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Bremont ou l’âme retrouvée de l’horlogerie anglaise
Culture

Bremont ou l’âme retrouvée de l’horlogerie anglaise

jeudi, 4 novembre 2021
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

En dévoilant son calibre maison, un « tracteur » nommé ENG300, Bremont est le premier horloger anglais depuis les années 1970 à produire en série son propre mouvement sur le sol britannique. Un calibre né sur la base du K1 de la société biennoise THE+. Hurray!

Cela fait des années que Bremont promet de redonner ses lettres de noblesse à l’horlogerie anglaise via la production d’un calibre en propre sur le sol national, un mouvement conçu et développé pour une fabrication en série impliquant plusieurs milliers de pièces. C’est aujourd’hui chose faite avec la montre The Limited Edition Longitude équipée du calibre ENG376 ! Ce qui permet à cette Maison établie à Henley-on-Thames, bourgade à une heure de Londres, de hisser avec fierté l’Union Jack au-dessus de sa nouvelle manufacture inaugurée au printemps de cette année et baptisée The Wing. « Bremont Longitude rend hommage au rôle de la Grande-Bretagne dans l’horlogerie et à sa contribution au temps, à l’astronomie et à la navigation, annonce la Maison. Dans les années 1800, il y a un peu plus d’un siècle, près de la moitié des horloges et des montres de poche du monde étaient fabriquées dans ce pays d’où provenait l’essentiel de la conception et de l’innovation horlogères. L’ambition de Bremont a toujours été de ramener l’art de l’horlogerie industrielle haut de gamme sur les côtes britanniques. »

Les frères Nick et Giles English fondateurs de Bremont en 2002

Depuis le début des années 1970, et l’abandon par le groupe Smiths de ses activités horlogères, la production en série de montres équipées de mouvements « Made in England » avait disparu. On n’oubliera pas des horlogers comme Roger W. Smith, héritier du célèbre George Daniels, qui a démarré ses activités en 1971, ou Garrick, fondé en 2014, qui a développé son premier mouvement en propre en collaboration avec Andreas Strehler. Il s’agit toutefois là d’acteurs pour qui les volumes de production restent volontairement limités dans un esprit collectionneur. Rien de tel chez Bremont, qui œuvre depuis une petite vingtaine d’années à la satisfaction d’un nombre nettement plus élevé d’aficionados, notamment avec des montres de pilote ou des modèles d’inspiration militaire faits pour durer. Créée en 2002 par les frères Nick et Giles English, la Maison travaille actuellement sur la base de quelque 10 000 pièces annuelles, un chiffre en croissance constante.

The Wing, la nouvelle manufacture Bremont à Henley

Pour Bremont, si les intentions ont été claires depuis le début, le cheminement pour les concrétiser aura été plus tortueux. En 2014, la Maison laissait ainsi entendre qu’elle était à bout touchant dans sa quête du Graal avec, enfin, un calibre dont elle pouvait revendiquer la paternité. Las, comme d’autres Maisons avant elles, elle devait bien admettre, après avoir été prise la main dans le pot de confiture, que « son » calibre BWC/01 disposait d’une architecture redevable à La Joux-Perret, quand bien même le mouvement avait été personnalisé dans les ateliers Bremont. Résultat : toujours pas de mouvement « manufacture » et une réputation légèrement écornée pour avoir pris quelques raccourcis avec la réalité. Il en fallait toutefois davantage pour entamer la ténacité des deux frères English. C’est donc avec l’horloger irlandais Stephen McDonnell, celui-là même qui est à la base du mouvement de la Legacy Machine Perpetual de MB&F, que la Maison remettait l’ouvrage sur le métier dans le but, cette fois, de sortir du bois avec une solution maison… qui devra encore attendre : « Bremont a passé de nombreuses années à travailler sur la conception et l’ingénierie des mouvements, notamment avec le célèbre constructeur Stephen McDonnell. Un projet qui continue de progresser dans le domaine des grandes complications. »

 

Bremont calibre ENG376

Autrement dit, c’est une tout autre solution qui a permis à Bremont de toucher au but, démontrant si besoin toute la complexité que représente la réalisation d’un calibre horloger de base après avoir passé avec succès les 3 500 phases de son développement. Cette fois, la Maison a agi en toute transparence en détaillant toutes les phases du projet. Un projet mené à bien avec la société THE+, fondée à Bienne en 2012. Sa particularité : le développement de son propre calibre, le K1, jusqu’ici déployé dans les montres Horage, que la société met à la disposition de tiers non pas tellement comme produit fini mais plutôt comme un concept horloger à personnaliser et à industrialiser en sachant que le K1 dispose de 18 variantes possibles. Bremont s’est ainsi porté acquéreur des droits de fabrication et de réingénierie du mouvement pour finaliser son propre « tracteur », le calibre ENG300. Usinage des composants stratégiques à hauteur de 55 % du poids total du mouvement et assemblage à partir du T0 (garnissage) prennent ainsi place dans la nouvelle usine The Wing. « L’équipe technique interne de la société a remanié 80 % du calibre de base, précise Bremont, en apportant notamment un certain nombre d’améliorations de conception afin de construire un mouvement propriétaire répondant aux spécifications de la marque. »

Bremont Limited Edition Longitude

Il aura ainsi fallu deux ans à Bremont pour aménager ses lignes de production et finaliser son calibre ENG300. La première série de montres en édition limitée Bremont Longitude, équipée du ENG376, dérivé du calibre de base, est là pour attester des résultats. Le mouvement de 25,60 mm pour une épaisseur de 4,95 mm offre une réserve de marche de 65 heures et dispose d’un échappement en silicium avec rotor en tungstène. La robustesse du calibre a fait l’objet d’une attention particulière, notamment au niveau du pont de balancier, en accord avec les principes fondateurs de la marque. Et ce n’est évidemment qu’un début. Bremont assure être en mesure de produire 5 000 calibres ENG300 par an. Des calibres qui disposeront dès 2022 d’une certification chronométrique interne, soit la Bremont H1 Timing Standard, correspondant au COSC. Mais là également Bremont n’a pas dit son dernier mot : « Historiquement, l’un des observatoires les plus importants pour les tests de montres était l’observatoire de Kew en Angleterre ; la relance d’un test de chronométrie britannique est un objectif que Bremont s’est fixé depuis longtemps. »

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