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Culture

Ventes aux enchères genevoises : résultats mitigés dans un contexte horloger difficile

lundi, 16 novembre 2015
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Pascal O. Ravessoud
Spécialiste horloger et collectionneur

“Le luxe, c’est l’absence de contraintes.”

« Des montres, des montres et encore des montres… L’immersion et la passion sont les mamelles du savoir ! »

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8 min de lecture

L’espace d’une semaine, Genève devient chaque printemps et chaque automne la capitale du marché des enchères. Phillips, avec la désormais célèbre « Only Watch » et sa vente « Two », Antiquorum, et bien entendu Christie’s et Sotheby’s, avec leur collection unique « The History of Swatch Design », tous ont profité du temps incroyablement clément et – pour une fois – ensoleillé de l’automne genevois dans les différents hôtels de la rade.

Tout était donc prêt pour cette grand-messe automnale. Le contexte économique étant ce qu’il est, nous attendions de savoir quel serait le signal de ce marché des enchères si particulier, qui représente quelques pourcents à peine du chiffre d’affaires global horloger mais qui est une vitrine et un vecteur d’image importants pour les marques haut de gamme.

Et, il faut bien le dire, les résultats ont été assez disparates.

En effet, la vente de charité pour la myopathie de Duchenne Only Watch, initiée en 2005, a confirmé son statut unique pour des montres modernes uniques. Chaque année, les marques rivalisent d’inventivité, et avec un résultat global de plus de 10 millions d’euros pour les 44 lots, l’on peut dire que cette vente 2015 a été bénéfique pour l’association, mais aussi pour certaines marques, dont les pièces ont été acquises au-dessus de l’estimation, telles que Laurent Ferrier, Louis Vuitton, Urwerk ou François-Paul Journe.

Mais les deux véritables stars de cette vente étaient autres. Sans surprise, Patek Philippe était l’une d’elles. Plus surprenant est le montant d’adjudication de leur très belle grande complication Réf. 5016 (tourbillon, répétition minutes et calendrier perpétuel en acier, pièce unique), vendue à CHF 7’300’000 à un acheteur anglais semble-t-il, soit plus de 10 fois l’estimation, ce qui en fait simplement la montre-bracelet la plus chère jamais vendue publiquement ! Et représente les trois quarts du chiffre de la vente…

Vente de charité Only Watch : la Tudor Heritage Black Bay One s’est envolée pour CHF 375’000

Tudor, qui a opéré un grand retour sur le devant de la scène il y a quelques années, présentait ici une pièce unique appelée Heritage Black Bay One reprenant le design de la Tudor Diver de 1954, qui était très attendue par beaucoup de collectionneurs. Par rapport à une Black Bay de série, la lunette, la glace, le cadran et les aiguilles sont spécifiques. Estimée à CHF 3’500-4’500.-, on savait qu’elle allait très nettement dépasser les attentes, car il s’agit de la seule pièce unique jamais produite par Rolex et/ou Tudor (!!!), et le résultat de CHF 375’000.-, soit près de 120 fois l’estimation, est certainement à la hauteur de l’événement, quoique totalement inattendu. Et pour la bonne cause !

La vente Phillips Two a, elle, confirmé « Magic » Aurel Bacs dans son rôle de leader du haut de gamme. En effet, le catalogue incroyablement fourni et la qualité des pièces présentes, un parterre de collectionneurs des plus aiguisés et prompts à saisir les pièces les plus exceptionnelles à des niveaux de prix tout à fait inhabituels par rapport à tout autre type de contexte, ont permis de générer un chiffre global de CHF 28 millions, avec 95 % des lots vendus. Il faut noter que l’intérêt majeur des collectionneurs sur cette vente s’est concentré sur des pièces exceptionnelles, en rareté comme en qualité, notamment la star de la soirée, le chronographe à rattrapante en acier Patek Philippe réf. 1436 de 1945 (deux exemplaires connus), lot 169, adjugé à CHF 3,3 millions.

Ces résultats contrastent clairement avec les autres ventes de cette semaine genevoise, certes prolifique, mais qui a marqué une certaine fracture avec les résultats des ventes précédentes.

