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Watches & Wonders 2020 : pleins feux sur l’innovation
Watches & Wonders

Watches & Wonders 2020 : pleins feux sur l’innovation

jeudi, 30 avril 2020
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Marie de Pimodan-Bugnon
Journaliste indépendante

“Il faut absolument être moderne.”

Arthur Rimbaud

De la passion, beaucoup de curiosité et une bonne dose d’émerveillement ! La recette essentielle pour raconter les mille et une facettes de l’horlogerie…

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7 min de lecture

Pour quelques marques de Watches & Wonders, les départements de R&D ont tourné à plein régime. À l’affiche, des matériaux futuristes pour des montres plus durables, plus résistantes et plus légères.

Les gardiens du tic-tac auraient-ils attrapé le toc de la tech ? Les deux dernières saisons de la saga des nouveautés horlogères nous avaient abreuvés de matériaux innovants, la céramique de couleur, le Ceratanium et autres Bulk Metallic Glass partageant l’affiche avec les nouveaux alliages d’or. Séduits par les propriétés techniques et le look avant-gardiste de ces matériaux tech, quelques marques horlogères continuent de miser sur le talent de leurs ingénieurs et alchimistes pour esquisser une offre parée pour résister aux affres du temps.

Roger Dubuis suprend

Cette année, Roger Dubuis monte au créneau avec deux pièces extravagantes qui ne s’autorisent aucune retenue dans l’usage des technologies d’avant-garde. Avec l’Excalibur Twofold, le double tourbillon volant caractéristique de la marque se révèle dans un boîtier XXL de 45 mm sculpté dans un nouveau matériau ultra-blanc en fibre de composite minéral. Spécialement développé par Roger Dubuis dans son centre de R&D baptisé Q Lab en référence à James Bond, ce matériau composé à 99,95 % de silice est usiné par un procédé de moulage par compression. « Nous voulions une pièce blanche, précise Grégory Bruttin, Strategic Product Director chez Roger Dubuis. C’est la couleur la plus compliquée à produire. Nous aurions pu partir sur la céramique, mais elle est lourde et extrêmement difficile à usiner. Ce nouveau matériau est beaucoup plus léger, il offre la même résistance que le carbone et ne craint pas les UV. »

Le matériau doit améliorer la durabilité de la montre, garantir plus de confort et être différenciant d’un point de vue esthétique.
Grégory Bruttin

Autre innovation repérée sur cette édition limitée à huit exemplaires : tous les angles de la platine supérieure du mouvement sont revêtus de fibre de composite minéral et brillent dans l’obscurité 60 % plus longtemps qu’une matière luminescente classique. Un halo nocturne qui se prolonge au poignet grâce au bracelet réalisé dans un caoutchouc qui émet de la lumière grâce à une technologie inédite baptisée LumiSuperBiwiNova. « Concernant le développement des matériaux, nous avons une stratégie claire qui repose sur trois axes en lien avec le client, poursuit Grégory Bruttin. Le matériau doit améliorer la durabilité de la montre, il doit garantir plus de confort et être différenciant d’un point de vue esthétique. Nous ne développons un nouveau matériau que s’il répond à au moins deux de ces exigences. Cela nous permet de concentrer notre R&D et de ne pas partir dans tous les sens. » Naturellement, cette stratégie a également présidé à la création de la montre à répétition minutes et tourbillon volant Excalibur Diabolus in Machina, dont la carrure est taillée en chrome-cobalt. « C’est un alliage extrêmement pur, très dur à travailler mais dont la composition parfaitement homogène assure une transmission du son parfaite et une note très longue. »

Panerai, la fibre tech

Chez Panerai également, l’offre 2020 surfe sur des matériaux à la pointe de la technologie. Objectif : robustesse, éthique et performances sportives à toute épreuve. Sur la Luminor Luna Rossa GMT – 44mm (PAM01036), sacrée Montre officielle du défendeur de la 36e Coupe de l’America, le boîtier en titane s’ouvre sur un cadran revêtu d’une fine couche de la toile technique utilisée sur le monocoque AC75 de Luna Rossa. Les cinq pièces de la Submersible EcoPangaea™ Tourbillon GMT – 50mm Édition Mike Horn (PAM01108) présentent quant à elles un nouvel acier composé de métal recyclé à partir de l’arbre d’hélice de Pangaea, le voilier de 35 mètres de l’explorateur Mike Horn.

Luminor Luna Rossa GMT 44mm (PAM01036) © Panerai
Luminor Luna Rossa GMT 44mm (PAM01036) © Panerai

Autre exemple d’innovation par les matériaux, la Luminor Marina – 44mm (PAM01662) arbore un boîtier en titane réalisé grâce à la technique de frittage laser direct du métal (Direct Metal Laser Sintering ou DMLS). Ce procédé d’impression 3D permet de solidifier la poudre de titane en couches successives de 30 microns (0,03 mm). Sur ce modèle, la lunette, la couronne et le levier du pont protège-couronne Safety Lock sont façonnés en Carbotech™. On retrouve ce composite de carbone spécialement développé par la marque sur la couronne et le levier du pont protège-couronne de la Luminor Marina Fibratech™ – 44mm (PAM01663), dont le boîtier dévoile un autre matériau futuriste mis au point dans le « Laboratorio di Idee » de Panerai : le Fibratech. Constitué de fibres naturelles et écodurables, il est 60 % plus léger que l’acier, robuste et extrêmement résistant à la corrosion. De quoi assurer une plus grande longévité à la montre et un confort à toute épreuve.

Innover, mais pourquoi ?

L’innovation n’est pas simplement une démonstration de force ou une manière de se démarquer. La robustesse, la légèreté et le confort garantis par les nouveaux matériaux sont autant de bonnes raisons de sortir des sentiers battus et de préférer des alliages innovants aux métaux classiques. Dans sa quête de finesse couronnée par l’Altiplano Ultimate Concept, Piaget mise sur un alliage high-tech hautement rigide et robuste à base de cobalt. Ce matériau permet à la montre à remontage manuel la plus plate au monde, soit seulement 2 mm d’épaisseur, de résister aux chocs malgré son extrême finesse. « Bien qu’il soit bien plus difficile à travailler que l’or, cet alliage de cobalt est 2,3 fois plus robuste », assure la marque.

Altiplano Ultimate Concept © Piaget
Altiplano Ultimate Concept © Piaget

Chez Rebellion Timepieces, le style est diamétralement antinomique, mais les contraintes sont les mêmes. Outre son design disruptif et son calibre hautement complexe, la montre Weap-One Diamond Asymmetrical Flying Tourbillon abrite une cage de tourbillon réalisée en diamant atomique plat. Inrayable, incassable, ce nouveau composant high-tech utilisé dans l’industrie aérospatiale est produit par l’entreprise japonaise Adamant Namiki Precision, qui a mis au point une méthode de production brevetée. Il faut pas moins de 40 jours pour produire un seul millimètre de diamant atomique plat, soit 280 jours pour les 7 mm de la cage de tourbillon, auxquels il faut encore ajouter 80 jours de polissage par un procédé de plasma fusion CMP. Un calcul rapide permet d’apprécier la patience nécessaire à la production de ce composant : il faut presque un an pour obtenir cette cage de tourbillon unique au monde ! On comprend dès lors que Rebellion Timepieces ait choisi de placer cette innovation en majesté au cœur de son atypique boîtier cylindrique en titane et saphir, offrant un point de vue très tech sur le tic et le tac du temps.

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