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Va’ Pensiero : Ne mélangeons pas le sacré avec le profane !
Points de vue

Va’ Pensiero : Ne mélangeons pas le sacré avec le profane !

vendredi, 21 septembre 2018
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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4 min de lecture

Après la décision du Swatch Group de ne plus exposer à Baselworld, Franco Cologni réagit aux déclarations de Nick Hayek à propos de l’avenir des salons horlogers, plus précisément du SIHH.

De tout temps, j’ai entretenu des relations amicales avec Nicolas Hayek. Tous les deux mois, j’avais le plaisir d’être invité à sa table, accompagnés que nous étions les derniers temps par son fils Nick. Naturellement, chacune de ces rencontres était ponctuée des discours de mon grand ami. Mais il savait aussi écouter, tandis que Nick ne pipait mot. Après le départ de Nicolas Hayek, je n’ai plus guère eu de contacts avec Nick, en dehors de quelques échanges épistolaires ou de courriers électroniques.

Naturellement, je suis attentif à l’évolution du Swatch Group, piloté par Nick et sa sœur, mais je me garde bien d’exprimer la moindre opinion ou de donner le moindre conseil. Je ne me le serais jamais permis. N’ayant plus un accès direct à un service de presse, je découvre aujourd’hui seulement un entretien de Nick Hayek publié le 28 juillet. Je n’avais certainement pas l’intention de réagir à cet article, sauf que deux phrases ont attiré mon attention. Deux phrases que je retranscris telles quelles :

  • Mr Hayek ruled out Swatch joining the SIHH, which was “even more old-fashioned than Basel. It is a close, elite club. It is boring for everybody”. But he suggested Swiss and foreign brands could launch a new show with a different format.
  • “This is just an idea: we could reunite Swatch Group, Richemont, Rolex, Chopard, Patek Philippe, LVMH brands.” The fair would have to take place somewhere other than Basel or Geneva, however. “Basel is over and there is no way of going back to Basel,” said Mr Hayek.
Alors, mon cher Nick, évitez de dire des sottises.
Franco Cologni

Je pense que Nick Hayek aime bien se laisser aller de temps en temps à quelques déclarations tonitruantes qui, à mon humble avis, nous font perdre du temps en conjectures inutiles, un peu à l’image de ces fake news dont on parle tant et que les grands et petits monarques aiment à distiller. Pour ce qui est de la première déclaration, je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit là d’un jugement sur le SIHH émanant d’une personne qui, comme Nick Hayek, ne l’a jamais visité, malgré les invitations réitérées qui lui sont parvenues. Mais qui sait, peut-être y a-t-il envoyé ses espions ? Contrairement à ce que peut penser Nick Hayek, le SIHH, organisé par la Fondation de la Haute Horlogerie, est un événement qui, justement, a su évoluer et s’adapter aux changements majeurs d’un monde en constante évolution pour mieux « parler » de haute et belle horlogerie. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les commentaires des médias ou simplement de demander l’avis des exposants. Alors, mon cher Nick, évitez de dire des sottises.

La seconde déclaration me fait penser au baron de Münchhausen et à ses aventures extraordinaires… Mais le baron n’est plus là et son imaginaire s’est envolé avec lui. L’idée de Nick Hayek n’est pas tellement de créer, avec de grandes marques horlogères, un nouvel événement ailleurs qu’à Bâle ou Genève, mais bien d’y étendre son emprise comme un nouveau Napoléon. Il oublie, hélas, que Napoléon a eu son Waterloo et que son statut d’empereur du Swatch Group ne lui donne pas pouvoir sur l’ensemble de la Haute Horlogerie.

Dans le roman I promessi sposi (Les Fiancés), un classique de la littérature italienne, on trouve un passage où le grand chancelier espagnol qui gouvernait Milan dit à son cocher : « Pedro, adelante con juicio » (« Pedro, avancez donc, mais avec prudence »). Si Nick Hayek n’a pas suffisamment de jugement ou de prudence, à tout le moins a-t-il peut-être un cocher ? Alors si ma réaction est un peu provocatrice, je l’avoue, ce n’est pas parce que je suis considéré comme une espèce de père spirituel de la Fondation de la Haute Horlogerie ou du SIHH, mais parce que je suis un homme de bon sens qui connaît bien ce monde particulier et qui invite à ne pas scherza con i fanti, ma lascia stare i Santi, en d’autres termes à ne pas mélanger le sacré avec le profane. Si Nick Hayek a des comptes à régler avec Baselworld, je lui suggère de le faire directement sans interventions nuisibles et, finalement, parfaitement inutiles.

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