Rareté et provenance, inscriptions diverses rendant la pièce unique ou histoire particulière.

Dans les ventes des autres Maisons, dont, il faut bien le dire, le catalogue ne pouvait rivaliser avec celui de la vente Phillips, on remarque la même tendance des acheteurs à se concentrer sur certaines pièces présentant un intérêt particulier pour différentes raisons : rareté et provenance, inscriptions diverses rendant la pièce unique ou histoire particulière, telle cette montre de poche de Vacheron-Constantin de 1945 représentant le shah d’Iran, estimée CHF 8’000-12’000 et adjugée à CHF 50’000 (lot 153, Sotheby’s), ce très beau chronographe Audemars Piguet à quantième complet de 1942, estimé CHF 80’000-140’000 et adjugé CHF 353’000 (lot 84, Christie’s), ou cette Omega « Aviator » de 1937 estimée à CHF 8’000-12’000 et adjugée à CHF 43’750 (lot 8, Antiquorum).

Pour les pièces de provenance plus « commune », celles dont l’état n’est pas irréprochable, ou celles qui n’ont pas un intérêt particulier, le marteau se heurtait souvent à un prix bas, avec parfois un prix de réserve ne permettant pas de vendre le lot. Même chose pour les montres modernes. Exemple frappant, une Rolex Daytona en acier de 2008 full set, estimée entre CHF 8’000 et 12’000.-, ne parvenait pas à trouver preneur… Plutôt étonnant quand on sait que la montre a été le modèle « sport » le plus recherché durant de nombreuses années !

De même, il semble que le marché du Rolex vintage, qui a connu une ascension vertigineuse ces dernières années, est en train de se tasser. Les icônes sportives que sont les « single » et « double red », certaines GMT, et même quelques Daytonas, se trouvaient dans les fourchettes de l’estimation, et parfois dans la fourchette basse. Seules quelques Daytona partant au-dessus, et parfois de peu. Amorce d’un changement de paradigme ?

Son succès acquis auprès de collectionneurs sérieux.

D’autres marques sont en revanche davantage mises en avant : on notera les résultats satisfaisants d’Universal Genève, qui revient petit à petit sur le devant de la scène, d’Angelus, ainsi que certains modèles de Heuer. La Fifty Fathoms de Blancpain confirme également son statut de star des montres de plongée. À noter aussi, la très bonne tenue des différentes pièces de Vacheron-Constantin (en particulier chez Phillips) et de Piaget, notamment sur des pièces féminines des années 1970, très typiques de la marque.

Dans les produits plus contemporains, on citera François-Paul Journe, qui montre son succès acquis auprès de collectionneurs sérieux.

La vente History of Swatch Design chez Sotheby’s quant à elle se présentait sous la forme d’un lot unique de 4’000 pièces relatives au développement artistique de Swatch dans les années 1980, incluant dessins, prototypes et plus de 1’000 montres, collection de Marlyse Schmid et Bernard Muller (les deux designers ont  joué un rôle critique dans le développement artistique de la marque), et adjugé à CHF 1’330’000.-.

Probable explication de ces résultats, le fait du peu de clients asiatiques et russes au bout du téléphone, et chose tout à fait nouvelle qui reflète totalement la situation actuelle délicate dans des marchés moteurs, et encore très actifs dernièrement.

La planète « Horlogerie » se réinvente sans cesse !

La tendance globale au ralentissement de l’économie n’affecte donc pas seulement les ventes de modèles neufs, mais bien la planète des enchères également. S’il n’y a pas de vraie dépression, un ralentissement s’amorce, et nous verrons à la prochaine vente si cette tendance se poursuit !

Dans l’intervalle, quelques initiatives parallèles s’amorcent avec l’arrivée de boutiques de montres en ligne (notamment Antiquorum et Christie’s) et de nouveaux acteurs tels que Iconeek (www.iconeek.com), qui, avec des modèles moins extrêmes, donc à des prix plus accessibles, et des commissions limitées, pourraient représenter une alternative intéressante pour se faire plaisir avec dans une catégorie qui représente du volume.

Comme toujours, la planète « Horlogerie » se réinvente sans cesse, nul doute que cette fois encore elle saura rebondir !

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