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Zenith met un chronomètre de marine au poignet
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Zenith met un chronomètre de marine au poignet

mardi, 2 novembre 2010
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Partant du principe que l’organe réglant d’un garde-temps n’est jamais plus efficace en termes d’amplitude qu’en position parfaitement horizontale, la manufacture a mis au point un système gyroscopique qui répond à cette prémisse de base. Résultat, la Zenith Christophe Colomb en première mondiale.

Dans la théorie de l’horlogerie, le tourbillon ne cesse de diviser les spécialistes quant à son utilité dans une montre-bracelet qui connaît, contrairement aux montres de poche, un brassage de positions pratiquement équivalent à ce pourquoi cette complication a été inventée. Loin de rentrer dans cette polémique, la manufacture Zenith est partie du postulat selon lequel « la meilleure position pour l’échappement d’une montre reste la position horizontale qui garantit la meilleure amplitude du balancier et où la gravité, perpendiculaire aux composants, n’altère pas leur rotation ».

Et la Maison de rappeler que les tourbillons classiques montés dans une montre-bracelet sont certes susceptible d’améliorer la précision en corrigeant quatre positions sur six mais reste de ce point de vue lacunaire. Comme le précise encore Zenith, les tourbillons inclinés tels que les réalisent Greubel Forsey ou le Gyrotourbillon de Jaeger-LeCoultre, soit un tourbillon sphérique intégrant deux cages montées à 90° et à vitesses variables, établissent certes en moyenne davantage de positions. « Mais il s’agit encore là de la moyenne de plusieurs erreurs, explique Zenith. De plus, ils ne sont que brièvement maintenus en position horizontale. L’ultime développement consistait donc à adapter a meilleure solution à la montre-bracelet, à savoir celle de l’échappement horizontal constant. »

Un mécanisme d’une complexité extrême

Quelque cinq ans auront été nécessaires à la manufacture pour y parvenir. Les concepteurs de la Maison se sont inspirés du même principe qui permet aux chronomètres de marine de garder une position horizontale grâce à un dispositif de suspension à cardans, soit un support à deux axes de pivot orthogonaux permettant au dispositif fixé au cardan intérieur de rester immobile quel que soit le mouvement de son support. Dans ce même ordre d’idée, ils ont ainsi mis au point un système gyroscopique qui maintient l’organe réglant à plat. Difficulté supplémentaire : appliquer ce mécanisme à différentiel, soit un système mécanique qui distribue la vitesse de rotation de façon adaptative aux besoins d’horizontalité, à un mouvement à remontage manuel battant à 36’000 alternances/heure (5 Hz) d’une réserve de marche de 50 heures. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes, expose Zenith, et atteste la complexité de la tâche. Cette complication compte en effet 166 composants là où un tourbillon n’en recense environ que 66. Le produit fini : la première montre-bracelet dont la marche est totalement affranchie des mouvements de son porteur. »

C’est en hommage à Christophe Colomb, que Zenith a baptisé son garde-temps du nom de ce grand navigateur. « Ce modèle aborde en effet l’un des thèmes clés auxquels cet aventurier a été confronté et qui continue de hanter l’horlogerie contemporaine : comment réaliser des mesures exactes avec des instruments soumis à un mouvement constant qui nuit à leur précision ? » La Maison y a apporté sa propre solution.

Le principe même de la Christophe Colomb de Zenith semble bien avoir inspiré quelques concepteurs horlogers durant cette dernière décennie. En 2004, Giulio Papi d’Audemars Piguet Giulio Papi déposait en effet un brevet sur un « mécanisme de correction d’assiette d’un dispositif réglant balancier-spiral », soit un dispositif réglant représenté par sa roue d’échappement maintenu à l’horizontal par un mécanisme gyroscopique. Un an plus tard, comme le rappelle Business Montres, c’était au tour de Laurent Besse de faire de même pour « pallier les effets de la force gravitationnelle » au moyen d’un plan de référence et d’un balancier montré dans un bâti.

De son côté, Zenith a déposé ses brevets en deux temps. Le première de 2007 portait sur « un mécanisme de correction d’assiette d’un dispositif réglant balancier-spiral inspiré des dispositifs de correction d’assiette à double cardan utilisés dans les chronomètres de marine pour le maintenir constamment en position horizontale ». Quant au deuxième, enregistré un an plus tard, il faisait état du « besoin d’un différentiel de correction associé à chaque axe d’articulation » à apporter au mécanisme précédemment inventé.

Il ne restait « plus » qu’à mettre le tout en application. Et notamment du côté de la transmission. Les concepteurs de Jaeger-LeCoultre avaient résolu le problème avec une grande roue centrale à la denture inclinée pour animer son Gyrotourbillon lui-même incliné, avec un limitateur de couple du côté du barillet dans la Gyrotourbillon II qui arrête la montre quant le couple devient insuffisant. Pour ce qui est de la Christophe Colomb de Zenith, « la transmission de l’énergie du mouvement à la cage se fait par les 3 roues externes de la cage en forme de calottes, explique la manufacture. Les 3 autres roues en calottes qui leurs sont parallèles et les renvois de l’inverseur et du différentiel à l’intérieur de la cage servent à neutraliser les mouvements aléatoires de la cage. Pour minimiser les pertes d’énergie, toutes les roues de synchronisation sont entraînées automatiquement par la gravité terrestre agissant sur le contrepoids en or et chaque engrenage conique a été étudié spécifiquement pour un rendement maximal et fabriqué spécialement chez nous sur des CNC 5 axes. »

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