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Vincent Calabrese rejoint les rangs de Blancpain
Points de vue

Vincent Calabrese rejoint les rangs de Blancpain

mardi, 08 avril 2008
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture
V

On savait Vincent Calabrese largement impliqué dans la conception du carrousel volant présenté par Blancpain cette année à Baselworld. Et pourtant, son nom n’est pas sorti du chapeau lorsque la manufacture du Brassus a levé le voile sur l’une de ses plus belles réalisations. Finalement, la nouvelle attendue s’est révélée nettement plus importante que prévue : Vincent Calabrese a vendu son entreprise à Blancpain et rejoint les rangs de la Maison en tant que créateur horloger. Entretien avec un homme qui rayonne de bonheur.

A quand remontent vos relations avec Blancpain ?

Vincent Calabrese : Mes premiers contacts avec Blancpain remontent à 1986 via la réalisation de leur tourbillon. Il s’agit donc d’une vieille histoire d’amour entre cette manufacture et moi-même. Mais pendant longtemps, je n’ai pas pu revendiquer la paternité de cette pièce. Lorsque Marc A. Hayek est arrivé aux commandes de Blancpain, nous avons fait connaissance et il m’a promis que nous allions faire quelque chose ensemble. Il ne restait plus qu’à décider quoi et pour quel type de rentabilité. Nous sommes alors rapidement tombés d’accord pour réaliser un carrousel.

Mais il aurait été stupide de concevoir un carrousel une heure. Il fallait partir sur un carrousel une minute. En d’autres termes, il nous a fallu réinventer cette complication. Et j’y suis parvenu à partir du moment où, pour résoudre le problème du différentiel, j’ai compris que le carrousel en lui-même en était un. Avec l’aide et les moyens de Piguet, nous avons donc pu mettre au point une pièce qui rafle aujourd’hui tous les superlatifs : le plus petit, le plus plat, la réserve de marche la plus longue, etc.

La réalisation de ce Carrousel Volant Une Minute a donc ouvert la voie à cette nouvelle collaboration que vous annoncez aujourd’hui ?

J’ai eu énormément de plaisir à travailler avec cette équipe. Chez Blancpain, on m’a fait confiance en pensant que j’avais encore quelque chose à offrir et à inventer en horlogerie malgré mes 64 ans. De mon côté, je suis fatigué de l’aspect commercial de mon métier et après 31 ans d’indépendance, je n’ai plus rien à prouver. J’ai donc ouvert les yeux. Cette union avec Blancpain m’amenait toute la liberté voulue en terme de création et un outil industriel rêvé. Je me suis dit qu’il était temps de finir ma vie professionnelle en apothéose. Je vais donc pouvoir me consacrer uniquement à la création et Blancpain pourra se servir de mon passé, de mon image et nourrir l’espoir que je peux encore innover en matière horlogère.

Mais je n’aurai pas carte blanche. Je vais faire des propositions et nous ferons des choix. Cela dit, il faut également être conscient que la concurrence devient de plus en plus vive, que le nombre de créateurs horlogers est aujourd’hui pléthorique et qu’en conséquence, il se fait tout et n’importe quoi dans la profession. Cela veut dire qu’avec toutes ces contraintes, il devient de plus en plus difficile de se consacrer à la création. Cela veut dire également que les projets s’accumulent dans les tiroirs, faute de temps, faute d’argent et finalement faute d’envie. En ce sens, l’expérience du carrousel aura été décisive.

Paradoxalement, vous perdez votre statut d’indépendance et vous en semblez ravi ?

Vous savez, dans ma vie, je n’en suis plus à un paradoxe près. Plus sérieusement, il est à relever que contrairement à ma situation passée, il ne m’incombera plus de payer mes créations via une mise en production. Je n’aurai plus besoin de me soucier de la vente de mes pièces. En intégrant Blancpain, je peux affirmer que je réalise un vieux rêve. Avec les progrès technologiques de ces dernières années, il est désormais possible d’apporter un souffle nouveau à l’horlogerie. Et croyez bien que je ne dis pas cela à la légère, moi qui ai toujours affirmé que rien n’avait été entrepris en la matière depuis quatre siècles.

Ce que je constate aujourd’hui au sein de la profession, c’est que tout le monde se court après. Quant à moi, j’ai envie de prolonger mon parcours en solitaire en continuant à faire mes propres choix en matière d’innovation et de matériaux. La collaboration avec Blancpain me garantit cette forme d’indépendance et m’offre des moyens que je n’avais jamais pu espérer jusqu’ici. A moi, maintenant de prouver que je suis à la hauteur. Mais je pense que le carrousel est un très bon début. Il démontre qu’il y a encore du potentiel en moi qui ne suis pas horloger de formation. A mes yeux, c’est un atout car en un sens, c’est la tradition qui nous tue. Il faut apprendre à se libérer de l’existant.

Concrètement, quelle forme va prendre cette collaboration ?

Dans mon parcours professionnel, j’ai toujours alterné des périodes de réalisation de mes propres produits et des périodes où je travaillais sous mandat, comme en 2007. L’an dernier, j’ai donc stoppé toute relation avec la clientèle, ce qui nous laisse le champs libre aujourd’hui. Après Baselworld, nous allons donc commencer à mettre sur pied une cellule à Lausanne entièrement dédiée à la recherche et isolée des contraintes extérieures. Selon le premier projet sur lequel nous allons travailler, j’espère arriver à Baselworld 2009 avec un premier prototype.

Y aura-t-il une collection « Blancpain by Calabrese » ?

Je ne sais pas et honnêtement, je m’en moque. Tout ce qui compte aujourd’hui, c’est de démontrer que je ne suis pas au bout. En un mot, après 30 ans d’un parcours professionnel au cours duquel je pense avoir laissé une empreinte sur l’horlogerie suisse, l’important c’est encore et toujours… l’avenir.

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