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Culture

Vrai – faux : en toute conscience, avons-nous le choix ?

mardi, 21 juin 2011
Par Fabienne Lupo
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Fabienne Lupo

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5 min de lecture

Il n’y aurait pas de commerce du faux, s’il n’y avait pas d’acheteur du faux. Alors, communiquons, informons, responsabilisons l’acheteur pour que cesse cette industrie que trop souvent nous avons soutenue par simple complaisance ou inconscience.

Trop longtemps considéré comme « la rançon du succès », « le revers de la médaille », « un mal nécessaire », le faux s’est installé, s’est banalisé. Certains en tirent même une gloire d’être tant copiés, preuve irréfutable de leur succès et donc de leur génie. Le faux est partout, dans le luxe, dans la pharmacie, dans l’industrie automobile, aéronautique, dans les alcools, dans les produits de beauté et même dans la nourriture… Avec Internet, il est devenu plus qu’accessible.

On estime le bénéfice net de la contrefaçon de montres à plus d’un milliard de dollars.

On estime que le commerce des produits contrefaits représente environ 10 % du commerce mondial et génère un chiffre d’affaires de plus de 500 milliards de dollars ! En ce qui concerne l’industrie horlogère, c’est plus de 40 millions de fausses montres qui sont produites chaque année, contre quelque 26 millions de pièces originales exportées en 2010. On estime le bénéfice net de la contrefaçon de montres à plus d’un milliard de dollars, soit le 6 % de la valeur des exportations horlogères helvétiques en 2010. Ces chiffres ne sont bien entendu que des estimations faites à partir des saisies douanières… On imagine donc que la réalité est bien pire !

Un polar par trop réaliste

Alors que faire ? Les industriels tous secteurs confondus ont compris que le faux n’était plus seulement « la rançon du succès » mais une véritable gangrène qui vole l’identité des marques, pille la propriété intellectuelle, spolie les investissements réalisés dans l’innovation et la créativité, tue des emplois et corrompt l’image des marques auprès de leurs clients. Bref, un mal sous-terrain, indicible et pourtant bien réel, dont les conséquences sont difficiles à chiffrer.

Qui sont ces contrefacteurs qui s’approprient sans vergogne le travail d’autrui ? La qualité et le volume des contrefaçons présentes sur les marchés attestent que ces pièces sont fabriquées de manière industrielle. Ce sont des professionnels d’une activité devenue très lucrative : aucun coût lié à la recherche et au développement, aucunes charges sociales, ni taxes à payer, aucune promotion à faire. Le crime organisé, le blanchiment d’argent, la drogue, la prostitution, l’exploitation des enfants, voilà ce qu’il y a derrière le commerce du faux. Et tout cela pour qui ?… Pour des clients comme vous et moi qui, un jour ou l’autre, se sont faits prendre au piège de la contrefaçon, consciemment ou inconsciemment.

Mais la différence est de taille. Car la contrefaçon est un problème moral. Si l’acte d’achat est un acte conscient alors il faut expliquer à l’acheteur la gravité de sa démarche, qu’il cautionne tout un système qui exploite des gens et en spolie d’autres… Oui, c’est vrai, on a l’impression d’être dans un polar. Tout cela semble bien abstrait quand on se laisse tenter par une petite Rolex pas chère vendue sur le marché de Patpong à Bangkok ou par le dernier it bag de Balenciaga vendu à la sauvette sur les plages italiennes… Mais, c’est grave ! Et on doit le répéter encore et encore ! On doit interpeller l’acheteur au niveau de sa conscience, lui faire comprendre sa complicité, faire appel à sa responsabilité sociale et morale et, bien sûr, lui expliquer les risques qu’il encourt, qui peuvent même être pénaux dans certains pays.

La clé de la communication

Si l’acte d’achat d’un produit contrefait est inconscient, le problème est différent. L’acheteur s’est fait berné, probablement sur un site d’enchères de produits d’occasion, en achetant une « vraie fausse » montre, présentée comme « vraie » à un prix défiant toute concurrence, jusqu’à 50 % de sa valeur ou de sa cote sur le marché de la collection. Dans ce cas, les services juridiques des marques font leur travail d’éradication de ce type de pratique et développent des solutions de sécurité pour tracer leurs produits et en garantir l’authenticité à leurs clients.

Dans ce cas encore, on ne peut que recommander au client de s’assurer qu’il achète les produits dans le réseau de distribution des marques ou chez leurs distributeurs officiels, seuls garants d’un risque zéro. Ceci d’autant que dans l’horlogerie, la vente d’une montre de prestige, voire de haute horlogerie, demande un suivi, un conseil, un service, un accompagnement souvent personnalisé, une garantie à long terme que vous n’aurez jamais en dehors des réseaux officiels de distribution des marques.

 

Communiquons, informons, responsabilisons l’acheteur.

Vous l’aurez compris, il n’y aurait pas de commerce du faux, s’il n’y avait pas d’acheteur du faux. Alors, communiquons, informons, responsabilisons l’acheteur pour qu’enfin cesse cette industrie qui « misérabilise » certaines populations et que, trop souvent, nous avons soutenue par simple complaisance ou inconscience. « Je pense, donc je suis », disait René Descartes. Alors, pensons et soyons des gens en paix avec notre conscience.

Article paru sur le site LeTemps.ch du 9 juin 2011

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