite vu proposer la tête du pôle horloger de Richemont. Ce poste, il ne l’aura malheureusement occupé que trop peu de temps. Mais suffisamment pour que j’aie eu l’occasion de plébisciter sa nomination et d’apprécier sa manière de travailler.

On a entendu bien des choses sur la gestion managériale de Günter Blümlein, dure et cassante selon les cas. Il m’apparaît au contraire que cet homme d’horlogerie avait une vision et que les compromis n’avaient guère de place pour la servir. En ce sens, il savait certainement écouter et, surtout, il savait décider en fonction d’impératifs qui se sont révélés visionnaires. Rêver de Haute Horlogerie mécanique au moment même où celle-ci subissait une profonde remise en question était un pari sur l’avenir. Au moment où des doutes similaires nous gagnent, nous aurions raison de nous inspirer des exigences de Günter Blümlein pour une horlogerie authentique et vraie.

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